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Carnet de voyage : Kolwezi, vitrine du nouveau Congo : comment Fifi Masuka a transformé le Lualaba en modèle de gouvernance

La 12ème Conférence des gouverneurs, tenue du 10 au 13 juin à Kolwezi (province du Lualaba), aura marqué un tournant. Loin des habituelles réunions protocolaires, l’événement s’est mué en véritable plébiscite pour Fifi Masuka Saini, la gouverneure qui a métamorphosé le Lualaba. En trois ans à peine, cette économiste a fait de Kolwezi – naguère considérée comme un « grand village minier » – une ville moderne qui rivalise désormais avec Lubumbashi et bouscule Kinshasa par son dynamisme. Routes bitumées, services publics digitalisés, partenariats innovants : le « modèle Masuka » séduit jusqu’au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, venu constater sur place cette success story provinciale. Reportage sur une révolution silencieuse qui pourrait bien inspirer toute la RDC.

La 12ème Conférence des gouverneurs de provinces, qui s’est tenue du 10 au 13 juin à Kolwezi, restera dans les annales comme le moment où le Lualaba s’est imposé comme le nouveau laboratoire du développement congolais. Derrière cette métamorphose spectaculaire, un nom revient en boucle : Fifi Masuka Saini, la gouverneure qui a su transformer les défis en opportunités.

Ils sont venus de toutes les provinces de la République, sceptiques peut-être, et repartis conquis. La Conférence de Kolwezi aura été bien plus qu’une réunion de routine : une démonstration éclatante du dynamisme du Lualaba sous l’impulsion de sa gouverneure.

Kolwezi, vitrine d’une renaissance urbaine

Il y a quelques années encore, Kolwezi peinait à sortir de son statut de « grand village minier ». Aujourd’hui, la ville rivalise avec Lubumbashi et bouscule même Kinshasa par son audace urbanistique. Routes bitumées, espaces publics rénovés, éclairage moderne – les visiteurs ont découvert une ville en mouvement, loin des clichés d’une province enclavée.

« Kolwezi n’attend plus rien des autres. Elle crée son propre destin », lançait un participant, sous le charme des infrastructures neuves. Un changement porté par la gouverneure Masuka, qui a su mobiliser les ressources locales et fédérer les acteurs économiques autour d’une vision commune.

« Kolwezi n’est plus cette ville poussiéreuse qu’on imaginait. C’est devenu un modèle d’urbanisation intelligente », s’est émerveillé un délégué de la province de l’Equateur.

Il y a moins d’une décennie, Kolwezi peinait à sortir de son statut de cité minière délabrée. Aujourd’hui, la ville s’impose comme un pôle d’attraction régional. Les participants à la conférence ont découvert une ville en pleine renaissance : un réseau routier modernisé avec plus de 120 km de nouvelles voies bitumées, un centre-ville réhabilité avec espaces verts et bâtiments administratifs rénovés, un système d’éclairage public solaire couvrant 70% de l’agglomération, une nouvelle zone aérogare à l’aéroport international de Kolwezi…

Le leadership visionnaire de Fifi Masuka

Nommée en 2021, la gouverneure Fifi Masuka a appliqué une méthode simple mais efficace : « Écouter, planifier, agir ». Son approche a porté ses fruits, se félicite son cabinet.

« Nous avons brisé le mythe selon lequel une province minière ne peut que dépendre des ressources extractives », expliquait-elle dans le traditionnel briefing, co-animé dans le hall de la nouvelle aérogare de Kolwezi avec le porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe.

Le bilan de Masuka impressionne. Des réalisations concrètes qui parlent, notamment le taux de scolarisation passé de 68% à 89% en 3 ans, 15 nouveaux centres de santé construits, tout comme la création de 12.000 emplois hors secteur minier.

« Ce qui frappe, c’est l’équilibre entre développement urbain et rural », notait un expert de la Banque mondiale présent à la Conférence de Kolwezi.

Malgré ces succès, la route reste longue. Elle passe par la réduction de la dépendance de la province aux revenus miniers (encore 65% du budget), l’amélioration de l’accès à l’eau potable en zone rurale et la finalisation de route Kolwezi – Solwezi (Zambie) et Kolwezi-Dilolo.

L’approbation présidentielle

Le président Félix Tshisekedi, présent durant quatre jours, n’a pas caché son admiration. « Le Lualaba montre la voie. Ce qui se passe ici devrait inspirer toutes nos provinces », a-t-il déclaré lors de la clôture, appelant à « dupliquer l’esprit Masuka ».

Alors que la RDC cherche des modèles de gouvernance efficaces, le « miracle Lualaba » démontre qu’avec une vision claire et une gestion rigoureuse, les transformations sont possibles. La performance de Masuka relance le débat sur l’autonomie des provinces et la nécessité d’élire les gouverneurs au suffrage universel.

Comme le résume un analyste politique : « Ce n’est pas juste une success story provinciale. C’est la preuve que le Congo profond a un immense potentiel quand on lui donne les bons outils et les bons leaders ».

Au moment où les autres gouverneurs repartaient vers leurs provinces, beaucoup avaient dans leurs bagages une question : comment faire aussi bien que le Lualaba ? La balle est maintenant dans leur camp.

Econews