
Washington, 4 décembre 2025. Un accord de paix est signé sous l’égide de Donald Trump. Presque un an plus tard, en marge de la 81ᵉ Assemblée générale de l’ONU, Massad Boulos, conseiller Afrique de Trump, l’admet sur France 24 : « Les accords de Washington ne sont pas encore pleinement appliqués. »
L’aveu est tardif, mais précieux. Il confirme l’essentiel : le texte n’a pas changé le rapport de forces dans l’Est de la RDC. Les combats entre forces loyalistes et coalition AFC/M23 continuent. Cessez-le-feu violé, retrait des forces étrangères non effectif, vérification fragile, civils toujours pris pour cibles. Boulos parle d’un « point de départ » et d’un processus « qui va prendre du temps ». Dans l’Est, le temps se paie en morts et en déplacés.
L’échec n’est pas l’accord en lui-même. C’est son orphelinat : absence de pression régionale contraignante, de sanctions crédibles, d’appropriation congolaise. Les racines du conflit — gouvernance prédatrice, impunité, minerais, instrumentalisation identitaire — restent intactes.
L’aveu de Massad Boulos a au moins un mérite : il brise l’illusion. Il nous rappelle que la paix n’est pas un slogan, ni un document, ni une photo de poignée de main. La paix est un combat de tous les instants, une construction patiente, fragile, exigeante.
L’Est de la RDC n’a pas besoin de nouveaux accords. Il a besoin d’une volonté politique réelle, d’une pression internationale constante, et d’une appropriation locale authentique.
Tant que ces trois conditions ne seront pas réunies, l’équation de la paix restera sans solution. Et les habitants de Goma, de Bukavu, de Beni continueront de payer le prix du sang d’une diplomatie qui, trop souvent, préfère les effets d’annonce aux effets sur le terrain.
La Rédaction


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