Alors qu’une crise diplomatique oppose Kinshasa à Nairobi, la Banque Centrale du Congo (BCC) est intervenue publiquement pour éviter tout vent de panique chez les clients d’Equity BCDC, une filiale d’un groupe bancaire kényan. Le Gouverneur André Wameso tient à dissocier l’établissement financier des tensions politiques, affirmant qu’aucune participation de l’État kényan n’est détenue dans la banque.
Dans un contexte diplomatique tendu entre la République Démocratique du Congo et le Kenya, la stabilité financière semble primer. La Banque Centrale du Congo (BCC) a en effet pris les devants pour éviter toute contamination de la crise politique sur le secteur bancaire. Par un avis public, son gouverneur, André Wameso, a tenu à rassurer les épargnants congolais quant à la solidité et la nature de la banque Equity BCDC.
Cette dernière, détenue majoritairement par le groupe kényan Equity Group, se trouve indirectement sur la ligne de mire depuis que le Kenya a décidé de nommer un consul à Goma, une ville actuellement sous le contrôle des rebelles du M23. Un geste perçu par Kinshasa comme une provocation grave et une ingérence dans ses affaires souveraines, entraînant un net refroidissement des relations entre les deux pays.
Craignant que cette tension ne déclenche une méfiance injustifiée des clients et n’engendre des retraits massifs de fonds, la BCC a donc décidé de clarifier les choses. « L’État kenyan n’a aucune participation, directe ou indirecte, dans le capital de cette institution », a affirmé avec force le Gouverneur Wameso.
Le message est clair : Equity BCDC est une entité commerciale privée et ne doit en aucun cas être considérée comme un instrument ou une victime du gouvernement kényan.
Cette intervention rapide de la banque centrale démontre sa volonté de stabiliser le marché financier et d’isoler l’économie des soubresauts politiques. Il s’agit aussi d’un geste de bonne foi à l’égard d’Equity Group, acteur économique important en RDC, afin de le rassurer sur sa place et son avenir dans le paysage bancaire congolais malgré la tempête diplomatique. La BCC envoie ainsi un signal fort : les affaires doivent continuer, quelle que soit la météo politique.
Econews