Les architectes de l’ombre

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Au centre des grandes manœuvres politiques en République Démocratique du Congo, le suspense laisse désormais place à la méthode. En confiant le dossier hautement stratégique du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État à un duo d’exception — Anthony Nkinzo Kamole, son Directeur de cabinet, et Bifort Biselele, son Conseiller privé revenu au cœur du dispositif —, le Président Félix Tshisekedi abat ses cartes les plus précieuses. 

Ce choix n’a rien d’anodin : il s’agit d’associer la rigueur institutionnelle de la Présidence à l’efficacité d’une diplomatie parallèle pour déminer le terrain avant le grand rassemblement politique.

La dynamique est désormais clairement enclenchée.

Après avoir pris le pouls de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) auprès de Mgr Fulgence Muteba à Lubumbashi, la mission s’est poursuivie à Kinshasa en concertation directe avec Mgr André Bokundoa Bo-Likabe, président de l’Église du Christ au Congo (ECC).

En sollicitant les chefs spirituels du pays, le Chef de l’État cherche d’abord à ancrer la démarche dans une légitimité morale incontestable, tout en intégrant en amont les alertes et points d’attention soulevés par les chefs de confessions religieuses.

Cette diplomatie de contacts discrets mais décisifs préfigure une structuration imminente du processus. En coulisses, tout s’accélère : ces consultations de haut niveau posent les fondations logistiques et politiques qui déboucheront sur la promulgation des ordonnances présidentielles instituant le Comité d’organisation et la Commission préparatoire.

En plaçant ses plus proches collaborateurs en première ligne, Félix Tshisekedi envoie un signal fort : le Dialogue national ne sera ni une formalité cosmétique, ni un improvisé politique, mais un chantier méthodique taillé pour refonder les bases de la nation.

Kuedias

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