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« 74e National Prayer Breakfast » : Tshisekedi, Fayulu, Eric Senga et Nshole, tous à Washington ce jeudi

Washington, théâtre d’un rendez-vous aux multiples lectures. Ce jeudi, à l’occasion du 74ᵉ « National Prayer Breakfast », des figures politiques et religieuses congolaises aux trajectoires opposées — le Président Félix Tshisekedi, Martin Fayulu, ainsi que les représentants de l’ECC-CENCO, Éric Nsenga et Mgr Donatien Nshole — se retrouveront dans la même salle. Au-delà du caractère spirituel de l’événement, cette convergence inattendue, sur fond de diplomatie des minerais critiques et de dialogue politique annoncé, alimente interrogations et spéculations, d’autant plus que le président rwandais Paul Kagame brille par son absence à cette rencontre de Washington. Quelque chose se passe à 10.000 km de Kinshasa.

La capitale américaine est le théâtre d’une rencontre pour le moins inhabituelle ce jeudi. À l’occasion du traditionnel « National Prayer Breakfast », le petit-déjeuner annuel de prière qui rassemble des dignitaires du monde entier à Washington, plusieurs figures majeures et souvent antagonistes de la scène congolaise vont se trouver réunies dans la même salle.

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, en déplacement aux États-Unis où il participe ce mercredi à une rencontre sur les minerais critiques, est l’invité de marque.

Mais l’événement prend une saveur particulière avec la présence confirmée de Martin Fayulu, leader de l’opposition (ECIDé), ainsi que celle d’une délégation de l’Église du Christ au Congo (ECC), représentée par le Révérend Eric Nsenga et Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO.

Une coïncidence qui interroge

La présence simultanée du Chef de l’État et de ses principaux détracteurs nationaux, dans un cadre aussi symbolique, ne manque pas d’interpeller. « Est-ce une simple coïncidence ? Difficile à dire », relèvent les observateurs.

Aucune rencontre formelle entre les parties congolaises n’est officiellement prévue à l’agenda de la journée du 5 février. Cependant, plusieurs analystes anticipent des discussions informelles en marge de l’événement, d’autant plus que le Président Tshisekedi vient tout juste de dévoiler, devant le corps diplomatique à Kinshasa, les contours de son « Dialogue entre Congolais » – une initiative déjà rejetée par la même opposition.

« Cette proximité physique, même sous le signe de la prière, est hautement symbolique. Elle crée un cadre inédit, en dehors du territoire national et de ses tensions habituelles. Si échanges il y a, ils pourraient amorcer une dynamique nouvelle, ou au minimum humaniser les rapports dans une crise politique qui manque cruellement d’apaisement », a indiqué à EcoNews un politologue congolais.

Un autre élément intrigue les diplomates : l’absence, cette année, du président rwandais Paul Kagame, pourtant habitué des lieux. Son nom ne figure pas sur la liste des invités. Cette non-invitation, dans le contexte de crise ouverte entre Kigali et Kinshasa sur le dossier du M23, est scrutée avec attention.

« Est-ce aussi le signe d’un éloignement avec les États-Unis ? Nul ne le sait », note un diplomate en poste à Kinshasa.

Cette absence contraste fortement avec la présence très visible de la délégation congolaise, renforçant l’idée d’un rééquilibrage de l’attention américaine dans la région des Grands Lacs.

Un agenda chargé pour Tshisekedi

La participation du Président Tshisekedi au Prayer Breakfast intervient après une journée dense dédiée à la géopolitique des minerais. Mercredi, Félix Tshisekedi prend part, aux côtés des représentants d’autres pays africains riches en ressources comme la Guinée et le Kenya, à une rencontre initiée par l’administration américaine. L’objectif : discuter des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, essentiels à la transition énergétique, un secteur où la RDC occupe une position stratégique avec son cobalt.

Alors que les tensions politiques internes restent vives et que la guerre sévit à l’Est de la RDC, ce déplacement à Washington place la RDC sous plusieurs projecteurs : celui des intérêts économiques stratégiques, celui de la diplomatie religieuse, et celui, plus inattendu, d’une possible et fragile unité nationale symbolique, le temps d’un petit-déjeuner à près de 10.000 km de Kinshasa. Les observateurs attendent désormais de voir si la prière sera suivie de paroles.

Econews

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