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Freddy Mulumba sonne l’alarme : les Accords de Washington au cœur d’un débat explosif sur l’avenir géopolitique du Congo

Au Centre Arrupe de Lubumbashi, chercheurs, journalistes, étudiants et acteurs de la société civile ont confronté leurs analyses lors d’un débat passionné autour des Accords de Washington que la RDC s’apprête à signer avec le Rwanda, sous la médiation des États-Unis. Entre projection du documentaire « Les Mines du Sang » et interventions d’experts, la rencontre, organisée par « Renaissance congolaise » et l’IRDH, a mis à nu les enjeux brûlants des minerais stratégiques, la fragilité de l’État congolais et les risques d’un nouvel alignement géopolitique. Selon Freddy Mulumba, princupal orateur de ce forum, une conclusion s’impose : sans un État fort et visionnaire, la RDC ne pourra ni protéger ses ressources ni contrôler les partenariats qui redessinent son destin.

Au Centre Arrupe de Lubumbashi, un débat brûlant a réuni chercheurs, journalistes, étudiants et acteurs de la société civile autour des Accords de Washington que la RDC se prépare à signer avec le Rwanda, sous l’égide des Etats-Unis. Organisée par le Magazine « Renaissance congolaise » et l’IRDH, cette conférence-débat a été ponctuée par la projection du documentaire « Les Mines du Sang », déjà présenté à l’Université de Kinshasa et à l’Université pédagogique nationale.

Au cœur des échanges : la géopolitique explosive des minerais stratégiques.

Intervenant principal, le journaliste et politologue Freddy Mulumba Kabuayi wa Bondo, a replacé l’Accord de Washington dans une perspective historique, rappelant que la RDC n’en est pas à son premier partenariat stratégique fondé sur ses richesses minières.

Aussi, a-t-il rappelé les grands rendez-vous historiques qui ont scellé le sort de la RDC.

C’est comme l’année 1906  de l’ère Léopold II et des Anglo-Saxons, marquée par la création de l’Union Minière du Haut-Katanga (UMHK), de la Forminière et du chemin de fer BCK – un premier deal minerais contre contrôle colonial qui a laissé durablement les ressources du Katanga sous influence étrangère. Puis est venu le contrat chinois de 2008 sous Joseph Kabila, avec la signature du partenariat avec les entreprises chinoises sur base du deal « mines contre infrastructures »  conçu autour du projet Sicomines.

Enfin, il y a en 2025, l’Accord que la RDC se prépare à signer avec les Etats-Unis. Cet accord marque, selon Freddy Mulumba, « un nouvel alignement stratégique se dessine autour de Washington : minerais contre sécurité, avec probable protection des intérêts américains ».

Il a fait savoir que cet accord en gestation comporte trois volets majeurs, notamment : un accord de paix RDC–Rwanda signé aux États-Unis le 27 juin 2025 ; un partenariat sécuritaire RDC–USA ; une coopération triangulaire RDC–USA–Rwanda impliquant des sociétés privées américaines opérant sur les minerais stratégiques.

Un Accord à la croisée de la géopolitique et de la sécurité

Pour sa part, le politiste Patrick Mbala Malamba a insisté sur la nature profondément stratégique du deal.

« Pour le Rwanda, il s’agit avant tout d’une question géopolitique et géostratégique. Pour la RDC, l’accord combine géopolitique, stratégie de défense et impératifs sécuritaires », explique-t-il,

L’objectif global, rappelle-t-il, est de : « garantir l’intégrité et la souveraineté territoriale de chaque État ; prévenir les hostilités ; privilégier les mécanismes bilatéraux de résolution de conflits ; renforcer la coopération régionale ; favoriser stabilité et développement économique ».

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Modéré par Me Hubert Tshisuaka, coordinateur de l’IRDH, le débat qui s’en est suivi a été particulièrement animé.

Plusieurs intervenants ont fait mention, essentiellement du vide de puissance de l’État congolais, de l’absence d’une ligne politique cohérente sur les minerais stratégiques, du faible engagement des scientifiques, chercheurs et intellectuels dans les décisions nationales ainsi que de la fragilité de la doctrine géopolitique congolaise, encore inexistante.

A cet effet, de nombreuses voix ont appelé à un sursaut national en vue de rebâtir un État stratège, définir une doctrine minière claire, renforcer la diplomatie, tout en réaffirmant l’autodétermination du Congo face aux puissances concurrentes.

A bout des échanges, un message clair s’est dégagé : « Le Congo doit devenir une puissance pour protéger ses ressources ».

Néanmoins, la conférence a laissé une conviction centrale : « Sans un État fort, discipliné et visionnaire, la RDC ne pourra protéger ni ses minerais ni son avenir ».

C’est dire que, face à une Chine omniprésente, un Rwanda ambitieux et des États-Unis de plus en plus engagés, la bataille pour les ressources du Congo est plus que jamais géopolitique, économique et sécuritaire, a conclu Freddy Mulumba.

Oscar Bakandowa (CP)