Alors que la RDC prépare un gouvernement d’union nationale, une tempête politique secoue les institutions. Judith Suminwa Tuluka, Première ministre aux réformes audacieuses, est accusée à tort dans l’affaire du décès d’un policier de la PCR. Derrière ces allégations, se cacherait un plan orchestré pour saper son autorité et freiner ses initiatives transformatrices. Décryptage d’une manipulation aux relents de guerre de l’ombre.
Le décès tragique du brigadier Kabeya Senda Fiston, agent de la Police de Circulation Routière (PCR), a été exploité par des détracteurs de Judith Suminwa. Une vidéo virale, présentée comme preuve, accuse un membre de sa garde – l’Unité de Protection des Institutions et Hautes Personnalités (UPI-HP) – d’être impliqué dans des actes de torture ayant entraîné la mort du policier. Pourtant, la Première ministre n’était « ni sur les lieux, ni informée des faits», selon des sources institutionnelles.
La vidéo en question, largement partagée sur les réseaux sociaux, est au cœur d’une controverse. Son authenticité est remise en cause : le témoignage du policier aurait été recueilli « sans autorisation hiérarchique », suggérant l’intervention d’une « main noire ». Pour ses soutiens, cet incident est instrumentalisé pour alimenter une cabale visant à « salir l’image d’une femme qui dérange », en référence aux réformes radicales de Suminwa, comme le doublement historique des soldes des militaires et policiers.
Contexte explosif : une cible nommée Suminwa
Dans un climat politique tendu, marqué par les préparatifs d’un gouvernement d’union nationale, Judith Suminwa fait figure de cible. Ses initiatives, saluées par une partie de la population, heurtent les intérêts d’adversaires déterminés à la voir écartée.
Le doublement des salaires des forces de sécurité, une première depuis l’ère Patrice Lumumba, a redonné espoir aux troupes engagées sur le front de l’Est contre le Rwanda. Un geste fort qui a « renforcé le moral des défenseurs de la nation », mais attisé les rancœurs de ceux qui voient en Suminwa une menace pour leur influence.
Alors que la RDC expose le rôle « destructeur » du Rwanda dans l’Est du pays, cette crise interne semble tomber à point nommé pour fragiliser le gouvernement. « Le timing est suspect : on cherche à désorienter l’exécutif en pleine lutte contre des ennemis externes », analyse un observateur politique.
Les tensions entre unités policières ne datent pas d’hier. L’UPI-HP, chargée de la protection des hautes personnalités, et la PCR entretiennent une rivalité structurelle. « Ces altercations internes n’engagent jamais les personnalités protégées », rappelle un officier de la Police Nationale Congolaise (PNC). La Première ministre, dont la garde relève de l’UPI-HP – une unité « indépendante et sous autorité hiérarchique directe » –, ne peut être tenue responsable d’actes individuels.
Transparence ou calcul politique ?
La PNC a immédiatement saisi la justice militaire et ouvert une enquête, soulignant son attachement à la procédure. « L’État respecte la loi. Les policiers impliqués bénéficieront de la présomption d’innocence, mais si leur culpabilité est établie, ils paieront », affirme-t-on dans un communiqué, citant l’article 48 du statut de la police interdisant tout traitement inhumain.
Face à cette crise, les partisans de Suminwa appellent à la raison. « La population doit résister aux manipulations qui visent à diviser nos institutions », insiste un membre de l’ACGT, rappelant que la priorité reste « l’apaisement et le respect des procédures ».
Malgré la polémique, les réalisations de la Première ministre restent indéniables : revalorisation salariale des forces de sécurité ; modernisation des infrastructures sous mandat présidentiel ; lutte accrue contre la corruption.
«Cette cabale ne doit pas éclipser des actions historiques », martèle un syndicaliste, tandis que des militaires en poste à l’Est confient, sous anonymat : « Elle a redonné de la dignité à notre combat.»
L’heure de vérité
Judith Suminwa, première femme à la Primature, incarne un symbole de rupture dans un paysage politique congolais encore très masculin. Son destin politique se joue aujourd’hui sur deux fronts : face à ses adversaires internes, et dans la capacité de la justice à démêler le vrai du faux.
Alors que le président Félix Tshisekedi maintient son soutien à sa cheffe de gouvernement, les prochains jours seront décisifs. Entre procédures judiciaires et pression médiatique, une question persiste : la vérité triomphera-t-elle des complots ?
«Dans une nation en quête de stabilité, salir une réformatrice est un luxe que la RDC ne peut se permettre », conclut un éditorialiste local. L’affaire du brigadier Fiston, au-delà des passions, révèle les fractures d’un pays à la croisée des chemins.
Econews