Le Gouvernement lance enfin la cartographie du deuxième Recensement général de la population (RGPH-2)

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Après 42 ans d’attente, la RDC franchit une nouvelle étape vers son deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2). Le ministre d’État, Ministre du Plan, Guylain Nyembo, a procédé lundi 28 septembre 2026, dans la journée à Kinshasa, au lancement de la phase de cartographie censitaire. Un briefing organisé le même soir, avec le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a permis de vulgariser le processus et de lancer un appel à la mobilisation de l’ensemble de la population et des différentes composantes de la société.

« Le recensement, c’est le dénombrement exhaustif de toutes les personnes vivant sur le territoire congolais », a expliqué le Ministre, insistant sur la dimension scientifique de l’opération. Selon lui, ces données doivent notamment servir à améliorer la planification dans les domaines de la santé, de l’éducation, des infrastructures, de l’économie et de l’aménagement du territoire.

Cette rencontre avec les médias avait également pour objectif de permettre au public de mieux comprendre le bien-fondé du recensement et de dissiper les éventuelles confusions avec d’autres opérations administratives, notamment l’identification de la population ou l’enrôlement électoral.

Une cartographie avant le grand dénombrement

La cartographie censitaire constitue la deuxième phase du processus. Elle doit préparer le terrain pour le grand dénombrement prévu en juillet 2027.

Les équipes déployées sur le terrain auront notamment pour mission d’identifier les bâtiments, de localiser les ménages et de délimiter les différentes aires de dénombrement dans lesquelles travailleront les futurs agents recenseurs. Selon les explications du Ministre, 130 735 aires de dénombrement provisoires ont déjà été définies. La cartographie permettra de les confirmer ou de les ajuster en fonction des réalités constatées sur le terrain.

Kinshasa ouvre cette nouvelle phase. Les cartographes y ont été recrutés, formés et équipés. Le déploiement dans les 25 autres provinces doit progressivement suivre, avec un démarrage annoncé à partir de novembre.

Le gouvernement affirme avoir privilégié le recrutement de personnes originaires des zones concernées. Plus de 78 % des personnes recrutées seraient des jeunes, une approche destinée notamment à faciliter les échanges avec les populations locales et la prise en compte des réalités socioculturelles.

Un processus distinct de l’identification

Le ministre du Plan a également tenu à dissiper toute confusion entre le recensement, l’identification de la population et l’enrôlement électoral.

Le RGPH-2 n’a pas pour objectif de délivrer une carte d’identité ou un document attestant qu’une personne a été recensée. Les données recueillies ont une vocation statistique et doivent rester confidentielles. Les résultats rendus publics seront présentés sous forme agrégée.

Le processus restera distinct de ceux conduits par l’Office national d’identification de la population (ONIP) et la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Des collaborations techniques, notamment en matière de cartographie, sont toutefois envisagées afin d’éviter de reproduire inutilement certaines opérations coûteuses.

Un défi dans les zones en conflit

La situation sécuritaire dans l’Est du pays constitue l’un des principaux défis du RGPH-2. Les autorités affirment néanmoins vouloir couvrir l’ensemble du territoire national.

Dans les zones où le déploiement physique serait difficile, le gouvernement envisage de recourir à des solutions technologiques complémentaires. Cette approche doit permettre de recueillir les informations nécessaires tout en tenant compte des contraintes sécuritaires.

Le coût global de l’opération est estimé à environ 192 millions de dollars américains. Après la cartographie, le recrutement et la formation des agents recenseurs doivent précéder le dénombrement proprement dit, prévu en juillet 2027.

Les données collectées seront ensuite analysées par l’Institut national de la statistique avant la publication des résultats. Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse la simple connaissance du nombre d’habitants : il s’agit de disposer d’une base statistique permettant de mieux adapter les politiques publiques aux besoins réels de la population.

Après quatre décennies sans recensement général, le RGPH-2 constitue ainsi une opération majeure pour la planification du développement national. Le gouvernement entend désormais maintenir la mobilisation jusqu’au dénombrement de juillet 2027 et à la publication des résultats.

Tighana MASIALA

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