L’ingénierie de l’invasion

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La stratégie était déjà sanglante, elle devient désormais structurelle. Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, la République Démocratique du Congo a mis à nu l’une des manœuvres les plus cyniques et pernicieuses de la guerre d’agression menée par Kigali et ses supplétifs de l’AFC/M23 dans l’Est du pays : la modification forcée de la réalité démographique congolaise par l’installation de populations rwandaises dans des zones préalablement nettoyées de leurs habitants.

Ce que l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay décrit comme une « transplantation » n’est ni un incident marginal, ni un dommage collatéral. C’est le cœur d’un projet de conquête.

Après le fracas des armes et l’horreur des massacres attribués à l’armée rwandaise (RDF) et aux terroristes du M23 vient le silence étouffant de la colonisation de fait. On vide les villages congolais par la terreur, on contraint des milliers de familles à l’exil, puis on comble le vide en instaurant des administrations parallèles et en y implantant une nouvelle population.

Cette méthode viole sans équivoque la résolution 2773 du Conseil de sécurité, mais elle franchit surtout un seuil critique dans la déstabilisation de la région des Grands Lacs. En substituant le fait accompli démographique aux règles élémentaires du droit international, le régime de Kigali cherche à rendre la situation irréversible, gravant dans la terre congolaise ce qu’il ne pourra jamais justifier par le droit.

Pendant des années, le Rwanda a tenté de masquer son jeu sous le masque du pompier pyromane, invoquant la sécurité de ses frontières pour mieux piller les ressources du Kivu.

Aujourd’hui, le masque tombe définitivement. Le problème central de l’instabilité à l’Est de la RDC ne réside pas dans l’incapacité des mécanismes régionaux, mais dans l’agenda expansionniste et prédateur d’un voisin qui refuse d’envisager la paix si elle ne s’accompagne pas d’un découpage de la souveraineté congolaise.

Le Conseil de sécurité et les mécanismes de l’ONU ne peuvent plus se contenter de condamnations de principe ou de vœux pieux.

L’Est de la RDC n’est pas une terre sans maître offerte aux appétits géopolitiques de Kigali. La RDC a désigné le mal par son nom : il est temps que le monde cesse d’en être le spectateur complice.

Econews

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