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Les quatre piliers de la BCC pour maintenir la stabilité du cadre macroéconomique

Alors que la croissance économique devrait ralentir à 5,4 % en 2025 après un bond de 6,0 % en 2024, la Banque Centrale du Congo mise sur une coordination renforcée des politiques budgétaire et monétaire pour préserver la stabilité économique. Entre maîtrise des liquidités, réformes structurelles et lutte contre l’inflation, la Gouverneure défend un modèle résilient, malgré une légère dépréciation du franc congolais et des pressions inflationnistes persistantes.

La Gouverneure de la Banque Centrale du Congo (BCC) a présenté, vendredi dernier en Conseil des ministres, un bilan optimiste de la situation économique nationale, saluant une « stabilité observée sur les principaux marchés » lors de la semaine précédente. Toutefois, face à un contexte régional volatile et à un ralentissement anticipé de la croissance, l’institution monétaire a détaillé quatre axes prioritaires pour maintenir cet équilibre, tout en alertant sur les défis à venir.

Stabilité maintenue, mais vigilance accrue

Intervenant lors d’une conférence économique à Kinshasa, la Gouverneure de la BCC a attribué la stabilité récente à une «coordination efficace » entre les politiques budgétaire et monétaire. « Les injections de liquidités d’origine budgétaire sont contrebalancées par des ponctions monétaires », a-t-elle expliqué, soulignant l’importance d’un contrôle strict de la liquidité bancaire pour éviter une surchauffe.

Les quatre piliers de la stratégie de la BCC incluent : L’équilibre budgéto-monétaire : neutraliser l’impact des dépenses publiques via des ajustements monétaires ; L’absorption de la surliquidité bancaire : éponger l’excès de liquidités pour contenir l’inflation ; La mobilisation des ressources internes : financer les investissements prioritaires sans dépendance excessive à l’extérieur ; Les réformes structurelles : accélérer la diversification économique pour réduire la dépendance aux secteurs miniers.

Si les projections indiquent un fléchissement de la croissance en 2025 (5,4 % contre 6,0 % en 2024), la RDC resterait au-dessus de la moyenne subsaharienne, estimée à 3,8 % par le FMI. «Ce ralentissement est anticipé, mais il reflète aussi notre volonté de privilégier une croissance qualitative, soutenable par nos réformes », a tempéré la Gouverneure.

Inflation et taux de change : des progrès fragiles

Sur le front de l’inflation, les chiffres restent contrastés. Si le glissement annuel affiche une nette amélioration (10,64 % en février 2024 contre 22,57 % un an plus tôt), la hausse hebdomadaire des prix s’est légèrement accélérée (0,18 % contre 0,16 %). « Les efforts portent leurs fruits, mais la vigilance reste de mise, notamment face aux prix des produits importés», a reconnu la dirigeante.

Côté change, le franc congolais (CDF) affiche une relative stabilité :

Marché officiel : 2 848,76 CDF pour 1 USD.

Marché parallèle : 2 878,13 CDF pour 1 USD.

Sur un an, la dépréciation reste contenue (0,12 % en officiel, 0,39 % au parallèle), un résultat salué comme le fruit d’une «gestion prudente » des réserves de change.

Défis et perspectives

Malgré ces résultats, la BCC appelle à ne pas relâcher les efforts. Les réformes structurelles, notamment dans l’agriculture et l’industrie, devraient permettre de compenser le ralentissement minier. «La diversification est notre assurance-vie face aux chocs externes », a insisté la Gouverneure, rappelant que la RDC «doit capitaliser sur ses ressources humaines et naturelles ».

Reste que les incertitudes géopolitiques régionales et les tensions sur les marchés mondiaux de matières premières pourraient peser sur ces ambitions. La Banque Centrale du Congo promet toutefois un « suivi en temps réel » des indicateurs, avec des ajustements « pragmatiques » pour garantir la stabilité des ménages et des entreprises.

En bref : Entre optimisme affiché et prudence de rigueur, la RDC navigue dans une zone économique turbulente avec l’objectif de transformer ses richesses en prospérité partagée. Le défi ? Maintenir le cap des réformes sans céder aux sirènes d’une croissance à tout prix.

Kwedias

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