En déplacement dans la capitale française, Patrick Muyaya a galvanisé la diaspora congolaise depuis l’ambassade de la RDC à Paris, défendant un narratif de reconquête diplomatique sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi. Évoquant les sanctions américaines visant des généraux rwandais et l’accord stratégique conclu le 4 décembre 2025 avec les États-Unis, le Porte-parole du Gouvernement a appelé à l’unité et à la mobilisation patriotique, affirmant que « le pays reprend sa place » sur la scène internationale, tandis que Kinshasa consolide ses positions face à Kigali.
C’est un véritable bain de foule patriotique qui s’est tenu cette semaine à l’ambassade de la République Démocratique du Congo à Paris. Le Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, a mené une offensive diplomatique et psychologique d’une rare intensité devant une diaspora congolaise chauffée à blanc, au moment où le Rwanda encaisse des coups sévères sur l’échiquier international.
Après avoir labouré le terrain canadien, le Ministre de la Communication et des Médias a posé ses valises dans la capitale française pour une mission claire : galvaniser les troupes et entretenir la flamme patriotique, alors que les nuages s’accumulent dangereusement au-dessus de Kigali.
Washington frappe, Kinshasa exulte
Le contexte est on ne peut plus favorable. Le Trésor américain vient d’infliger une gifle cinglante au régime rwandais en sanctionnant quatre de ses généraux pour leur implication dans le chaos qui déchire l’Est de la RDC. À Kigali, c’est la panique à bord. Paul Kagame, d’ordinaire sûr maître de lui, a perdu son flegme légendaire, menaçant de « reconsidérer » ses relations avec Washington. Traduction : le paria de la région vacille.
Pendant ce temps, à Paris, Patrick Muyaya n’a pas mâché ses mots. Devant une diaspora aux aguets, il a assené une vérité qui fait mouche : « Le fameux enfer dont parlait le président rwandais a commencé pour lui ».
Une déclaration qui claque comme un coup de semonce. Le ministre congolais a déroulé la mécanique implacable des sanctions : « Ces mesures américaines sur l’armée du père, le Rwanda, et ses haut-gradés marquent le début de la fin de son modèle économique, avec notamment une interdiction d’accès au système financier en dollars ».
La filiation criminelle enfin reconnue
L’argumentaire de Muyaya s’est fait plus incisif encore lorsqu’il a abordé le dossier sensible du M23, cette rébellion fantoche qui saigne les provinces de l’Est de la RDC. « La filiation criminelle avec le fils, M23, a été largement documentée et prouvée », a-t-il martelé, balayant d’un revers de la main les dénégations rwandaises.
Le message à la diaspora est clair : la communauté internationale ne peut plus fermer les yeux. Les preuves sont sur la table, les sanctions tombent, et le régime de Kigali se retrouve acculé. « Désormais, le compte à rebours a commencé », a lancé le Porte-parole du gouvernement, laissant entendre que d’autres mauvaises nouvelles attendent le voisin agresseur.
L’accord du futur avec les USA
Mais le ministre Muyaya n’est pas venu seulement pour parler de guerre. Il a également levé le voile sur les ambitions géostratégiques de la RDC, évoquant l’accord du 4 décembre 2025 conclu avec les États-Unis. « L’accord de partenariat stratégique avec les USA est un accord du futur dont il faut s’approprier. Les documents sont publics », a-t-il insisté, appelant la diaspora à se saisir de cet instrument qui place la RDC au cœur des nouvelles dynamiques internationales.
Ambitions panafricaines et mobilisation numérique
Autre dossier brûlant : la candidature de Mme Juliana Amato Lumumba au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Sur ce point, Muyaya a posé les jalons d’une ambition renouvelée : « Notre candidature repose sur notre volonté de donner une nouvelle dimension à cette organisation ».
Enfin, c’est un appel à l’unité et à la vigilance qu’a lancé le ministre devant les compatriotes de l’Hexagone. «J’ai rappelé à notre diaspora l’impératif pour chacun d’entre nous, bien au-delà de nos couleurs politiques, de rester mobilisés pour la défense de la patrie, y compris dans notre usage des réseaux sociaux ».
Le narratif change, la fierté revient
Avant de quitter l’ambassade sous les acclamations, Patrick Muyaya a livré une conclusion qui sonne comme un manifeste : « Progressivement, sous la direction du président Tshisekedi, notre pays reprend sa place et le narratif change ».
Une phrase lourde de sens. Après des décennies de victimisation et de passivité diplomatique, la RDC entend désormais dicter sa loi et imposer son récit. De Kinshasa à Paris, en passant par Washington, le vent tourne. Et Kigali, pour la première fois, semble pris à son propre piège.
Hugo T.

