Tribune d’Omer Nsongo die Lema : Guerre dans les Grands Lacs : Donald Trump se limite à souligner le soutien à sa politique exprimé par Paul Kagame, pourtant l’agresseur !

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Alors que Donald Trump met en avant le soutien de Paul Kagame à sa politique de paix sans évoquer directement la crise congolo-rwandaise, Antonio Guterres passe également sous silence l’Est de la RDC dans son discours d’adieu, prononcé à la tribune de la 81ème Assemblée générale des Nations Unies. Une séquence diplomatique qui, selon Omer Nsongo die Lema, interroge sur la place désormais accordée à Kinshasa, tandis que les accords de Washington du 4 décembre 2025 tardent à produire les effets sécuritaires et économiques annoncés et que Kigali semble regagner du terrain sur la scène internationale.

Comme un malheur ne vient jamais seul, Antonio Guterres s’abstient de signaler dans son discours d’adieu la crise congolo-rwandaise…

DONALD TRUMP : LE PRÉSIDENT DU RWANDA A DIT

A l’instar du cœur qui a ses raisons que la raison ne connaît pas, dit-on, la diplomatie semble avoir des contours que les contours ne connaissent pas. La preuve, elle l’a fournie à New-York par la voix autorisée d’abord du chef de l’État américain Donald Trump, ensuite du secrétaire général sortant de l’Onu Antonio Guterres. Dans son allocution, le premier ne prononce même pas les noms de Félix Tshisekedi et de Paul Kagame. Mais, il évoque les propos de ce dernier à son égard : « Le président du Rwanda a dit : ‘lorsque le président Trump avait la possibilité de contribuer à la paix, il l’a saisie. Cette guerre faisait rage depuis 32 ans, des millions et des millions de personnes sont mortes. Mais il a réglé la situation’. Des efforts de médiation avaient été réalisés, mais il n’avait pas réussi. Et il a dit : ‘Le président Trump a fait une déclaration qui a permis d’apporter la paix. C’est une avancée majeure que nous ne pensions pas possible ». C’est dans la version française du journal LE FIGARO, édition du 22 septembre 2026.

ACTES D’ETAT SIGNÉS LE 4 DÉCEMBRE 2025

Comme indiqué dans la titraille, Antonio Guterres va se limiter à citer le Soudan parmi les pays en conflit, du moins pour l’Afrique, omettant la RDC.

Pourquoi, à deux – mais probablement chacun pour des raisons qui lui sont propres – ont-ils banalisé la crise sécuritaire dans les Grands Lacs, crise ayant pourtant fait des millions de morts et des millions de déplacés internes, sans omettre des centaines sinon des millions de réfugiés ?

Si elle peut se justifier pour le secrétaire général de l’Onu (en fait patron en second de la Monusco car le premier et le vrai a pour nom les États-Unis d’Amérique), la banalisation ne peut l’etre pour l’Administration Trump.

En effet, en ce qui concerne l’Est de la RDC, il y a une Déclaration et deux Accords associés, à savoir :

  1. La « Déclaration conjointe de la République Démocratique du Congo et de la République du Rwanda à l’occasion de l’établissement des Accords de Washington pour la paix et la Prospérité» ;
  2. Le « Cadre d’intégration économique régionale entre le gouvernement de la République Démocratique du Congo et le gouvernement de la République du Rwanda (CIER)» s’appliquant sur l’ensemble des États des Grands Lacs et
  3. L’« Accord de partenariat stratégique entre le gouvernement des États-Unis d’Amérique et le gouvernement de la République Démocratique du Congo ».

Ces actes d’État ont tous été signés le 4 décembre 2025.

Le dernier a la particularité de contenir l’engagement pris par la RDC de présenter dans les 12 mois à venir (au plus tard le 4 décembre 2026) la Constitution révisée car adaptée aux exigences du deal. C’est à l’article XII.

Or, à dater du 4 octobre prochain, il ne restera plus que 2 mois à la RDC pour tenir parole. Temps techniquement impossible pour organiser le référendum constitutionnel hypothéqué du reste par deux situations : primo, aucun financement n’a été prévu pour cette consultation dans la loi des finances 2026 et, secundo, plusieurs villes et localités du Nord et du Sud Kivu Kivu ne sont pas sous l’autorité du Pouvoir central.

Doit-on trouver par là ce qui s’apparente à une baisse de confiance de l’Administration Trump dans l’Administration Fatshi ?

Pour l’heure, on n’en sait pas plus. Mais on constate seulement au même moment la remontada diplomatique du Rwanda de Paul Kagame ! Fait à ne pas relativiser !

Et pour cause !

Sur le terrain, la guerre déclarée finie par le Président Donald Trump semble reprendre de plus belle à l’analyse du discours de la Première ministre Judith Sumwinua toujours aux Nations Unies.

KINSHASA DOIT TIRER LES CONSÉQUENCES DE CE QUI LUI ARRIVE

Coïncidence ou non : la remontada diplomatique rwandaise s’opère au même moment où la Monusco voit son fonctionnement remis en cause par son principal bailleur de fonds : l’Amérique de Trump, celle-là même qui ordonne le boycott de la Cour pénale internationale (CPI).

Dans son allocution à l’Onu, Donald Trump a appelé « tous les pays qui sont membres de la CPI à se retirer officiellement de cette institution voyou immédiatement ».

N’étant pas membre de la CPI – les États-Unis et Israël ne les sont pas non plus – le Rwanda reçoit là l’assurance de l’impunité !

Même si la RDC mise sur la Cour internationale de justice, rien n’indique un procès en urgence. Pour preuve, entre, d’une part, la plainte de la RDC déposée auprès de la CIJ en février 1999 pour cause d’agression perpétrée en août 1998 et, de l’autre, le verdict suivi des indemnisations ougandaises en 2022 (dossier Frivao), il s’est passé 23 ans!

En résumé, Kinshasa doit tirer les conséquences de ce qui lui arrive de la part de l’administration Trump : Accords de Washington de 2025 ne produisant jusque-là aucun des résultats escomptés ni en termes de sécurité, ni en termes d’investissements ; Monusco soumise à une cure d’amaigrissement, partenariat avec la CIP hypothéqué et Rwanda redevenant fréquentable à l’international, là où la RDC a cru l’enfermer !

Le temps, décidément, ne joue pas en faveur de la RDC…

Omer Nsongo die Lema

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