À chaque averse, le même scénario se répète à Kinshasa : routes inondées, caniveaux obstrués, quartiers paralysés et populations livrées au chaos. Les pluies de mercredi et jeudi derniers n’ont pas dérogé à la règle, mettant une fois de plus à nu l’ampleur de l’insalubrité chronique qui gangrène la capitale congolaise. Pourtant, une solution concrète existe. Elle dort, depuis des mois, dans les tiroirs du gouvernorat de la ville-province de Kinshasa.
Selon des sources internes à l’Hôtel de ville, un ambitieux « Projet stratégique de salubrité publique : monétisation des déchets de la ville-province de Kinshasa » a été soumis aux autorités urbaines, sans jamais obtenir la signature décisive du gouverneur Daniel Bumba. Porté par un groupe de Congolais de la diaspora installés aux États-Unis, avec l’appui de partenaires privés, ce projet vise à transformer les déchets plastiques en ressources économiques, tout en assainissant durablement la ville.
L’initiative repose sur une véritable politique de recyclage des déchets plastiques, aujourd’hui omniprésents dans les rues, les rivières et les caniveaux de Kinshasa. En plus de réduire les inondations récurrentes causées par l’obstruction des voies d’évacuation des eaux, le projet promet la création d’emplois, la structuration d’une filière locale de recyclage et l’amélioration du cadre de vie des Kinois.
Mais à en croire les mêmes sources, le blocage serait moins technique que politique. Le projet serait « soumis à la seule signature des autorités urbaines », lesquelles le retiendraient faute d’y avoir « trouvé leur compte ». Une accusation grave qui, si elle était avérée, poserait la question de la gouvernance et de la priorité réellement accordée à l’intérêt général face à l’urgence environnementale.
Pendant ce temps, Kinshasa continue de suffoquer. L’insalubrité atteint un niveau inédit, transformant chaque pluie en catastrophe urbaine et sanitaire. Les déchets plastiques, non collectés et non recyclés, s’accumulent, aggravant les risques d’inondations, de maladies et de dégradation accélérée des infrastructures.
La question se pose alors avec insistance et mérite une réponse claire : qu’est-ce qui empêche le Gouverneur Daniel Bumba de valider ce projet, alors que la capitale est confrontée à une crise de salubrité sans précédent ? À l’heure où les populations attendent des solutions concrètes et urgentes, le silence des autorités urbaines apparaît de plus en plus difficile à justifier. Voici le contenu de l’étude élaborée par Didier Bokungu Ndjoli, un Congolais établi aux Etats-Unis.
Econews
Projet stratégique de salubrité publique : monétisation des déchets de la ville-province de Kinshasa (Par Didier Bokungu N.)
I. Contexte général
La Ville de Kinshasa, Capitale de la République Démocratique du Congo, est peuplée de plus de 17 millions d’habitants selon de nombreuses estimations internationales.
Kinshasa a un niveau d’infrastructures pauvre, équivalent à une ville de moins d’un million d’habitants, ce qui entraine une congestion de circulation et une insalubrité publique insupportable.
Autrefois appelée Kin-la belle, Kinshasa, qui figure parmi les mégapoles du monde ( Ville de plus de 10 millions d’habitants), fait partie aujourd’hui de la liste des 25 villes les plus sales du monde.
La Ville est confrontée à une accumulation importante de déchets non collectés dans les rues, les marchés et les rivières, notamment des déchets plastiques, ce qui entraîne une pollution des sols et de l’eau, ainsi que des problèmes sanitaires.
Le système de collecte et de recyclage est souvent décrit comme quasi inexistant tenant compte du gigantisme de la Ville, poussant les habitants à brûler les déchets, en les enfouir en désordre dans les sols ou à les jeter dans les caniveaux ouverts et dans des cours d’eaux environnants, ce qui génère une forte pollution de l’air, et des inondations, à chaque pluie, les rivières étant obstruées par des déchets plastiques.
La République Démocratique du Congo ( RDC) ne publie pas de statistiques environnementales, mais selon certaines estimations, la mégapole de Kinshasa produit entre 7.500 et 10.000 tonnes de déchets par jour, une quantité qui dépasse largement les capacités de gestion actuelles. Le manque criant de structures de valorisation (centres de compostage ou recyclage) et de sensibilisation de la population aggrave la situation.
Des initiatives locales et des ONG tentent de mettre en place des solutions de tri, de compostage et de recyclage ( par exemple, la fabrication des pavés écologiques ou des poubelles à partir de plastiques recyclés), mais ces efforts restent limités face à l’ampleur du problème.
La gravité de la problématique d’insalubrité publique dans la Ville de Kinshasa dépasse aujourd’hui les capacités administratives du Gouvernement Provincial de la Ville-Province de Kinshasa.
Elle doit être prise en charge par le Gouvernement de la République Démocratique du Congo, le Management administratif de la Ville de Kinshasa et ses services attitrés, venant en collaboration.
Notre ‘’Think Tank’’ , qui produit cette étude, à l’attention des gouvernants de la RDC, se voudrait pragmatique pour résoudre ce problème. La chicote, les sanctions administratives et les amendes n’y feront rien. La roue est déjà créée, utilisons la.
La solution à l’insalubrité publique de la Ville de Kinshasa passe par la monétisation des déchets. Ce que la population considère comme déchet, devra être vu comme une marchandise à vendre.
Sous cet angle, le déchet devient une matière première au même titre que le pétrole, le charbon, etc….
De ce qui précède, les déchets feront l’objet d’un traitement particulier de la part de la population.
Le Gouvernement de la RDC devrait mettre en place des structures pour industrialiser cette filière. Traiter les déchets et les transformer en électricité, pour les déchets organiques.
Pour les déchets plastiques PET, créer une filière de transformation en textiles ( fabrication du tissu polyester ) et des pavés.
Ces activités vont créer une double opportunité pour Kinshasa :
Résoudre durablement l’insalubrité publique et créer une économie circulaire génératrice de revenus et d’emplois.
II. Monétiser les déchets : transformer le problème en opportunité. Argument : Le déchet a une valeur marchande
-Le plastique, le verre, le métal, les bio-déchets sont des matières premières secondaires.
-Si le citoyen lambda perçoit les déchets comme une source de revenus, il adoptera un comportement responsable.
-Système incitatif : paiement au kilo ou bons de consommation en échange de déchets triés.
- Exemples inspirants
°Les Catadores du Brésil (ramasseurs de déchets)
-Le Brésil a institutionnalisé les coopératives de tri (Catadores), qui reçoivent un revenu stable.
-Chiffres clés : Plus d’un million de personnes vivent du recyclage des déchets.
La Ville de Sao Paulo a mis en place une politique d’achat public de matériaux recyclés.
°Lagos/ Nigeria (Waste to Wealth)
-Programme de valorisation des déchets à Lagos, où les déchets plastiques sont échangés contre de l’argent mobile.
-Plateformes comme Wecyclers utilsent des tricycles pour collecter les déchets recyclables des ménages et les achètent.
III. Traiter et transformer les déchets en énergie
- Argument : Les déchets sont une ressource énergétique.
-Les déchets organiques peuvent produire du biogaz.
-Les déchets solides non recyclables peuvent être brûlés dans des incinérateurs modernes pour produire de l’électricité.
- Technologies disponibles
-Méthanisation des déchets organiques : digestion anaérobie pour produire du biogaz.
-Incinération contrôlée : avec la technique de récupération de chaleur pour produire de l’électricité ( Waste-to-Energy ou WtE).
-Gazéification ou pyrolyse pour les plastiques et déchets industriels.
Quelques exemples chiffrés de transformation de déchets en énergie.
- Ethiopie – Reppie Waste-to-Energy Plant ( Addis-Abeba)
-Première central de ce genre en Afrique.
-Capacité : Traitement de 1.400 tonnes de déchets par jour.
-Production : 25 MW d’électricité, suffisante pour 30% des besoins d’électricité d’Addis-Abeba.
-Réduction de 80% des déchets mis en décharge.
-Les recettes de la vente de l’électricité permettent de financer le système en créant une économie circulaire.
- Suède – Modèle d’économie circulaire
-99 % des déchets sont recyclés ou valorisés.
-Le pays importe même des déchets pour alimenter ses incinérateurs ( près de 2 millions de tonnes par an- Une partie de ces importations viennent du Royaume –Uni ).
-Environ 15 % de l’électricité et 25% du chauffage des villes suédoises proviennent des déchets.
- Inde – Ghazipur WtE plant (New Delhi)
-Traite près de 1300 tonnes de déchets par jour.
-Produit 12 MW d’électricité.
-Réduction de l’enfouissement, tout en approvisionnant le réseau en énergie.
IV. Effets positifs attendus pour la Ville de Kinshasa
La valorisation monétaire des déchets aura des impacts très importants sur les plans économique, environnemental, énergétique, social et fiscal.
Sur un plan économique, il y aura création de milliers d’emplois directs (collecte, tri, traitement, transport, maintenance).
Sur un plan environnemental, il y aura réduction de l’insalubrité publique, des maladies hydriques, des émissions de méthane.
Sur un plan énergétique, il y aura une production potentielle de dizaines de MW d’électricité verte.
Sur un plan social, la monétisation des déchets va changer la perception de la population sur ces derniers. Cela va entrainer une sensibilisation, du civisme environnemental et une responsabilité collective de gestion des problèmes de salubrité car devenue une source potentielle des revenus.
Sur un plan fiscal, il y aura de nouvelles recettes à travers une régulation du marché des déchets, des redevances écologiques et des montages des partenariats public-privé.
V. Proposition de modèle économique et financier pour la valorisation monétaire des déchets de la Ville de Kinshasa
Le modèle économique et financier de la monétisation des déchets de la Ville de Kinshasa aura deux composantes importantes ( filières importantes ) : La première porte sur le traitement des déchets et leur transformation en énergie électrique qui sera réinjectée sur le réseau SNEL et la deuxième composante porte sur la transformation des déchets plastiques en tissus polyester et matériaux de construction ( les pavés routiers et d’espaces publics).
VI.1. Transformation des déchets plastiques en énergie électrique
- Chaîne de valeur
-Collecte incitative : Les ménages vendent leurs déchets aux coopératives de tri.
-Tri industriel : Séparation des matières recyclables (plastique, métal, verre).
-Transformation : Les déchets organiques en biogaz/compost et les déchets plastiques et résidus non recyclables en énergie via incinérateurs modernes.
- Potentiel Financier pour Kinshasa. Valorisation énergétique
-1 tonne de déchets peut produire entre 500 et 700 Kwh d’électricité.
-Avec 5000 tonnes par jour , la Centrale de transformation peut produire entre 2.500.000 KWh et 3.500.000 Kwh par jour.
- Revenus du recyclage :
-Plastiques : 200 à 300 USD la tonne.
-Métaux : 500 à 700 USD la tonne.
VI.2. Transformation des déchets plastiques PET en tissus polyester
Une très grande partie de la pollution de la Ville de Kinshasa vient des matière plastiques non recyclées .
Cette pollution est d’autant plus grande que cette matière n’est pas recyclée de façon industrielle. La matière plastique n’est pas biodégradable avant 1000 ans soit 10 siècles. Si sa pollution n’est pas traitée de manière responsable, Kinshasa sera toujours inondée après la moindre pluie car ces produits obstruent les caniveaux, les rivières et empêchent l’écoulement ( drainage) des eaux pluviales.
- Objectif stratégique
Transformer le fléau des déchets plastiques, notamment les bouteilles en plastique PET ( fabriquées en polyéthylène téréphtalate) obstruant les caniveaux de Kinshasa, en matière première textile pour produire du fil polyester recyclé utilisable dans le textile, l’ameublement ou même les équipements militaires et médicaux.
Pour plus de précision, le PET, polyéthylène téréphtalate, un plastique léger, résistant et transparent, est utilisé pour les bouteilles d’eau, les sodas et divers emballages alimentaires.
Une bouteille PET est marquée par le Chiffre ‘’ 1’’ dans un triangle de recyclage à son fond.
- Situation actuelle des plastiques à Kinshasa
-Environ 400 à 600 tonnes de déchets plastiques sont générées par jour à Kinshasa ( estimations ONG locales et UN-Habitat).
-Les bouteilles en plastiques ( eau, soda) représentent la majorité des plastiques visibles dans les rues et cours d’eau.
-Ces déchets obstruent les canalisations, causant inondations, insalubrité et maladies hydriques.
- Technologie de transformation des matières plastiques (bouteilles PET) en Tissu polyester. Etapes techniques du recyclage textile du PET
–Collecte et tri des bouteilles en plastique PET.
-Broyage en paillettes (flakes) après lavage.
-Extrusion des paillettes fondues en filaments continus (tissus de polyester).
-Filature et tissage ou tricotage pour fabrication de tissus.
Produits finaux
-Tissus synthétiques (habillement, sacs, rideaux, tentes).
-Fils de couture ou de broderie.
-Tapis, moquettes, isolants.
-Gilets, uniformes, toiles agricoles.
Exemples internationaux concrets
-Inde : les projets Polyester from waste où des coopératives recyclent une tonne de PET par jour pour produire 800 kg de fil polyester.
-Ethiopie : PPP Textile-plastique ( Transformation de déchets en matériaux pour l’industrie textile locale).
-Chine : Fibres pour uniformes militaires ( Recyclage PET à l’échelle industrielle pour le secteur textile et de défense.
- Modèle économique local pour Kinshasa
°°Composantes clés
Coopératives de collecte et tri
-Achat des bouteilles aux citoyens (0,1 USD à 0,25 USD le kilogramme).
-Système incitatif : argent mobile, bons, crédits carbone.
Mini-Usines de recyclage plastique/textile
-Capacité : 2 à 5 tonnes par jour.
-Investissement initial : 250.000 à 500.000 USD par ubité.
-Localisation : périphérie de Kinshasa ( Maluku, Kimbanseke, Lutendele, Ngundiabaka).
Partenariats industriels
-Montage des PPP avec des usines textiles locales ou régionales.
-Possibilité d’export vers les pays voisins.
Soutien public et maillage du projet
-Formation des jeunes en métier du textile recyclé.
-Exonérations fiscales, zones industrielles spéciales.
- Impact estimatif sur cinq années.
– Indicateur 1 : Plastiques recyclés ;
– Valeur (Quantité estimée) : 100.000 tonnes.
– Indicateur 2 : Bouteilles collectées ( PET)
-Valeur (Quantité estimée) : 5 milliards.
– Indicateur 3 : Fils polyester produits.
– Valeur (Quantité estimée) : 70.000 tonnes.
– Indicateur 4 : Emplois créés.
– Valeur (Quantité) : 15.000.
-Indicateur 4 : Economie générée.
-Valeur (Montant estimé) : 150 Millions USD.
–Indicateur 5 : Réduction inondation et obstructions.
-Valeur : 60 %.
- Avantages stratégiques
-Environnement : réduction de la pollution urbaine, assainissement des caniveaux et des rivières traversant la Ville de Kinshasa.
-Mise en place de l’économie circulaire : création de valeur à partir des déchets.
-Insertion sociale : emploi pour les jeunes, femmes, ex-combattants.
-Promotion de l’industrie textile locale : Relance du Made in DR Congo ( Uniformes, vêtements militaires, gilets de sauvetage, tissus divers).
- Etapes pratiques de mise en œuvre
Ce projet de salubrité publique peut être mise en œuvre dans un délai de 24 mois depuis l’étude de faisabilité, la création de coopératives et de stations de tri, installation des premières unités de recyclage textile jusqu’à l’intégration au tissu industriel textile local ( PPP).
La République Démocratique du Congo ( RDC) pourrait optimiser ce projet de salubrité publique de la Ville de Kinshasa en proposant une dimension régionale stratégique, en associant la Ville de Brazzaville dans cette monétisation des déchets.
En effet, la dimension régionale stratégique va générer des économies d’échelle, des effets de synergie, et un poids politique accru pour mobiliser des financements internationaux.
VII. Traitement conjoint des déchets Kinshasa-Brazzaville
- Contexte
Le traitement conjoint des déchets des Villes de Kinshasa et de Brazzaville est très important, à plus d’un titre.
Ces deux villes sont les deux capitales les plus proches du monde et font face à des défis communs :
-Accumulation massive de déchets solides urbains.
-Pollution croisée du Fleuve Congo, en aval, due aux rejets non traités.
Cette pollution empêche le bon fonctionnement du Barrage d’Inga et le bief maritime du Fleuve Congo ( qui se trouvent sur le territoire de la République Démocratique du Congo), en plastiques PET.
-Systèmes de collecte et de traitement déficients.
- Proposition
-Etablir un partenariat interurbain écologique formel entre Kinshasa et Brazzaville, parrainé par les deux Gouvernements pour prendre, à bras le corps, ce dossier de pollution des déchets organiques et des matières plastiques.
-Mutualiser certaines infrastructures de traitement des déchets.
-Co-développer des centrales de valorisation énergétique à proximité du Fleuve Congo.
-Mettre en place un cadre fiscal incitatif et bilatéral pour les investisseurs ( Zonage industriel vert binational).
- Avantages stratégiques pour la RDC
-A l’instar de la Suède, en Europe, qui traite les déchets de plusieurs pays européens, ce partenariat va créer des économies d’échelle en partageant des coûts d’investissement par la hausse du volume traité des déchets. Ce qui engendre une meilleure rentabilité et une optimisation des activités de cette filière.
-Ce Projet va aussi engendrer une réduction des pollutions croisées du Fleuve Congo, de ce fait, il y aura un assainissement régional coordonné.
-Sur un plan politique, ce projet va engendrer une intégration sous-régionale écologique CEEAC.
-Sur un plan énergétique, la capacité combinée de la production électrique en utilisant les incinérateurs va augmenter.
-Sur un plan logistique, l’on pourrait mettre en place des barges de transport des déchets ( Comme pour la Ville de New York) pour alimenter les usines de traitement à Kinshasa. Cela permettra l’érection d’un port sec vert transfrontalier pour les matériaux recyclés et les flux énergétiques.
- Résultats attendus
-Atteindre un objectif de 75% des déchets recyclés dans les deux villes.
-100 à 150 MW d’électricité produite au bénéfice des réseaux locaux.
-Création de plus de 60.000 emplois directs dans l’économie circulaire régionale dans le traitement des déchets.
-Réduction estimée à plus 60% de la pollution directe du Fleuve Congo dans la Mégalopole Kinshasa-Brazzaville et en aval ( Kongo-Central, Embouchure).
N.B. : A défaut de mettre sur pied une coopération écologique régionale dans le traitement des déchets des deux capitales, Kinshasa pourrait proposer à Brazzaville le traitement de ses déchets urbains, moyennant rémunération.
VIII. Gouvernance du nouveau modèle économique de gestion des déchets de la Ville de Kinshasa
En principe, la gestion des déchets est l’affaire des municipalités.
La Ville de Kinshasa n’est pas en reste. Toutefois, elle a fait preuve d’incapacité pour gérer efficacement cette filière.
Etant donné que cette dernière tendrait vers un cran de plus (sophistication des activités et industrialisation ) en vue de créer une économie circulaire, il serait bon pour le Gouvernement central de la RDC de prendre désormais, à titre exceptionnel, l’organisation, la planification et la gestion de l’économie circulaire du nouveau modèle économique par la création d’une Agence Métropolitaine de Management des Déchets ( AMMD, par exemple).
Pour autant, les structures attitrées de la Ville de Kinshasa, les ONG environnementales, les entreprises privées et le Service National seront associés étroitement pour faire fonctionner cette filière, chacun jouant sa partition, mais bien coordonnée.
En effet, même dans les pays hautement avancés dans cette filière, avec expertise avérée, la gestion des déchets implique plusieurs acteurs dont les municipalités, les entreprises privées et de nombreuses associations mais la coordination et la réglementation environnementale générale, y compris l’implémentation des normes, sont toujours assurées par une agence gouvernementale.
CONCLUSION
Cette étude pose les jalons pour résoudre, de façon durable, pragmatique, professionnelle et industrielle, les problèmes d’insalubrité publique de la Ville de Kinshasa.
Cette dernière (mégalopole de plus de 17 millions d’habitants) produit plusieurs milliers de tonnes de déchets par jour. Dans ce contexte, le traitement de ces derniers doit dépasser le stade rudimentaire pour atteindre un niveau industriel. Pour atteindre cet objectif, nous avons prôné un changement de perception des déchets de la part de la population.
A ce sujet, ces derniers devraient être désormais considérés comme des intrants ayant une valeur marchande. Dans cette optique, les populations urbaines les associeraient à l’argent ou à une ressource financière potentielle.
Dans une première manche, les déchets seraient traités et transformés en énergie électrique qui serait réinjectée dans le réseau SNEL. Le paiement, en retour devrait financer leur traitement, dans une forme d’économie circulaire, en continue et en financement autonomisé.
Dans une deuxième manche, les déchets plastiques PET seraient également traités et transformés en tissus polyester entrant dans la fabrication des vêtements ordinaires, des tenues militaires, d’uniformes de service et d’autres produits.
Cette filière est créatrice de nombreux emplois, tout en assurant la salubrité des espaces publics.
Fait à Raleigh (North Carolina, USA), le 20 novembre 2025.
Didier BOKUNGU NDJOLI BASELE
Directeur Exécutif de Congopower Brainstorm – USA
Consultant stratégique, Economiste, Pilote privé, Expert en Transports Aériens, en Intelligence et Guerre économique.

