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Gabon : les avocats de la famille Bongo dénoncent le «silence» de la France

Au Gabon, à l’approche de la présidentielle du 12 avril, les avocats de la famille de l’ancien président tentent d’attirer l’attention sur le sort de Noureddin et Sylvia Bongo Ondimba.

Dix jours avant l’élection présidentielle au Gabon, les avocats du clan Bongo continuent à alerter sur l’état de Noureddin Bongo Valentin et de Sylvia Bongo Ondimba, le fils et l’épouse de l’ancien président Ali Bongo Ondimba, tous deux emprisonnés. Pour leur conseil, leur détention est « cruelle et illégale », et Paris continue à faire preuve de « complaisance» à l’égard de la situation.

« Les autorités françaises ont été informées et pourtant gardent un silence dramatique », a dénoncé Me Catalina de la Sota, une des avocates de la famille Bongo, lors d’un point presse. « Ce sont des ressortissants français, les autorités ont le devoir et l’obligation d’assurer leurs droits », a-t-elle ajouté.

«Le silence de la France apparaît comme une forme de quitus et le Gabon l’utilise pour manipuler l’opinion », a renchéri Me François Zimeray, à propos de la détention de ses clients. Les deux avocats assurent que les prisonniers portent les traces de mauvais traitements, visant selon eux à leur faire signer de force des transferts de propriété ou des ordres de virements bancaires «au profit du général Oligui et de ses proches ».

Une «vengeance collective » ?

Selon Me Zimeray, Sylvia et Noureddin Bongo sont « détenus au deuxième sous-sol sous le palais » présidentiel. « Une fois par mois, [ils] sont ramenés à la prison pour rencontrer la consule générale pour un faux-semblant […], il n’est pas possible que la consule générale se taise. »

L’avocat explique avoir demandé à la justice française, qui enquête pour « séquestration arbitraire », d’élargir ses investigations « au délit de non-dénonciation de crime » visant les autorités consulaires. « La question des relations internationales est complexe, mais il en va des droits de l’homme », juge-t-il.

François Zimeray n’hésite pas à qualifier la détention de ses clients de « vengeance collective ». Cette dernière n’aurait « rien à voir avec la justice » et serait « dirigée par un homme qui ment lorsqu’il nie l’existence de ces tortures, un professionnel de la torture […] qui est capable dans son ignorance crasse de dire que les Bongo auront un procès équitable tout en affirmant qu’ils sont coupables et qu’il a vu les preuves dans le dossier ». Une référence aux propos du chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema lors de récentes interviews à la presse française.

Des biens saisis « illégalement »

Les avocats du clan Bongo ont également dénoncé la saisie « par extorsion », « hors de tout cadre légal », de biens appartenant à la famille. Ils ont listé « toutes les villas et sociétés au Gabon, tous les comptes bancaires, au Gabon et à Dubaï», ainsi qu’une villa et un terrain à Marrakech offerts par le roi du Maroc, Mohammed VI, à Ali Bongo Ondimba. Ce dernier vit désormais dans sa résidence privée de Libreville. Il est, selon les autorités gabonaises, «libre de quitter le pays ». 

Interrogé par Jeune Afrique en février dernier, il ne cachait pas son inquiétude pour ses proches : « J’en ai marre… Cela fait désormais un an et demi que Sylvia et Noureddin sont emprisonnés. Ils leur ont tout pris, tout confisqué. Je veux qu’ils soient ici, auprès de moi. »

Avec AFP

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