Après Thabo Mbeki, artisan du Dialogue intercongolais de Sun City qui avait balisé la transition politique en République Démocratique du Congo, un autre poids lourd de la diplomatie africaine élève aujourd’hui la voix. Le Président angolais João Lourenço appelle, à son tour, les protagonistes de la crise congolaise à se retrouver autour d’une même table, dans le cadre d’un nouveau dialogue intercongolais, qu’il juge désormais incontournable.
Cet appel fort a été lancé à l’occasion de son discours lors de la cérémonie d’échange de vœux avec le corps diplomatique accrédité à Luanda. Dans une allocution à forte portée politique, le chef de l’État angolais a réaffirmé l’engagement constant de son pays en faveur de la paix sur le continent africain, avec un accent particulier sur la situation sécuritaire et politique en RDC.
«Nous n’avons ménagé aucun effort pour contribuer à la résolution des conflits sur le continent, parmi lesquels je souligne ceux qui touchent le Soudan et la République Démocratique du Congo », a déclaré João Lourenço.
Il a rappelé, à ce propos, le rôle central joué par l’Angola dans le processus de pacification de la RDC, notamment sa médiation qui a conduit à la signature de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington, le 4 décembre 2025.
SAISIR L’OPPORTUNITE DE FAIRE LA PAIX
Pour le Président Lourenço, cet accord constitue une étape majeure qui ouvre une fenêtre d’opportunité historique. « Il s’agit sans aucun doute d’un moment historique significatif, qui ne doit être gaspillé par aucune des parties », a-t-il insisté, soulignant la responsabilité collective des États et des acteurs concernés dans sa mise en œuvre effective, en vue d’une paix durable dans la région des Grands Lacs.
Mais au-delà des engagements diplomatiques et des accords internationaux, le dirigeant angolais estime que la stabilisation durable de la RDC passe aussi par un consensus interne. C’est dans cette perspective qu’il a plaidé avec insistance pour la tenue, sans délai, d’un dialogue intercongolais inclusif, impliquant à la fois les autorités gouvernementales et la société civile congolaise.
João Lourenço a également mis l’accent sur la nécessité d’appliquer scrupuleusement le cessez-le-feu négocié à Doha, au Qatar, entre le gouvernement congolais et le M23, le considérant comme un préalable indispensable à la décrispation du climat sécuritaire et politique. Pour lui, ce cessez-le-feu ne saurait rester lettre morte s’il veut servir de socle à une dynamique de réconciliation nationale.
À travers cet appel, l’Angola réaffirme sa posture de médiateur clé dans les crises régionales et relance le débat sur l’urgence d’un Dialogue intercongolais bis, présenté comme un levier essentiel pour consolider la paix, renforcer la cohésion nationale et tourner durablement la page des conflits à répétition en RDC.
Francis N.

