L’Inspection Générale des Finances (IGF) engage une montée en puissance sans précédent de ses ressources humaines. Ce lundi, son Chef de service, Christophe Bitasimwa, a lancé simultanément deux vastes sessions de formation à l’École Nationale d’Administration (ENA) et à l’École Nationale des Finances (ENF). Plus de 500 agents et cadres sont concernés par ce programme ambitieux, axé sur la transformation numérique et le renforcement de l’éthique publique, avec l’objectif d’aligner l’administration de l’IGF aux exigences de performance fixées par le Chef de l’État. Prévue sur toute l’année, cette première phase de formation s’achèvera au mois de mai.
Sous un ciel kinois chargé de défis, l’Inspection Générale des Finances (IGF) a sonné, lundi dernier, la mobilisation générale de ses troupes. Le Chef de Service de l’IGF, Christophe Bitasimwa, a donné le coup d’envoi d’un vaste chantier de formation destiné à plus de 500 agents et cadres de l’institution. Un véritable « plan Marshall » des compétences qui se déploie simultanément au sein de deux institutions phares de la République : l’École Nationale d’Administration (ENA) et l’École Nationale des Finances (ENF).
Derrière ce qui pourrait sembler n’être qu’une énième session de recyclage se cache en réalité une urgence : celle d’adapter le gendarme financier de l’État aux mutations fulgurantes du siècle. Au programme de cette cure de jouvence intellectuelle, deux piliers sur lesquels l’IGF entend rebâtir sa crédibilité : la maîtrise des outils numériques et l’éthique républicaine.
Si l’on en croit les ardeurs du patron de l’IGF, il ne s’agit plus de simplement « suivre » l’évolution, mais de la devancer. « Christophe Bitasimwa voudrait s’assurer de la montée en compétence de chaque collaborateur », souffle-t-on dans les allées du pouvoir. L’objectif visé : tailler sur mesure une administration capable de répondre à l’exigence de performance édictée par le Chef de l’État.
La dualité des thèmes choisis est frappante. D’un côté, le numérique, outil moderne de transparence et de célérité; de l’autre, l’éthique, garde-fou contre les tentations qui guettent ceux qui manient les secrets du Trésor public. C’est admettre, en filigrane, que la technique sans la morale est une arme dangereuse, et que la vertu sans les moyens techniques est désormais insuffisante.

Course contre la montre
En coulisses, la machine est déjà en surchauffe. Les directeurs généraux de l’ENA et de l’ENF, présents à cette cérémonie de lancement, n’ont pas caché l’ampleur de la tâche. Conscients que le succès de cette formation conditionnera en partie la qualité des audits et contrôles à venir, ils ont pris acte du «challenge » qui les attend. Pour ces écoles, l’enjeu est double : il s’agit non seulement de former, mais aussi de «formater » un esprit nouveau au sein de l’administration publique.
Le programme s’étendra sur l’ensemble de l’année, signe que l’on ne corrige pas en un claquement de doigts des décennies de pratiques sédimentées. La première vague de ces ateliers intensifs s’achèvera en mai, livrant un premier verdict sur la capacité de l’institution à opérer sa mue.
À l’heure où la gestion des deniers publics est scrutée avec une loupe de plus en plus grossissante, cette mise à niveau massive de l’IGF sonne comme une déclaration de guerre à l’improvisation et aux «anciennes méthodes ». Reste à savoir si ce grand oral de la modernisation portera ses fruits sur le terrain, là où la réalité des comptes publics se heurte souvent à la rigidité des textes.
Pour Christophe Bitasimwa, le pari est lancé. La réponse des 500 agents, elle, se lira dans les prochains rapports.
Econews

