Ebola : un traitement préventif ouvre une nouvelle fenêtre d’espoir en RDC

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Alors que l’épidémie a franchi le seuil de 4.000 décès, un essai clinique mené en Ituri nourrit l’espoir de mieux protéger les personnes exposées au virus. Une avancée particulièrement attendue face au virus Bundibugyo, contre lequel les options thérapeutiques restent limitées.

Malgré l’ampleur de l’épidémie d’Ebola en République Démocratique du Congo, une lueur d’espoir se dessine sur le front de la riposte sanitaire. À Rwampara, dans la province de l’Ituri, plus de 250 personnes ayant été exposées au virus participent actuellement à un essai clinique destiné à déterminer si un traitement expérimental peut empêcher l’apparition de la maladie.

Baptisé EBO-PEP, cet essai, lancé en juillet, repose sur le principe de la prophylaxie post-exposition. Le traitement antiviral est administré à des personnes récemment en contact avec un cas confirmé, avec l’objectif de bloquer le développement de l’infection.

À terme, près de 1.000 adultes et adolescents de plus de 12 ans doivent participer à l’étude. Les volontaires sont suivis quotidiennement pendant 21 jours, puis jusqu’au 42ᵉ jour.

Pour les équipes médicales, l’enjeu est considérable. Le virus Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle, ne dispose pas encore d’un vaccin ni d’un traitement spécifiquement approuvé. L’essai EBO-PEP pourrait ainsi ouvrir une nouvelle voie dans la prise en charge des personnes à haut risque après une exposition au virus. Sur le terrain, cette perspective suscite déjà de l’espoir chez certains participants, dont plusieurs ont rejoint l’étude après avoir perdu une proche victime d’Ebola.

Pour le médecin investigateur Jacques Zawadi, qui travaille avec l’organisation médicale humanitaire ALIMA, la participation à l’essai constitue surtout une source d’espoir dans une situation sanitaire particulièrement éprouvante.

Une course contre le virus

L’épidémie reste toutefois préoccupante. Selon les dernières données officielles publiées le 2 octobre, la RDC comptait 8.300 cas confirmés et 4.018 décès, soit une létalité de 48,4 %. Plus de 2.000 personnes ont néanmoins réussi à guérir. Détectée en mai en Ituri, l’épidémie s’est depuis étendue à sept provinces du nord et de l’est du pays.

Dans plusieurs zones, la riposte demeure compliquée par l’insécurité, les déplacements de populations et les difficultés d’accès aux structures sanitaires. Ces contraintes rendent plus difficile le suivi des contacts et la détection rapide de nouveaux cas.

Face à cette situation, l’essai EBO-PEP représente une piste importante. S’il démontre l’efficacité du traitement expérimental, il pourrait offrir un nouvel outil de prévention aux personnes exposées au virus et renforcer considérablement l’arsenal de la riposte.

La bataille contre Ebola reste donc loin d’être gagnée. Mais au milieu des chiffres alarmants, la recherche médicale ouvre une perspective encourageante : prévenir la maladie chez les personnes exposées pourrait bientôt devenir une réalité.

Hugo T.

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