Entre contrôles routiers à répétition et nouvelle vague de recouvrement forcé, les autorités de la ville de Kinshasa durcissent le ton fiscal au point de susciter une vive indignation populaire. Après l’instauration de cinq contrôles routiers ciblant les automobilistes, l’Hôtel de ville annonce, à compter du 1er février 2026, le début du recouvrement forcé de l’Impôt sur les revenus locatifs (IRL) et de l’Impôt foncier (IF). Une offensive fiscale pilotée par la DGRK sous l’impulsion du Gouverneur Daniel Bumba Lubaki et de son Ministre provincial des Finances, Magloire Kabemba, qui fait craindre une véritable asphyxie économique des Kinois, déjà éprouvés par le coût élevé de la vie dans la capitale.
Les habitants et propriétaires de Kinshasa se préparent à une nouvelle vague de pression fiscale. À partir de ce dimanche 1er février 2026, la Ville lance une campagne de recouvrement forcé de l’Impôt sur les revenus locatifs (IRL) et de l’Impôt foncier (IF). Cette offensive, annoncée par le Ministre provincial des Finances, Magloire Kabemba, intervient quelques semaines seulement après le renforcement des cinq contrôles routiers pour documents obligatoires, créant un sentiment d’étau financier chez de nombreux kinois.
UNE DOUBLE OFFENSIVE FISCALE ET SECURITAIRE
Pour de nombreux citoyens et observateurs, ces mesures cumulées forment une stratégie délibérée des autorités urbaines pour «asphyxier» fiscalement les administrés afin de gonfler les caisses de la province.
«Ils ont décidé de nous asphyxier», résume amèrement un propriétaire immobilier sous couvert d’anonymat. «Entre les contrôles routiers à chaque carrefour et maintenant la traque aux impôts fonciers, on ne sait plus comment respirer. »
La méthode semble systématique. Depuis plusieurs mois, les automobilistes kinois dénoncent la multiplication des barrages pour la vérification obligatoire de cinq documents : la carte grise, l’assurance, le permis de conduire, le certificat de contrôle technique et la vignette. Ces contrôles, perçus comme souvent coercitifs et sources de racket, ont déjà alourdi le coût de la vie et de la circulation dans la mégapole.
Aujourd’hui, la cible s’élargit aux propriétaires immobiliers et aux bailleurs. La campagne de recouvrement forcé de l’IRL et de l’IF, portée par la Direction Générale des Recettes de Kinshasa (DGRK), promet d’être vigoureuse. Elle vise à récupérer les arriérés et à imposer un paiement strict pour l’année en cours. Les propriétaires craignent des pénalités élevées, des saisies, voire des poursuites judiciaires en cas de non-paiement.
MAGLOIRE KABEMBA, L’HOMME-CLE D’UNE POLITIQUE AGRESSIVE
Tous les regards sont tournés vers le Ministre provincial des Finances, Magloire Kabemba. Cet ancien proche collaborateur du gouverneur kabiliste André Kimbuta, considéré comme le «géniteur» du modèle de la Régie provinciale des recettes de Kinshasa (DGRK), aujourd’hui dupliqué à l’échelle nationale, est l’architecte de cette offensive. Son expertise en matière de mobilisation de revenus est mise au service du Gouverneur Daniel Bumba Lubaki.
Selon des sources politiques, un «deal» clair existerait entre les deux hommes : Magloire Kabemba doit alimenter les caisses de la ville par tous les moyens pour financer les projets – et peut-être les ambitions – du Gouverneur durant son mandat.
«Le deal est de lui amener autant d’argent pour gonfler son portefeuille pendant son mandat», affirme un analyste politique, sous couvert d’anonymat.
COLERE ET INCOMPREHENSION POPULAIRE
Sur le terrain, la colère monte. Les ménages, déjà étranglés par l’inflation et la vie chère, voient d’un mauvais œil ces prélèvements supplémentaires, dont ils questionnent la finalité réelle. «Où va cet argent ? On paie, mais on ne voit pas les retombées en services publics», interroge une habitante de la Commune de Gombe. Les associations de consommateurs et de propriétaires s’organisent pour demander plus de transparence sur l’utilisation de ces fonds.
L’Hôtel de ville, de son côté, justifie ces mesures par l’impérieux besoin de financer le développement urbain, l’assainissement, la voirie et la sécurité. Il argue que ces impôts existent dans la loi mais ont été faiblement recouvrés par le passé, privant la ville de ressources essentielles.
La suite des événements dépendra de la résistance des administrés et de la capacité des autorités à faire accepter cette politique.
A tout prendre, dans les ruelles et sur les artères de Kinshasa, le mois de février s’annonce particulièrement tendu entre les contribuables et les percepteurs.
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