Le 39ème Sommet de l’Union africaine (UA) s’achève sur un constat sans appel : la diplomatie congolaise vient de réaliser un «strike » sur l’échiquier continental. Alors que l’encre de l’accord stratégique signé à Washington en décembre dernier est encore fraîche, la RDC transforme l’essai à Addis-Abeba. L’accession d’Évariste Ndayishimiye à la présidence tournante de l’UA pour l’exercice 2026 n’est pas qu’une simple formalité protocolaire; c’est un message politique fort envoyé au cœur de la région des Grands Lacs.
Pour le Président Félix Tshisekedi, cette élection est une victoire par procuration, mais surtout une alliance de raison qui s’installe aux commandes de l’Afrique. En plaçant un « frère d’armes » et un allié fidèle à la tête de l’organisation panafricaine, la RDC s’offre un relais de poids pour porter sa voix.
Le contraste était saisissant dans les couloirs du siège de l’UA : d’un côté, un Félix Tshisekedi rayonnant, entouré de ses pairs ; de l’autre, le siège vide de Paul Kagame. L’absence du président rwandais, manifestement préméditée, sonne comme l’aveu d’une défaite diplomatique.
Pour Kigali, l’arrivée de Ndayishimiye est une véritable douche froide. Le temps où le Rwanda dictait seul le tempo diplomatique dans la sous-région semble s’étioler face à la montée en puissance de ce nouvel axe.
Le discours d’acceptation du nouveau président de l’UA ne laisse place à aucune ambiguïté. Si les piliers de l’intégration économique (Zlecaf) et de l’Agenda 2063 restent les horizons lointains, c’est bien le renforcement de la paix et de la sécurité qui constitue l’urgence immédiate.
« Ce mandat sera celui de la solidarité entre États membres et du respect des principes de l’Acte constitutif », a martelé Évariste Ndayishimiye.
Derrière ce langage diplomatique se cache une volonté de traiter enfin, avec fermeté, la crise sécuritaire qui ronge l’Est de la RDC. En prônant le respect de l’intégrité territoriale et la solidarité entre voisins, le nouveau président de l’UA s’aligne parfaitement sur la vision de Kinshasa.
La réaction rapide de la présidence congolaise, via sa porte-parole Tina Salama, souligne l’importance stratégique de ce moment. En réitérant son « soutien constant et constructif » au Burundi, Félix Tshisekedi ne fait pas que féliciter un voisin ; il scelle un pacte pour une Afrique « maîtresse de son destin ».
L’année 2026 s’annonce donc comme celle d’un rééquilibrage des forces. Entre l’appui américain et le contrôle du levier UA, la RDC n’a jamais eu autant de cartes en main pour isoler ses agresseurs et imposer sa paix.
La diplomatie du « silence et de l’action » de Tshisekedi semble porter ses fruits, laissant Kigali face à un isolement croissant sur la scène africaine.
Econews

