Joseph Kabila tente de se replacer au centre de la scène politique en RDC. Mais, face à Félix Tshisekedi, il apparaît en réalité de plus en plus isolé. L’analyse de François Soudan dans La Semaine de JA sur RFI.
Depuis qu’il est rentré en RDC, à Goma, l’ancien président Joseph Kabila entend se poser en recours dans un pays qu’il décrit comme une «nation en détresse». Le «raïs» affirme que «l’accord électoral conclu avec Tshisekedi en 2018 n’a pas été respecté», et dénonce les enquêtes financières visant son entourage, ainsi que la levée de son immunité parlementaire, ouvrant la voie à un «éventuel procès par contumace», souligne François/Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, au micro de RFI.
Mais, sur le terrain des négociations de Washington et de Doha pour trouver une issue à la crise dans l’est du pays, «le problème, pour Joseph Kabila, c’est qu’il ne figure dans aucun de ces deux processus», rappellent Romain Gras et Romain Chanson dans l’article sur cette partie d’échecs très serrée à paraître dans le prochain numéro de Jeune Afrique et le 23 juin sur Jeune Afrique.com.
RELATIONS AVEC LE RWANDA ET LE M23
Autre écueil, pour l’ancien président congolais : «l’ambiguïté de ses relations avec le Rwanda et avec le M23». Tandis que Kabila semble bien décidé à obtenir un changement de régime à Kinshasa, ses alliés sont dans une «logique de contrôle des deux Kivu comme zone tampon sécuritaire pour le Rwanda, et comme zone d’influence communautaire pour le M23 », analyse François Soudan. «Dans le jeu de Kigali, Joseph Kabila apparaît comme une carte pour faire pression sur Félix Tshisekedi, rien de plus.»
Dans le même temps, le chef de l’État congolais «est en train de compenser, sur les plans diplomatique et politique, les revers de son armée sur le plan militaire». Outre l’obtention de la résolution de l’ONU demandant le retrait du M23, il a également pu se présenter en rassembleur par le biais d’une «accolade spectaculaire avec Martin Fayulu», pourtant l’un de ses opposants les plus acharnés.
Si la balance semble pencher pour l’heure dans le sens de Tshisekedi, François Soudan observe cependant que le piège, pour Tshisekedi, serait de «sous-estimer ce retour ».
Avec Jeune Afrique

