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Angola : la croissance du PIB portée par une économie de plus en plus affranchie du pétrole

Angola : la croissance du PIB hors pétrole a dépassé 7 % à plusieurs reprises en 2025, atteignant environ 7,34 % au dernier trimestre de l’année.

Les services représentent désormais environ 46,5 % de la production économique de l’Angola, et le commerce à lui seul contribue à près de 19,3 % du PIB. L’administration publique représente environ 11,5 %, tandis que les transports, la logistique et les télécommunications continuent de se développer, l’Angola cherchant à se positionner comme une plaque tournante régionale du commerce et de la connectivité, reliant l’Afrique australe et centrale au corridor atlantique.

L’agriculture s’est imposée comme un pilier stratégique de la doctrine économique du gouvernement. Ce secteur représente désormais environ 20 % du PIB national, un changement considérable pour une économie longtemps dominée par les hydrocarbures.

Dans le cadre de la réflexion stratégique de l’Exécutif, l’agriculture n’est plus seulement considérée comme un enjeu de développement rural, mais de plus en plus comme un instrument de souveraineté économique, de stabilité intérieure et de substitution aux importations.

Le secteur avicole illustre particulièrement bien ce changement de cap. La capacité de production avicole en Angola a considérablement augmenté, accentuant la pression en faveur de mesures plus strictes pour protéger le marché intérieur.

Les décideurs politiques discutent désormais ouvertement de restrictions sélectives à l’importation visant à protéger les producteurs locaux, à améliorer l’absorption du marché et à renforcer les chaînes de valeur agricoles nationales.

Politiquement, le message est clair : l’Angola entend réduire sa dépendance structurelle aux produits alimentaires importés et se doter d’une base de production plus autonome, même si cela engendre des tensions avec les réseaux d’importation déjà établis.

Cette approche stratégique s’apparente aux politiques industrielles hybrides historiquement adoptées par les économies émergentes, qui combinaient une libéralisation partielle à une protection sélective des secteurs jugés stratégiques au niveau national. L’objectif du gouvernement n’est pas l’isolationnisme économique, mais la création de mécanismes de protection transitoires permettant aux industries locales d’atteindre une taille critique, une compétitivité accrue et une viabilité financière.

L’industrie sucrière est devenue un autre exemple symbolique de la restructuration productive angolaise. Biocom produit à elle seule environ un million de tonnes de canne à sucre par an, et les autorités reconnaissent de plus en plus que des parts importantes de la production agricole informelle et familiale restent sous-déclarées dans les systèmes statistiques officiels. Les décideurs politiques estiment que l’Angola pourrait à terme se positionner parmi les plus grands producteurs agricoles de la région dans certains segments de produits de base si les tendances d’expansion actuelles se poursuivent.

Econews

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