Le Conseil de sécurité des Nations-Unies, l’Union européenne et l’Union africaine, d’une part, et de l’autre, La SADC et l’EAC. Enfin, le Qatar. Les Processus de Luanda et Nairobi fusionnés, les pèlerinages sélectifs de la CENCO-ECC, n’est-ce pas trop pour une paix recherchée à la loupe ?
N’est-ce pas qu’il y a trop de médecins au chevet du malade Congo ? Marche-t-on en tâtonnant ou il existe vraiment de réelles stratégies pour affronter l’ogre ?
Dans ces «trop» de médiations, il faut distinguer deux camps.
Le premier, celui des États-Unis, du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Union européenne singulièrement la Belgique qui exige le retrait du Rwanda du sol congolais et le respect de la souveraineté nationale et de l’intégrité du territoire congolais et qui pense que les pressions sont nécessaires pour y arriver.
Le second camp, celui de l’Union africaine, de l’EAC-SADC et de la CENCO-ECC qui croit à une solution africaine aux problèmes africains et que tout doit se régler autour d’une table genre pas de coupable et donc, pas de sanctions, au nom de la réconciliation.
A ce camp, il faut ajouter le Qatar qui s’interpose depuis un temps.
Pour certains analystes, Paul Kagame était dans les cordes au point qu’il avait déjà averti son peuple de serrer la ceinture car des temps mauvais allaient venir à cause des sanctions occidentales. Et puis Qatar s’interpose.
Et depuis, il n’y a aucune lisibilité dans ce qui se passe sur l’avenir de la République démocratique du Congo.
Trop de processus de paix. Or, on le sait : «Trop de médiations tuent la médiation»
Langage des sourds. D’une part, les Occidentaux se demandent si ça valait la peine de prendre toutes ses sanctions et, de l’autre, les pairs africains qui s’étonnent que l’on invite à la table un marchand d’or pendant qu’eux ont perdu du temps à faire entendre raison aux deux protagonistes qui les ont contournés en allant à Doha.
QUI EST L’ENNEMI DE LA RDC ?
La désignation de l’ennemi de la RDC répond à trois critères retenus ici.
Est ennemi de la RDC : 1. Tout celui qui viole l’intégrité du territoire national (d’un État) mais également la souveraineté de cet État; 2. Tout celui qui a pour vocation de provoquer et de donner la mort physique aux Congolais parce qu’il nie, de manière existentielle, notre Être, notre identité.
A partir de ces deux critères, il est clair que le Rwanda de Paul Kagame est l’ennemi de la RDC.
Mais, il y a le troisième critère par rapport à la vision de cet ennemi.
Pour le Rwanda, l’ennemi qu’il combat est sans visage, sans nom mais se trouve sur l’étendue du territoire congolais.
Il est parmi les Congolais et habite en tout Congolais y compris dans les rebelles. Et si cet ennemi n’existe pas dans les faits, peu importe, il faut le créer, le trouver, le démasquer et lui donner un nom: les FDLR, ces Hutu génocidaires à qui tout congolais est assimilé.
Voilà pourquoi, pour survivre de ses démons, le régime Kagame est obligé de créer un état d’insécurité et de recruter des Congolais pour le justifier.
Et ce, depuis trente années. Il le crée, l’entretient et se bat pour tuer son «monstre». C’est ce qui explique la création des rébellions rwandaises au Kivu depuis l’AFDL sous le fallacieux double prétexte de lutter contre les Hutu génocidaires et de protéger la minorité tutsi.
Depuis trente années, dans cet état d’insécurité créé et entretenu, n’importe qui peut être abattu par n’importe qui, n’importe quand et où et n’importe comment.
La CENCO et l’ECC, ceux qui parlent régulièrement avec Dieu, appuient l’état d’insécurité dans sa phase de la non-existence de coupables, moins encore de remords et donc aucune victime.
Dialogue sans coupables et donc, sans sanctions. Et donc sans retrait des troupes rwandaises du Kivu. Et les morts du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ? Ils ont reçu l’onction et sont déjà au paradis auprès de Dieu. Et les blessés et amputés, ne verront pas le Christ tant qu’ils refuseront d’« Aimer leurs ennemis» et surtout de pardonner.
Seulement, il arrive que le batteur de tam-tam ne soit pas meilleur danseur même s’il arrive à faire danser tout le monde.
Quelles chances donner à tous ces dialogues qui ne s’interconnectent nullement ? Ces dialogues qui divisent et créent des mécontents même au sein de la race des médiateurs ?
Le temps joue contre la République.
Avec lescoulissesrdc.com