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La chasse aux opposants se porte bien : Joël Kanku et Michel Bilomba de l’ADCP portés disparus

Cinq membres de l’Action pour la Dignité du Congo et son peuple, ADCP en sigle, un parti politique de l’opposition, sont activement recherchés par les services de sécurité pour leur allégeance supposée à l’idéologie du mouvement politico-militaire Alliance Fleuve Congo (AFC) de Corneille Nangaa Yebeluo. Parmi les cinq, trois sont déjà aux arrêts tandis que les deux autres courent encore les rues. Une situation qui inquiète les membres de leurs familles et les activistes des droits de l’homme.

Les membres du parti politique Action pour la Dignité du Congo et son Peuple (ADCP) avaient cru sur parole le Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui s’était engagé, dans son discours d’investiture de son 1er mandat, à instaurer la véritable démocratie et à fermer tous les cachots et prisons illégaux détenus par les services de sécurité. Mal leur en pris alors à ces sociétaires de l’ADCP de prendre l’habitude de critiquer la mauvaise gestion du pays par le régime en place et surtout de commettre le péché mortel d’avouer publiquement leur proximité avec la coalition AFC/M23. Pour Kinshasa cet excès de zèle était de trop. En janvier 2025, une chasse à l’homme s’engagea pour mettre hors d’état de nuire ces ennemis déclarés de la République qui ont osé franchir la ligne rouge.

La battue se révéla fructueuse. William Ngoy, Jimmy Musey, Daudet Matonde, trois membres de ce parti, furent cueillis sans peine comme des fruits mûrs et jetés jusqu’à ce jour dans les geôles secrets des services de sécurité sans visite des membres de leurs familles et d’avocats. Les membres de leurs familles et les acteurs des droits de l’homme demandent purement et simplement la libération de ces détenus qu’ils considèrent comme des prisonniers d’opinion. Ils pouvaient s’attendre à tout de la part d’un parti qui a passé trente-sept ans dans l’opposition sauf à un bâillonnement des voix discordantes propre aux régimes dictatoriaux ou autoritaires. Ils s’attendaient à mieux, pas à ce qu’ils considèrent comme un recul démocratique.

Dans la foulée de ces arrestations, Joël Kanku, deuxième secrétaire du parti dans le district de la Funa et Michel Bilomba, chargé de mobilisation, sont portés disparus et toujours activement recherchés par les services de sécurité dans l’inquiétude totale de leurs proches qui n’ont plus de leurs nouvelles depuis janvier 2025. Ces derniers craignent pour leur vie et demandent aux autorités compétentes de tout mettre en œuvre pour retrouver et libérer ces acteurs politiques qui n’ont fait que jouir de leur liberté d’expression reconnue par la Constitution du pays. Les familles de ces acteurs dénoncent également les multiples tracasseries ou harcèlements dont ils sont victimes de la part de ces services de sécurité qui utilise les méthodes de la gestapo de triste mémoire pour les intimider à longueur des journées : appels anonymes assortis des menaces de tous genres, fouilles systématiques des domiciles, interpellations des proches libérés moyennant paiement d’amende sans quittance, …

En définitive, les familles de ces membres de l’ADCP sollicitent l’aide des organisations non gouvernementales des droits de l’homme afin qu’elles plaident auprès des autorités compétentes afin de libérer ceux qui sont arrêtés et de retrouver et remettre à leurs proches ceux qui n’ont plus donné signe de vie il y a une année de cela.

La RDC a tout intérêt à accéder aux demandes des familles en vue de redorer son blason à l’échiquier international et mériter son qualificatif de démocratique qui sous-entend liberté d’expression et diversité d’opinions.

Claude Jibikilay (CP)

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