Gecoco

Kinshasa : quel Gouverneur pour faire « sourire » Félix Tshisekedi ? (Tribune de Rombaut Kasongo)

À Kinshasa, où les immondices ont été dissimulées sous des bâches lors de la visite de l’Émir du Qatar, la question du leadership provincial revient avec force. Après le sévère rappel à l’ordre de Félix Tshisekedi sur l’insalubrité chronique de la capitale, les Kinois s’interrogent : quel Gouverneur pourra enfin redonner fière allure à la ville et satisfaire les exigences du Chef de l’État ? Pour beaucoup, l’heure n’est plus aux slogans mais à l’action — et un nom revient avec insistance : celui de Gecoco Mulumba, l’ex-Vice-Gouverneur sous Ngobila dont les actions concrètes continuent de marquer les esprits. Tribune de l’analyste indépendant, Rombaut Kasongo.

Les habitants de Kinshasa ont été surpris, lors de la visite d’État de l’Émir du Qatar, Sheikh Tamim Bin Hamad Al Thani, le 21 novembre dernier, de voir que l’Hôtel de ville avait installé des panneaux publicitaires sur la quasi-totalité des artères empruntées par son cortège, de l’aéroport international de N’Djili jusqu’à la Cité de l’Union africaine. Ces bâches avaient un autre objectif : masquer les immondices qui s’amoncellent dans la capitale, afin que l’hôte du président de la République, Félix Tshisekedi, et sa délégation n’en aient pas connaissance.

Cette astuce trouvée par le gouvernement provincial pour camoufler la saleté n’a certainement pas échappé au chef de l’État, ni trompé sa vigilance.

En effet, une semaine avant l’arrivée de l’Émir du Qatar, Félix Tshisekedi avait dressé, lors de la 67ᵉ réunion du Conseil des ministres, un constat sans appel : « Les amas d’immondices qui jonchent les avenues, l’insalubrité des marchés, les caniveaux obstrués et les déchets plastiques envahissant les cours d’eau traduisent un manque de suivi manifeste dans la gestion de la salubrité publique ». Il avait prévenu que « toute défaillance avérée sera sanctionnée de manière exemplaire, sans indulgence ». Pour Félix-Antoine Tshisekedi, « il n’est plus question de tolérer la négligence, l’inaction, ni la complicité dans un domaine aussi essentiel que la salubrité publique ».

Dès lors, une question s’impose : quel Gouverneur pour Kinshasa afin de faire « sourire » le chef de l’État ? Au vu des plaintes exprimées par le président de la République et du stratagème employé par l’Hôtel de ville pour dissimuler les ordures, nombreux sont les Kinois qui estiment que la capitale mérite un Gouverneur pragmatique, prêt à prendre le taureau par les cornes.

« Kinshasa n’a plus besoin d’un Gouverneur qui viendra nous endormir avec des slogans creux, mais d’une personne qui connaît les problèmes de la ville et qui apporte des solutions pratiques », affirment plusieurs habitants de la capitale. Pour répondre à la volonté du chef de l’État de voir sa ville natale retrouver son lustre d’antan, nombre de Kinois pensent que l’oiseau rare n’est pas à chercher loin. Il appartient au parti présidentiel et a déjà fait ses preuves en matière de lutte contre l’insalubrité à Kinshasa. Cet « oiseau rare » se nomme Gérard Mulumba, dit Gecoco Mulumba. L’actuel sénateur avait marqué les esprits par des actions d’éclat lors de son bref passage, en tant que vice-gouverneur, au poste de gouverneur intérimaire de Kinshasa.

En quelques jours, il avait montré qu’avec peu de moyens mais une réelle volonté, Kinshasa peut devenir une ville moderne, propre, salubre et agréable à vivre. Avec lui, les Kinois constataient, ici et là, un changement tangible.

C’est sous son mandat que la modernisation de l’avenue Poids-Lourds avait été lancée, ainsi que celle de certains carrefours (Huileries et Gambela). Gecoco avait également initié l’opération d’évacuation des épaves et garages pirates qui pullulent dans la capitale.

Un ticket UDPS (Gecoco Mulumba) – MLC (vice-gouverneur) pourrait constituer un moteur pour offrir à Kinshasa le visage,  ou mieux, l’image qu’elle mérite. L’un des principaux alliés du chef de l’État, Jean-Pierre Bemba, pèsera certainement de tout son poids pour inculquer au candidat de son parti la culture de la gagne.

Rombaut Kasongo

Analyste indépendant