
Faire du budget de l’État davantage qu’un simple tableau de recettes et de dépenses : un véritable instrument de transformation du pays. C’est l’orientation qui se dégage de l’action du Vice-Premier Ministre (VPM) en charge du Budget, Adolphe Muzito, qui a multiplié récemment les arbitrages, consultations et travaux préparatoires en vue d’aligner les ressources publiques sur les priorités de développement de la RDC dans le cadre du projet de budget de l’Etat 2027. Routes, infrastructures, services sociaux, sécurité, rémunération des agents publics : l’enjeu est désormais de faire correspondre les ambitions nationales aux moyens effectivement mobilisés.
À l’occasion de l’émission « Redevabilité », enregistrée le 19 septembre et diffusée le 21 septembre 2026 sur la RTNC, Adolphe Muzito, VPM en charge du Budget, est revenu sur les principaux chantiers de son département, aux côtés du Vice-Premier Ministre chargé de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau.
Son intervention a surtout mis en lumière une équation au cœur de la politique budgétaire : accroître les ressources de l’État pour pouvoir financer davantage le développement.
Pour Adolphe Muzito, l’élargissement des ressources propres constitue l’un des principaux leviers de cette transformation. Il a indiqué que les ressources propres, qu’il situait autour de 10 milliards de dollars, pourraient atteindre 17 milliards de dollars dans le prochain budget, dont l’enveloppe globale avoisinerait les 25 milliards de dollars. Il a également évoqué une perspective de 22 milliards de dollars de ressources propres à l’horizon 2028. Ces projections s’inscrivent dans le travail engagé pour préparer le Budget 2027.
Dès juillet, le ministère du Budget avait lancé les conférences budgétaires avec pour objectifs affichés d’améliorer les projections, de renforcer la mobilisation des recettes, de mieux suivre les risques budgétaires et d’orienter les ressources disponibles vers les priorités nationales. L’ambition affichée est donc de ne plus dissocier mobilisation des recettes et financement du développement.
Un budget qui doit financer les priorités nationales
Dans cette logique, les arbitrages budgétaires prennent une importance particulière.
Au cours des consultations conduites en septembre, Adolphe Muzito a reçu plusieurs membres du Gouvernement afin d’examiner leurs besoins et leurs priorités et de rechercher une meilleure cohérence entre les enveloppes sectorielles et le programme d’action gouvernemental. Cette méthode visait à faire du Budget 2027 un outil de programmation des politiques publiques plutôt qu’une simple reconduction des crédits antérieurs.
Les conférences budgétaires avaient déjà insisté sur la nécessité de parvenir à des choix réalistes permettant d’orienter les ressources disponibles vers les priorités nationales, tout en poursuivant le basculement vers le budget-programme.
Dans son intervention, Adolphe Muzito a également évoqué la possibilité pour la RDC de mobiliser davantage de financements afin de soutenir des investissements structurants. Il a notamment cité les routes, les barrages hydroélectriques et les hôpitaux comme exemples d’investissements susceptibles de bénéficier d’une capacité budgétaire accrue.
Cette orientation rejoint les priorités annoncées pour le Budget 2027, qui mettent notamment l’accent sur la sécurité et la défense, les infrastructures de connectivité, l’extension de la gratuité de l’enseignement de base, la couverture santé universelle ainsi que les programmes de sécurité. Le défi consiste désormais à transformer les prévisions de recettes en investissements effectivement réalisés sur le terrain.
La dette comme outil de financement des investissements
La question de l’endettement s’inscrit également dans cette réflexion. Adolphe Muzito a estimé que la RDC disposait encore d’une marge d’endettement, compte tenu du niveau de sa dette rapporté à son économie. Il a ainsi défendu l’idée que l’endettement peut contribuer au financement d’investissements structurants, à condition de préserver les équilibres financiers de l’État.
Il a par ailleurs cité l’émission d’un eurobond de 1,25 milliard de dollars US comme un élément illustrant l’accès de la RDC aux marchés financiers internationaux. Une approche qui pose toutefois une exigence centrale : que les financements mobilisés contribuent effectivement à accroître les capacités productives du pays.
L’autre bataille se joue au niveau de l’exécution. Adolphe Muzito a reconnu les difficultés rencontrées dans la chaîne de la dépense publique et les problèmes de paiement de certains fournisseurs de l’État. Il a notamment expliqué que le contexte sécuritaire pèse lourdement sur les finances publiques. Dès lors, augmenter le budget ne suffit pas.
Encore faut-il améliorer la qualité de la dépense, respecter les procédures, accélérer le paiement des engagements réguliers et garantir que les crédits votés produisent les résultats attendus. C’est précisément à ce niveau que se joue la crédibilité d’un budget tourné vers le développement.
Assainir la Fonction publique pour mieux utiliser les ressources
Cette transformation budgétaire passe également par la réforme de l’administration.
Dans la même émission, Jean-Pierre Lihau, VPM en chatge de la Fonction publique, a présenté les mesures engagées pour maîtriser les effectifs, renforcer l’identification des agents, réorganiser les recrutements et accélérer les départs à la retraite.
Le Ministre a notamment avancé une évolution des effectifs du régime général, de 1,7 million à environ 700 000 agents, tout en précisant que les données relatives au régime spécial devaient encore être disponibles. Il a également fait état de plus de 20 000 départs à la retraite depuis le lancement des réformes actuelles, contre 923 sur une période antérieure de dix ans. L’objectif affiché est de mieux maîtriser la masse salariale et de concentrer les ressources sur une administration effectivement opérationnelle.
Du budget de fonctionnement au budget de transformation
Derrière les chiffres, c’est donc une nouvelle philosophie budgétaire qui est mise en avant par le ministère du Budget : mobiliser davantage, arbitrer plus rigoureusement et investir dans les secteurs capables de transformer durablement le pays.
Le processus préparatoire du Budget 2027 illustre cette orientation. Les conférences budgétaires, les réunions d’arbitrage et les consultations sectorielles ont été conduites pour rapprocher les prévisions de recettes des besoins réels et des priorités gouvernementales.
Pour Adolphe Muzito, l’enjeu dépasse donc la seule augmentation de l’enveloppe budgétaire. Il s’agit de faire en sorte que chaque franc mobilisé par l’État puisse davantage contribuer à financer les infrastructures, renforcer les services publics, soutenir l’investissement et améliorer les conditions de vie des Congolais.
Le véritable test sera désormais celui de l’exécution : transformer la progression annoncée des ressources en écoles, routes, hôpitaux, équipements, emplois et infrastructures capables de produire durablement de la richesse.
C’est à cette condition que le budget de l’État pourra pleinement devenir ce que le Gouvernement Suminwa entend en faire : un instrument au service du développement et de la transformation de la RDC.
Econews


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