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L’ONU alerte sur l’escalade des violences et des exactions dans l’Est de la RDC

Un rapport accablant de l’Organisation des Nations Unies (ONU), publié ce mercredi, met en lumière la persistance des violations massives des droits de l’homme en République démocratique du Congo (RDC), en particulier dans les provinces orientales en proie à un conflit armé exacerbé par l’offensive du groupe rebelle M23, soutenu selon les autorités congolaises et plusieurs enquêtes internationales par le Rwanda. Les violences sexuelles, les exécutions extrajudiciaires et les enlèvements de civils se multiplient, alimentant une crise humanitaire catastrophique.

Des chiffres qui témoignent de l’horreur

Depuis le début de l’année 2023, les Nations unies ont recensé 602 victimes d’exécutions extrajudiciaires et sommaires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, épicentres des combats entre le M23, les forces gouvernementales congolaises (FARDC) et des milices locales. Dans la province voisine d’Ituri, des groupes armés « continuent de tuer, de mutiler et d’enlever des civils en toute impunité », a déclaré Nada Al-Nashif, Haut-commissaire adjointe des Nations unies aux droits de l’homme, devant le Conseil des droits de l’homme à Genève.

«Sans action concrète, la violence actuelle pourrait bien embraser toute la région. Les risques d’une telle catastrophe augmentent de jour en jour », a-t-elle alerté, soulignant que les civils paient le prix le plus lourd de cette spirale meurtrière.

Le rapport de l’ONU pointe du doigt l’offensive du M23, un groupe rebelle réapparu fin 2021 après près d’une décennie de calme relatif. Soutenu militairement et logistiquement par le Rwanda, selon des experts internationaux et des rapports de l’ONU, le M23 a intensifié ses attaques depuis octobre 2023, prenant le contrôle de vastes territoires et provoquant le déplacement de plus d’un million de personnes. Les violences sexuelles, utilisées comme arme de guerre, visent principalement les femmes et les enfants, souvent dans un contexte de représailles ou de contrôle territorial.

Une réponse internationale insuffisante

Malgré les appels répétés des autorités congolaises et des organisations humanitaires, la communauté internationale peine à endiguer la crise. Le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme (BCNUDH) a renforcé son soutien technique aux autorités congolaises pour « renforcer l’état de droit, faire avancer la justice transitionnelle et lutter contre l’impunité ». Cependant, ces efforts se heurtent à l’ampleur des violences et au manque de ressources.

« Les survivants de ces atrocités méritent justice, et les auteurs doivent être traduits devant les tribunaux », a insisté Nada Al-Nashif, rappelant que près de 13.00 cas de violations des droits de l’homme ont été documentés depuis octobre dans les trois provinces concernées.

Une crise aux ramifications régionales

La situation en RDC risque de déstabiliser davantage une région déjà fragilisée par des décennies de conflits. Le gouvernement congolais accuse le Rwanda de chercher à s’approprier les ressources minières de l’Est, riches en or, coltan et cobalt, alimentant ainsi un cycle de violence. L’ONU exhorte les pays voisins et la communauté internationale à exercer des pressions diplomatiques pour désamorcer les tensions et couper les financements aux groupes armés.

Alors que les humanitaires s’épuisent face à l’afflux de déplacés et au manque de financements, la Haut-Commissaire adjointe a lancé un ultime avertissement : « Le temps presse. Sans une mobilisation urgente, nous assisterons à une tragédie aux proportions historiques. »

Francis N.

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