Sur la mise en place de sa politique protectionniste, Donald Trump doit faire avec une fronde dans ses rangs. En votant en faveur de l’abrogation des droits de douane sur le Canada, plusieurs élus républicains à la Chambre des représentants sont allés mercredi à contre-courant du locataire de la Maison-Blanche.
Le texte doit à présent être approuvé par le Sénat. Mais même en cas d’adoption, il fera assurément l’objet d’un veto du président américain, qui a fait des droits de douane la pierre angulaire de sa politique économique. Seul un nouveau vote au Congrès et une adoption avec une majorité des deux tiers permettrait d’outrepasser ce veto, une quasi-impossibilité au vu de la majorité dont disposent actuellement les républicains dans les deux chambres.
Trump sort les menaces
La résolution a donc une portée avant tout symbolique. Mais cela n’a pas empêché Donald Trump d’exprimer sa colère. Pendant le scrutin, il a averti que les élus de son camp votant contre ses droits de douane « en subiront les conséquences au moment des élections, y compris des primaires ». « Les droits de douane nous ont donné une sécurité économique et nationale, et aucun républicain ne devrait être responsable de la destruction de ce privilège », a-t-il ajouté dans son message sur sa plateforme Truth Social.
Six députés de la majorité ont malgré tout rejoint les démocrates pour mettre fin à l’état d’urgence décrété par le président en février 2025, qui lui avait permis d’imposer des droits de douane sur les produits importés du Canada. Le vote est intervenu après l’expiration d’une mesure qui interdisait tout scrutin sur cette question des droits de douane. Le chef républicain de la Chambre, Mike Johnson, avait tenté jusqu’à mardi soir de la prolonger, en vain.
Une « taxe sur les consommateurs américains »
Tenants du libre-échange, de nombreux élus à droite désapprouvent plus ou moins publiquement la politique protectionniste de Donald Trump, d’autant plus que c’est le Congrès, et non le président, qui détient le pouvoir constitutionnel d’imposer des droits de douane. Réaffirmant cette prérogative du législatif, le député républicain Don Bacon a affirmé mercredi : « nous ne pouvons pas et nous ne devons pas délocaliser nos responsabilités ». « En tant que conservateur vieux jeu, je sais que les droits de douane sont une taxe sur les consommateurs américains », a-t-il déclaré sur X avant de voter pour l’abrogation.
Avec 20minutes.fr

