
De l’ONU aux échanges de haut niveau, la Première Ministre Judith Suminwa a multiplié les passerelles pour défendre les intérêts de la RDC. La clôture de sa mission autour d’un dîner offert par le président américain Donald Trump vient donner une dimension particulière à cette offensive diplomatique congolaise.
Il y a des images qui, au-delà de leur portée protocolaire, racontent une séquence diplomatique. Celle de Judith Suminwa Tuluka aux côtés de Donald Trump, à l’occasion du dîner offert par le président américain aux dirigeants présents à New York, en est une. Elle vient surtout couronner plusieurs jours d’une intense activité diplomatique au cours desquels la Première Ministre a multiplié les contacts, les forums, les panels, les audiences et les échanges bilatéraux et multilatéraux au nom de la République démocratique du Congo.
Mandatée par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo pour le représenter à la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, Judith Suminwa n’a manifestement pas limité sa mission à une simple représentation protocolaire. Dès son arrivée à New York, elle a engagé les équipes congolaises mobilisées autour de la session de l’ONU afin de passer en revue les principaux enjeux et échéances de cette séquence diplomatique.
Une diplomatie congolaise davantage tournée vers l’influence
L’enjeu était de taille : faire entendre la voix de Kinshasa dans un environnement international où se croisent chefs d’État, chefs de gouvernement, institutions multilatérales, investisseurs, organisations internationales et partenaires stratégiques.
Sur les différentes tribunes auxquelles elle a participé, la Première Ministre a porté plusieurs dossiers prioritaires pour la RDC : la paix et la sécurité, la situation dans l’Est, le développement, la santé, la coopération internationale et la mobilisation des investissements. La Primature présente cette séquence comme une occasion de défendre les priorités nationales auprès des partenaires internationaux.
C’est précisément sur ce terrain que se mesure la portée du lobbying diplomatique : non seulement prendre la parole, mais multiplier les espaces de contact susceptibles de transformer un plaidoyer politique en partenariats, en soutiens et en engagements.
La présence de Judith Suminwa à New York aura ainsi permis de maintenir les préoccupations congolaises au cœur des discussions internationales, notamment sur la question sécuritaire et les perspectives de développement du pays. Lors de son intervention devant l’Assemblée générale, elle a notamment insisté sur le décalage entre les engagements internationaux et la réalité vécue par les populations de l’Est de la RDC.
Le symbole Trump
Le dîner offert par Donald Trump constitue le point d’orgue de cette mission. La Primature indique que cette rencontre a marqué la clôture de la participation congolaise à cette importante séquence internationale.
Il convient toutefois de distinguer la portée symbolique de cette présence d’un éventuel engagement politique concret : les informations publiquement disponibles établissent la participation de Judith Suminwa au dîner présidentiel, mais ne permettent pas, à elles seules, d’affirmer qu’un accord spécifique ou une décision nouvelle a été conclu à cette occasion.
Reste que, sur le plan diplomatique, être présente dans ce cercle de dirigeants constitue une opportunité de contact et de visibilité pour Kinshasa. Dans une période où la RDC cherche à consolider ses partenariats internationaux autour de la paix, de la sécurité, des investissements et du développement, chaque espace de dialogue peut compter.
De la visibilité à la crédibilité
Le véritable enjeu pour la RDC commence désormais après New York. Une offensive diplomatique réussie ne se mesure pas uniquement au nombre de rencontres ou à la force des images produites. Elle doit pouvoir déboucher sur des résultats concrets : davantage de soutien diplomatique au processus de paix, une coopération renforcée, des investissements, des partenariats économiques et une mobilisation internationale plus forte autour des défis auxquels le pays est confronté.
Sur ce terrain, la mission de Judith Suminwa aura au moins permis de concentrer, pendant plusieurs jours, l’action gouvernementale sur un objectif central : faire entendre les intérêts de la RDC dans les principaux espaces où se dessinent les équilibres internationaux.
En choisissant de confier à sa Première Ministre la représentation de la RDC à cette session de l’ONU, Félix Tshisekedi avait placé Judith Suminwa au cœur d’un exercice diplomatique particulièrement exposé. La cheffe du Gouvernement aura répondu à cette responsabilité par une présence soutenue sur plusieurs fronts diplomatiques.
De New York aux échanges avec les partenaires internationaux, jusqu’à cette participation au dîner offert par Donald Trump, la séquence aura donné à voir une Première Ministre investie dans la défense des intérêts congolais.
Le défi est désormais de transformer cette visibilité en résultats. Car en diplomatie, le lobbying ne vaut véritablement que lorsqu’il finit par produire des dividendes politiques, sécuritaires et économiques pour le pays.
Econews


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