jean paul mbuebua kapo ass prov kasai oriental 24 jpeg 711 473 1

Kasaï-Oriental : le gouverneur déchu Jean Paul Mbwebwa saisit la Cour constitutionnelle pour contester sa mise en accusation

Deux jours après sa mise en accusation par l’Assemblée provinciale du Kasaï-Oriental pour détournement de fonds destinés à la relance de la société minière MIBA, le gouverneur déchu Jean Paul Mbwebwa Kapo a officiellement saisi la Cour constitutionnelle. Cette démarche vise à contester la légalité de la procédure ayant conduit à sa destitution.

Un récépissé du greffe de la haute juridiction, consulté par la rédaction d’Econews et daté du 15 mai 2025, confirme l’introduction de cette requête. Dans son recours, l’ancien gouverneur soulève plusieurs irrégularités, qu’il qualifie de “violations des droits fondamentaux et des règles de procédure parlementaire”.

Jean Paul Mbwebwa considère que la décision de l’organe délibérant provincial repose sur des motivations purement politiques, sans fondement juridique. Il demande ainsi à la Cour constitutionnelle d’annuler la mise en accusation, dénonçant ce qu’il perçoit comme une manœuvre orchestrée pour l’évincer du pouvoir.

Du côté de l’Assemblée provinciale, les députés assurent avoir agi dans le strict respect de la loi. En revanche, des voix s’élèvent au sein de l’UDPS, le parti présidentiel dont le gouverneur est membre. Ses proches dénoncent une cabale politique fomentée par certains élus locaux, visant à affaiblir leur camp à l’approche de prochaines échéances électorales.

Selon la législation en vigueur en République démocratique du Congo, une mise en accusation validée peut entraîner la suspension, voire la déchéance d’un gouverneur, si les faits reprochés sont jugés fondés par les juridictions compétentes. Il revient désormais à la Cour constitutionnelle de statuer sur la recevabilité de la requête et, le cas échéant, de se prononcer sur le fond du dossier.

L’issue de cette affaire pourrait avoir des répercussions importantes sur la stabilité politique dans la province du Kasaï-Oriental, déjà marquée par de fortes tensions entre institutions.

Tighana MASIALA