Ce lundi 29 juin 2026, l’économiste Idesbald Chinamula Vuningoma a présenté son nouvel ouvrage percutant, « L’Assistance technique au développement face à la crise de l’État en Afrique ». Devant un parterre d’universitaires et de décideurs, l’auteur assène une vérité qui dérange : ce ne sont pas les bailleurs de fonds qui échouent, mais l’État africain lui-même, empêtré dans ses faiblesses structurelles et son « impuissance publique ». Une plongée sans complaisance dans les rouages d’une coopération internationale qui, depuis des décennies, tourne à vide faute d’un réceptacle institutionnel solide.
Le Musée national de la République démocratique du Congo a accueilli, ce lundi 29 juin 2026, la cérémonie officielle de présentation du nouvel ouvrage de l’économiste et chercheur Idesbald Chinamula Vuningoma, intitulé « L’Assistance technique au développement face à la crise de l’État en Afrique : l’exemple de la République Démocratique du Congo ». L’événement s’est déroulé en présence de nombreuses personnalités politiques, universitaires, chercheurs, étudiants ainsi que d’acteurs du développement.
À travers cette publication, l’auteur propose une réflexion approfondie sur la crise de l’État en Afrique et s’interroge sur l’efficacité de l’assistance technique apportée depuis plusieurs décennies par les partenaires internationaux au développement.
Selon lui, les indicateurs de gouvernance et de développement humain démontrent que, malgré les efforts entrepris, de nombreux États africains peinent encore à remplir pleinement leurs missions régaliennes. Cette incapacité institutionnelle freine la mise en œuvre des politiques publiques et compromet le développement économique, social et humain du continent.
L’ouvrage analyse notamment le rôle joué par les grandes institutions internationales, telles que la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, dans l’accompagnement des États africains. Si ces partenaires apportent un soutien financier et technique important, l’auteur s’interroge néanmoins sur les résultats concrets obtenus depuis la création de ces institutions au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Une analyse scientifique en deux séquences
L’ouvrage est structuré en deux grandes parties. La première, intitulée « État des lieux de l’État et de l’assistance technique au développement en RDC », pose les bases conceptuelles de la réflexion. L’auteur y définit avec précision les notions d’État, d’assistance technique et de développement afin d’éviter toute confusion dans l’analyse.
Cette première partie comprend quatre chapitres consacrés au diagnostic des difficultés rencontrées par les États africains, particulièrement la République démocratique du Congo. L’auteur y examine les défis institutionnels, économiques et sociaux auxquels le pays est confronté, tout en présentant les différentes formes que peut revêtir l’assistance technique : financement des infrastructures, aide humanitaire, développement humain, investissements dans les secteurs de l’éducation et de la santé, entre autres.
L’ouvrage revient également sur l’évolution des politiques de développement en RDC depuis les années 2000, notamment à travers les premiers cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté mis en place après les crises politiques des années 1990. Cette approche historique permet de comprendre l’évolution des stratégies de développement et le rôle joué par les organisations non gouvernementales dans ce processus.
Prenant la parole au cours de cette cérémonie, Idesbald Chinamula Vuningoma a présenté l’économie générale de son ouvrage, en revenant sur les motivations, la méthodologie et les principaux enseignements de ses recherches. Il a également exprimé sa profonde gratitude à toutes les personnes qui ont contribué à la réalisation de cette publication, adressant une mention particulière au ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, auteur de la préface du livre, dont il a salué l’accompagnement intellectuel et le soutien.
Sur le fond, l’auteur remet en question une thèse largement répandue selon laquelle l’échec relatif de l’aide au développement en Afrique serait principalement imputable aux partenaires techniques et financiers. Sans occulter les limites, les contradictions et parfois les insuffisances de la coopération internationale, il soutient que les causes profondes de cette contre-performance résident avant tout dans les faiblesses structurelles des États africains.

Identifier les blocages du développement
La seconde partie, intitulée « Contenir l’impasse de l’État et impulser l’action de développement », s’attache à identifier les facteurs qui freinent le décollage économique et social des pays africains.
L’auteur met en évidence les faiblesses institutionnelles, les problèmes de gouvernance, les difficultés liées à l’exercice de l’autorité publique ainsi que les chocs exogènes qui limitent l’efficacité de l’action de l’État.
L’un des chapitres les plus marquants porte le titre évocateur « L’impuissance de la puissance publique ». À travers cette formule, l’auteur démontre que lorsqu’un État ne parvient pas à exercer pleinement son autorité sur l’ensemble de son territoire, les politiques publiques perdent en efficacité et les efforts de développement deviennent difficilement réalisables.
Un autre chapitre analyse les dysfonctionnements de l’administration publique et les obstacles qui entravent l’action de l’État. Loin de se limiter au constat, l’auteur formule plusieurs pistes de réflexion pour renforcer l’efficacité de l’assistance technique et mieux orienter les interventions des partenaires au développement.
Une contribution au débat sur le développement de l’Afrique
L’ouvrage d’Idesbald Chinamula Vuningoma se distingue par son approche à la fois historique, économique et scientifique. Appuyé sur une méthodologie rigoureuse ainsi que sur des modèles analytiques et mathématiques, il propose une lecture critique de plusieurs décennies de coopération internationale avec les États africains.
À travers cette publication, l’auteur invite les décideurs politiques, les chercheurs, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs de la société civile à repenser les mécanismes de l’assistance au développement afin qu’ils deviennent un véritable levier de renforcement de l’État et de transformation durable des sociétés africaines, avec un accent particulier sur la République Démocratique du Congo.
Présent lors de cette cérémonie, Leni Ilondo a, par ailleurs, adressé ses vives félicitations à l’auteur pour la rigueur de son travail, la pertinence de ses analyses et son engagement constant en faveur de l’Afrique et de la RDC. Il a estimé que cet ouvrage constitue une référence précieuse tant pour les praticiens de l’économie que pour les chercheurs, les étudiants et les décideurs publics.
Cette cérémonie s’est clôturée par le vernissage du livre, par Leni Ilondo qui souhaite que « tous ceux qui liront ce livre disent qu’il est possible de changer la manière de voir les choses », tout en encourageant l’auteur à poursuivre ses recherches et ses publications, convaincue que de telles initiatives participent activement à l’amélioration du système juridique et à la promotion d’une justice plus efficace et plus protectrice des droits fondamentaux.
Benny Lutaladio

