À l’horizon du premier quadrimestre de 2026, l’économie congolaise devrait enregistrer une croissance du PIB réel estimée à 5,8 % (prévision), traduisant le maintien d’une dynamique économique globalement favorable à court terme. Cette projection repose sur la consolidation progressive de la stabilité macroéconomique, caractérisée par un repli marqué de l’inflation, une relative normalisation des conditions monétaires et la résilience du secteur extractif, principal moteur de l’activité.
Toutefois, cette trajectoire projetée demeure entourée d’un degré d’incertitude élevé. Les vulnérabilités structurelles persistantes, notamment la faible diversification de l’économie et la mise en œuvre incomplète des réformes structurelles, continuent de limiter le potentiel de croissance. Par ailleurs, un environnement international moins porteur, marqué par une demande mondiale atone et une volatilité accrue des marchés des matières premières, pourrait exercer des pressions à la baisse sur la croissance attendue.
Dans ce contexte, si le scénario central demeure orienté vers une croissance proche de 5,8 % au début de l’année 2026, toute dégradation supplémentaire de la conjoncture mondiale ou un choc défavorable sur les termes de l’échange pourrait conduire à une révision à la baisse de cette prévision. La soutenabilité de cette trajectoire dépendra ainsi de la capacité des autorités à préserver les acquis macroéconomiques récents et à accélérer les réformes visant à renforcer la résilience et la transformation productive de l’économie congolaise.
Après un pic d’inflation annualisée observé à 12,58% au troisième quadrimestre de 2024, la dynamique des prix en République Démocratique du Congo s’est engagée dans une phase de désinflation rapide et continue. Cette trajectoire s’est matérialisée par un recul marqué de l’inflation à 9,26 % au premier quadrimestre de 2025, puis à 8,58 % au deuxième quadrimestre, traduisant l’effet combiné d’un resserrement des conditions monétaires, d’une amélioration de l’offre de biens importés et d’une atténuation progressive des chocs exogènes sur les prix.
La décélération s’est nettement accentuée au troisième quadrimestre de 2025, avec une inflation annualisée ramenée à 2,27 %, signalant une rupture significative par rapport aux niveaux historiquement élevés enregistrés au cours des périodes précédentes. Cette évolution reflète principalement la stabilisation du taux de change, la baisse des prix internationaux des produits énergétiques et alimentaires, ainsi qu’une transmission plus limitée des variations du franc congolais aux prix domestiques. Elle témoigne également d’un ancrage plus crédible des anticipations d’inflation, bien en deçà de la cible de la Banque Centrale du Congo fixée à 7 %.
À court terme, cette dynamique désinflationniste devrait se poursuivre. Selon les projections disponibles, l’inflation annualisée pourrait s’établir à 1,03 % au premier quadrimestre de 2026 (prévision), confirmant l’entrée de l’économie congolaise dans une phase de stabilité des prix quasi nominale. Ce scénario repose sur le maintien d’une politique monétaire prudente, une gestion budgétaire plus disciplinée et la poursuite d’un environnement international relativement favorable en matière de prix des importations.
Toutefois, malgré cette performance remarquable en matière de désinflation, des risques de retournement ne peuvent être exclus. Les fragilités structurelles persistantes, la dépendance aux financements monétaires indirects et le passé vulnérable du taux de change pourraient, en cas de choc budgétaire ou externe, raviver les pressions inflationnistes. Dans ce contexte, la consolidation durable de la stabilité des prix exigera une coordination renforcée entre les politiques monétaire et budgétaire, ainsi qu’un approfondissement des réformes visant à renforcer la crédibilité institutionnelle et la résilience macroéconomique.
Avec Congo Challenge

