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Exécution des instructions présidentielles : Félix Tshisekedi hausse le ton et met la pression sur Suminwa

Vendredi en Conseil des ministres, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a haussé le ton face à la Première Ministre, Judith Suminwa, exigeant l’exécution rigoureuse et diligente de ses instructions restées, selon lui, sans suite. Réclamant un rapport détaillé et un inventaire exhaustif des directives présidentielles, le Chef de l’État inscrit sa démarche dans une logique de redevabilité et de discipline gouvernementale, n’excluant pas des mesures correctives pour garantir des résultats concrets et mesurables au service de l’intérêt général.

Le ton est monté d’un cran au sein de l’exécutif national. Vendredi, lors de la traditionnelle réunion du Conseil des Ministres, le Président Félix Tshisekedi a adressé un avertissement sans équivoque à la Première Ministre Judith Suminwa et à l’ensemble de son gouvernement. Au cœur des griefs du Chef de l’État : le manque de diligence dans la mise en œuvre de ses directives.

Selon des sources proches de la Présidence, Félix Tshisekedi a déploré que la plupart de ses instructions et directives, pourtant adoptées en Conseil des Ministres, restent à ce jour lettres mortes. Une situation qu’il ne semble plus disposé à tolérer, lui qui appelle à une «mise en œuvre diligente, rigoureuse et conforme » de sa vision.

Un inventaire exhaustif exigé dans les plus brefs délais

Face à ce constat d’échec, le Chef de l’État a actionné le levier de la redevabilité. Il a instruit la Première Ministre, avec l’appui de son Cabinet, de procéder dans les meilleurs délais à un « inventaire exhaustif, méthodique et documenté de l’ensemble des instructions présidentielles issues des réunions du Conseil des Ministres ».

Cet exercice, a-t-il souligné, n’est pas une simple formalité administrative. Il s’inscrit dans une «logique de redevabilité, d’évaluation objective et transparente des performances individuelles et institutionnelles ». L’objectif est clair : renforcer la discipline, la rigueur et la responsabilité au sein de l’équipe gouvernementale.

Des « décisions subséquentes » en cas de manquement

Le message présidentiel ne s’est pas arrêté à une simple demande de rapport. Félix Tshisekedi a prévenu que cet exercice d’évaluation conduirait, « le cas échéant, à des options, des décisions subséquentes et des mesures appropriées, y compris correctives ».

L’objectif affiché est de « garantir un rendement optimal conforme à ses attentes, aux engagements pris devant la Nation et aux exigences supérieures de l’intérêt général ». Une manière de rappeler que les ministres sont comptables de leurs actions, non seulement devant le Chef de l’État, mais aussi devant le peuple congolais.

La vision présidentielle comme boussole

Pour justifier cette pression accrue, le Président de la République a rappelé un principe fondamental : ses instructions «procèdent directement de sa vision et de ses priorités stratégiques ». À ce titre, elles engagent «sans équivoque la responsabilité tant collective qu’individuelle des Membres du Gouvernement ».

Cette exigence de résultats, a-t-il martelé, constitue un pilier de la bonne gouvernance, de la crédibilité de l’action publique et de l’efficacité de l’État. Dans le contexte actuel, «marqué par une exigence accrue de résultats concrets, mesurables, vérifiables et perceptibles par les citoyens », le Chef de l’État a prévenu que la passivité ne serait « en aucun cas tolérée ».

Quel avenir pour le gouvernement Suminwa ?

Cette mise en garde présidentielle intervient alors que le gouvernement Suminwa est encore dans sa phase de consolidation. Si la Première Ministre a jusqu’ici bénéficié de la confiance du Chef de l’État, ce coup de pression pourrait augurer d’un remaniement ministériel ou de sanctions ciblées contre les membres du gouvernement jugés peu performants.

Reste à savoir comment Judith Suminwa parviendra à impulser la dynamique attendue et à livrer, dans les temps impartis, les résultats exigés par un Président qui ne semble plus prêt à faire preuve d’indulgence. La balle est désormais dans le camp de la Primature.

Econews

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