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Au Forum RDC – Chine sur les médias, le MinEtat Guillaume Ngefa et Jules Alingete unissent leurs voix pour verrouiller l’étau judiciaire contre la corruption

Au Forum RDC – Chine sur les médias, ouvert ce mercredi à Béatrice Hôtel à Kinshasa, le Ministre d’État en charge de la Justice et Garde des sceaux, Guillaume Ngefa, et l’ex-patron de l’IGF, Jules Alingete, ont affiché un front offensif contre la corruption. Entre l’annonce imminente de deux lois clés — anticorruption et conflits d’intérêts — et l’opérationnalisation du Tribunal Pénal Economique et Financier (TPEF), voulu par le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, Kinshasa promet de passer des discours aux sanctions. Le prochain défi est de traduire cette volonté en résultats concrets face à des réseaux maffieux longtemps restés impunis.

Le combat contre la corruption en République Démocratique du Congo vient de franchir un cap décisif. À l’occasion du premier Forum sur les médias, organisé conjointement à Kinshasa par l’Agence Congolaise de Presse (ACP) et l’Agence chinoise Xinhua, deux figures emblématiques de la bonne gouvernance ont conjugué leurs forces morales et politiques pour envoyer un message clair : l’ère de l’impunité économique touche à sa fin.

D’un côté, Guillaume Ngefa Atondoko, Ministre d’État en charge de la Justice et Garde des Sceaux, l’homme qui a transformé la volonté présidentielle en outil judiciaire. De l’autre, Jules Alingete, l’inflexible ex-Patron de l’Inspection Générale des Finances (IGF), de retour sur le devant de la scène pour bénir ce qu’il considère comme l’aboutissement de son combat. Ensemble, ils ont posé les jalons d’une offensive législative et médiatique sans précédent.

Ngefa annonce une « offensive législative »

Prenant la parole en ouverture du forum, le MinEtat Guillaume Ngefa a placé la lutte contre les antivaleurs au sommet de l’agenda gouvernemental. Alors que la création récente du Tribunal Pénal Économique et Financier (TPEF) avait déjà marqué les esprits, le Garde des Sceaux a annoncé une prochaine salve législative destinée à « fermer les portes aux prédateurs économiques ».

« Bientôt, nous allons soumettre au Parlement une loi anticorruption qui durcit les sanctions et supprime les zones d’ombre où se cachent les prédateurs », a-t-il déclaré, promettant de faire de « chaque franc détourné une affaire d’État ». Mais le Garde des sceaux ne compte pas s’arrêter aux simples sanctions pénales. Il a dévoilé un second projet, tout aussi crucial : la loi sur le conflit d’intérêts.

L’objectif est clair : « Tracer une ligne infranchissable entre le service public et les intérêts privés. On ne peut plus servir l’État tout en se servant soi-même. » Une formule qui résonne comme un avertissement adressé aux élites, les appelant à une rupture nette avec les pratiques du passé.

Pour Guillaume Ngefa, cette batterie de textes vise à transformer ce qui n’était trop souvent qu’une « intention politique » en une « priorité nationale et un pilier de notre souveraineté économique ».

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Le retour remarqué du « limier » de l’IGF

À quelques mètres du Ministre, une silhouette familière du microcosme anticorruption observait la scène. Invité d’honneur du forum, Jules Alingete a effectué un come-back médiatique remarqué. L’ex-patron de l’IGF, connu pour ses sorties rugueuses contre les dérives financières, n’a pas manqué l’occasion de « vider le sac », évoquant sans détour les dossiers de détournements restés en suspens depuis son départ.

Si le constat est amer, Jules Alingete a néanmoins tenu à saluer la continuité de l’action publique. Pour lui, la création du TPEF représente la concrétisation du rêve qu’il a longtemps porté : celle d’une justice spécialisée, capable de juger les « subtilités de la haute finance ».

« Ce que j’ai planté à l’IGF, le Ministre Ngefa est en train de le concrétiser », a-t-il laissé entendre, établissant une filiation directe entre le travail de traque financière de l’Inspection et le travail de répression judiciaire qui s’annonce.

La Chine en partenaire discret mais central

Ce face-à-face entre les deux poids lourds de la gouvernance s’est déroulé dans un cadre stratégique : le partenariat avec la Chine. Jules Alingete a d’ailleurs profité de la tribune pour saluer la « disponibilité » de Pékin, qui a accepté de renégocier les accords de 2008 pour aboutir à des contrats plus « équilibrés et transparents ».

De son côté, Guillaume Ngefa a élargi le débat à la souveraineté informationnelle. Il a interpellé ses partenaires chinois sur l’impact des réseaux sociaux, jugeant TikTok peu propice à « bâtir un narratif fondé sur la vérité et la transparence ».

En filigrane de ce forum, une même dynamique se dessine : celle d’un État qui tente de reprendre la main, tant sur ses finances que sur son récit. Avec un duo Ngefa-Alingete en première ligne, la RDC semble vouloir prouver que la lutte contre la corruption n’est plus un slogan, mais un système qui se met en place.

C’est au TPEF, désormais sur les rails, à prouver que les juges sauront être à la hauteur des dossiers qui les attendent.

Econews