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Honni par le Rwanda, la Belgique rassure la RDC : «Il y a un paquet de mesures potentielles sur la table…»

En marge de sa participation à la 58è session du Conseil des droits de l’homme (CDH), la Première ministre Judith Suminwa a eu un entretien de haut niveau avec Maxime Prévot, vice-Premier ministre belge et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement. Cette rencontre intervient au lendemain de la décision du Conseil des Affaires étrangères de l’Union européenne de suspendre les consultations avec le Rwanda sur les questions de défense. Le Conseil a également décidé de réexaminer le protocole d’accord conclu, le 19 février 2024, avec le Rwanda pour favoriser le développement de chaînes de valeur durables et résilientes pour les matières premières critiques. 

LA BELGIQUE CROIT AUX SANCTIONS PLUS FERMES 

Mais cette décision de l’Union européenne a été diversement accueillie dans l’opinion. Si certains saluent un signal fort et une volonté affirmée de l’Union européenne pour sanctionner le régime rwandais, pour d’autres par contre les ministres des Affaires étrangères de l’UE n’ont pas été plus fermes dans leurs décisions, comme l’avaient fait les députés européens.

En effet, le Parlement européen avait pris une résolution le 13 février dernier demandant à la Commission de l’UE, aux États membres et aux institutions financières internationales de geler l’aide budgétaire directe au Rwanda et de cesser leur assistance militaire et sécuritaire aux forces armées rwandaises pour éviter de contribuer directement ou indirectement à des opérations militaires abusives dans l’Est de la RDC.

Au cours de la rencontre, ce mardi, avec la Cheffe du Gouvernement de la RDC, le chef de la diplomatie belge s’est voulu plutôt rassurant. «Le signal a été acquis. Tout le monde a pu converger là-dessus… Ce dont je peux me réjouir, c’est que la communauté internationale qui a, à mes yeux, tardé à réagir – mais la Belgique n’a pas ménagé sa peine pour porter le débat dans toutes les instances où elle pouvait le faire – s’est enfin réveillée et est disposée maintenant à lancer un signal clair à l’attention du Rwanda ».

MISE EN ŒUVRE DES SANCTIONS : RENDEZ-VOUS A HARARE

Le chef de la diplomatie belge a, en outre, confié à la Cheffe du Gouvernement, Judith Suminwa, que le Conseil européen avait décidé de décaler la mise en œuvre effective des sanctions de quelques jours puisqu’il a été souhaité d’attendre voir sur le terrain comment la situation, notamment quant au cessez-le-feu allait évoluer. À cet effet, une réunion est prévue à Harare (Zimbabwe) en fin de semaine.

«Il y a eu la volonté d’attendre ce que cette réunion allait donner pour s’assurer de la bonne adéquation en termes de calendrier entre les sanctions à prendre et la situation sur place…Il faut voir le verre à moitié rempli plutôt qu’à moitié vide. Il y a un paquet de mesures potentielles sur la table qui pourraient être activées dans les jours ou semaines qui viennent en fonction de l’évolution sur le terrain… Une chose est claire, l’Union européenne a marqué sa totale désapprobation, sa condamnation forte à l’égard de la manière dont le Rwanda se comporte avec les conséquences dramatiques dans l’Est du Congo », a souligné Maxime Prévot, confiant quant à l’avenir.

La Cheffe du Gouvernement a ensuite rencontré les ONGs internationales de défense des droits de l’homme avec qui elle a échangé sur la situation sur le terrain. Elle a réitéré le fait que pour elle, l’heure n’est plus aux simples condamnations, mais plutôt aux sanctions.

Avec Celcom/Primature

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