Le jeudi 4 avril 2025, lors d’un briefing de presse crucial, le gouvernement congolais a réaffirmé l’importance de la reconnaissance nationale du Génocost en tant que première étape vers la réparation des victimes des violences liées aux conflits armés. Coanimé par Kevin Ngunga, directeur général adjoint du Fonds national des réparations des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), ainsi que par Serge Mayaka, membre de la coordination du comité scientifique préparatoire de la Table ronde sur l’appropriation nationale du Génocost, cet événement a permis de clarifier les enjeux liés à la reconnaissance et à la réparation des victimes.
Kevin Ngunga a souligné que la reconnaissance du Génocost est essentielle pour la solidarité et la prise en compte de la souffrance des victimes. Selon lui, cet acte symbolique et concret constitue un début de réparation, un préalable à la guérison des survivants. « La reconnaissance du Génocost devrait conduire à la solidarité, à la reconnaissance de la souffrance des victimes, ce qui serait déjà un début de la réparation », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de mettre en place un processus de guérison pour les victimes des violences de guerre.
Cependant, Ngunga a précisé que la réparation intégrale des victimes ne sera possible que lorsque la situation sécuritaire dans les régions concernées sera rétablie. Il a rappelé que, en attendant ce retour à la paix, le gouvernement a mis en place des « mesures provisoires urgentes » pour soulager les souffrances des survivants, tout en soulignant que ces mesures sont insuffisantes tant que les violences persistantes dans certaines zones de la RDC ne cessent.
Clarification juridique : la distinction entre le Génocost et le génocide
Lors de ce point de presse, la question de la distinction entre le Génocost et le génocide a été abordée de manière claire et précise. Ngunga a rappelé que cette distinction est déjà établie par la loi du 26 décembre 2022. Le Génocost désigne la journée nationale d’hommages aux victimes des violences liées aux conflits armés, ainsi qu’à ceux qui ont porté secours aux populations. À l’inverse, le génocide repose sur des critères juridiques stricts et nécessite une reconnaissance internationale. « Le Génocost est une démarche nationale qui ne relève pas du cadre juridique du génocide », a expliqué Ngunga, soulignant l’importance de ne pas confondre les deux concepts afin de ne pas ralentir le processus de réparation et de reconnaissance.
Le rôle des médias : Un levier de sensibilisation essentiel
Le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a également pris la parole pour insister sur le rôle fondamental des médias dans le processus de reconnaissance du Génocost. Selon lui, la presse a un rôle clé à jouer pour sensibiliser l’opinion publique et rappeler les atrocités commises en RDC, telles que celles de Makobola, Fizi, Kishishe, et d’autres régions. Il a précisé que les médias doivent s’approprier ces initiatives pour diffuser la vérité et engager un travail minutieux de sensibilisation.
Muyaya a rappelé que ce travail de reconnaissance et de réparation ne pourra aboutir sans l’implication active des médias. « Il revient aux médias de s’approprier ces initiatives et de sensibiliser l’opinion à l’importance de reconnaître le Génocide commis en RDC », a-t-il insisté, soulignant que les médias ont un rôle éducatif et informatif crucial pour l’avenir du pays.
Vers une reconnaissance nationale avant l’internationalisation du Génocost
Pour Serge Mayaka, professeur et membre de la coordination scientifique de la Table ronde, la reconnaissance nationale du Génocost est la clé d’une reconnaissance internationale future. « En République Démocratique du Congo, il faut faire preuve de courage et commencer à construire ce cheminement jusqu’à l’aboutissement de la reconnaissance internationale, mais cela passe par la reconnaissance nationale d’abord », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’une appropriation collective au niveau national avant de chercher une reconnaissance sur la scène internationale.
Un engagement national pour une réparation durable
Ce briefing a souligné l’urgence d’un engagement national pour reconnaître les souffrances des victimes et mettre en place des actions concrètes pour leur réparation. Les intervenants ont appelé à une mobilisation collective de toutes les forces vives du pays – autorités, société civile et médias – afin de garantir une réparation durable et effective des victimes. Il s’agit de créer un consensus national qui servira de base solide pour solliciter la reconnaissance internationale et soutenir les efforts de réconciliation et de paix.
Ce briefing de presse a réaffirmé l’importance cruciale d’une approche nationale du Génocost, préalable nécessaire à un processus de guérison pour les victimes des violences en RDC. Les efforts de réparation, bien que déjà amorcés, doivent se poursuivre, et il est essentiel que la société congolaise dans son ensemble s’engage dans cette démarche pour tourner la page des souffrances passées et construire un avenir de paix et de justice pour tous.
Econews