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La Flandre lâche le Rwanda : le Parlement bruxellois exige la suspension des accords économiques avec Kigali

 

Dans un vote historique sans précédent, le Parlement flamand a adopté mercredi une résolution qui cloue au pilori le régime de Paul Kagame. Avec 89 voix pour, 0 contre et 26 abstentions, l’assemblée régionale belge reconnaît juridiquement l’agression rwandaise contre la RDC et exige la suspension immédiate de tous les accords économiques conclus entre l’Union européenne et Kigali. Une victoire retentissante pour la diaspora congolaise, qui prouve que la mobilisation citoyenne peut faire plier les institutions.

C’est un camouflet diplomatique majeur pour Kigali, et il vient de Bruxelles. Le Parlement flamand, siégeant dans la capitale belge, a infligé un revers cinglant au Rwanda en adoptant la résolution 593 (2025-2026). Le texte, voté par 89 députés, n’a essuyé aucun vote contre, seules 26 abstensions venant tempérer un consensus politique quasi unanime.

Le message est clair, et il est sans appel. La résolution exige le retrait immédiat et inconditionnel des troupes rwandaises et des rebelles de l’AFC/M23 du territoire congolais. Mais elle va bien plus loin en s’attaquant au nerf de la guerre : l’économie. Les députés flamands réclament en effet la suspension immédiate de tous les accords économiques liant l’Union européenne au Rwanda, dénonçant implicitement le rôle de ces partenariats dans l’approvisionnement du conflit.

UNE RECONNAISSANCE HISTORIQUE DE L’AGRESSION

Au-delà des mesures concrètes, ce texte pose un acte juridique et mémoriel fort. Le Parlement flamand reconnaît officiellement «l’agression de la RDC par le Rwanda, en violation de la Charte des Nations unies». Plus encore, il souligne «le caractère prolongé de cette agression, qui dure depuis plus de 30 ans», et rappelle qu’il s’agit du conflit «le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale», un drame «largement ignoré par la communauté internationale et le grand public».

Cette reconnaissance met fin au déni ou à la tiédeur dont ont souvent fait preuve les instances internationales face aux ingérences répétées de Kigali chez son voisin.

La diaspora en première ligne

Derrière ce coup d’éclat diplomatique, il y a des visages et une organisation. Melissa Zalo, chargée des Relations internationales de la société civile de la diaspora congolaise Europe-USA, était aux premières loges. Pour elle, c’est «une victoire de la mobilisation citoyenne. C’est la preuve que lorsque la diaspora s’organise, elle pèse».

Dès l’annonce du vote, elle et d’autres représentants de la communauté congolaise ont rencontré les initiateurs de la résolution : Karl Vanlouwe, Kelly Van Tendeloo, Gilles Bultinck et Nawal Magroud. L’objectif n’était pas seulement de les féliciter, mais de verrouiller l’après-vote.

«Nous avons exigé la mise en place d’un cadre de travail concret afin d’unir nos forces et d’intensifier la pression politique jusqu’à ce que justice soit rendue et que la paix durable devienne une réalité en République démocratique du Congo», a-t-elle déclaré.

UN COMBAT QUI NE FAIT QUE COMMENCER

Le vote flamand est un symbole puissant, mais la route est encore longue. La résolution invite désormais le gouvernement flamand à accorder une attention particulière à la RDC et à examiner les possibilités de contribution de la Flandre au développement économique du pays. Une manière de préparer l’après-conflit et de positionner la région comme un partenaire de la reconstruction.

Pour la diaspora, c’est un premier pari gagné, mais l’alerte est lancée. «Nous ne nous fatiguerons pas. Nous ne reculerons pas. Nous serons présents partout où l’on parlera de la RDC», prévient Melissa Zalo. Un avertissement aux entreprises et gouvernements qui continueraient à traiter avec Kigali sans se soucier des conséquences pour les populations de l’Est.

Ce vote flamand pourrait bien faire des émules dans d’autres parlements européens, mettant une pression croissante sur l’Union européenne pour qu’elle révise sa stratégie d’apaisement systématique envers le Rwanda.

Econews

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