À peine quelques jours après la signature solennelle, le 4 décembre 2025 à Washington, d’un Accord de paix entre la RDC et le Rwanda, la guerre a repris de plus belle dans l’Est du pays. La chute d’Uvira, ville stratégique du Sud-Kivu, est venue balayer les illusions diplomatiques et réveiller une vieille question : à quoi servent les accords internationaux lorsqu’ils ne tiennent pas face à la réalité du terrain ?
Parrainé par le président américain Donald Trump, l’Accord de Washington était présenté comme un tournant, sinon comme une planche de salut. Dans les faits, il apparaît aujourd’hui comme un texte fragile, déconnecté des dynamiques militaires et géopolitiques qui structurent le conflit congolais. La progression de la coalition AFC/M23 vers les provinces minières du Grand Katanga, cœur économique du pays, sonne comme un désaveu cinglant de cette médiation américaine et nourrit une profonde désillusion au sein de l’opinion publique congolaise.
Face à cet échec apparent, Félix Tshisekedi semble avoir compris une leçon que l’histoire de la région n’a cessé de répéter : la paix en RDC ne se négocie pas uniquement dans les salons feutrés de grandes puissances, mais d’abord dans la sous-région.
Son aller-retour express à Luanda dimanche pour rencontrer le président angolais João Lourenço, s’inscrit dans cette logique de retour aux alliances de proximité. Une visite sans communiqué détaillé, sans révélations officielles, mais lourde de symboles.
Que se sont dit les deux chefs d’État ? Officiellement, rien n’a filtré. Politiquement, le message est pourtant clair : déçu par Washington, Tshisekedi revient vers Luanda.
L’Angola, acteur central des équilibres sécuritaires en Afrique centrale et australe, redevient un recours stratégique face à ce qui ressemble de plus en plus à une pieuvre régionale étouffant l’Est congolais. Dans ce contexte, la diplomatie congolaise tente de se raccrocher à des partenaires qui partagent, non seulement des intérêts, mais aussi une lecture plus réaliste des menaces.
Ce mouvement ne devrait pas s’arrêter là. Tout indique que Félix Tshisekedi pourrait prochainement se tourner vers le doyen de la sous-région, Denis Sassou Nguesso, en République du Congo. Un autre pilier régional, rompu aux médiations africaines, capable de peser dans les équilibres politiques et sécuritaires de la région des Grands Lacs.
Reste une interrogation fondamentale : ce retour aux alliés régionaux suffira-t-il là où la médiation américaine a échoué ? La RDC semble, une fois de plus, chercher son salut dans un jeu diplomatique complexe, oscillant entre promesses lointaines des grandes puissances et réalités immédiates de la sous-région.
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