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Le grand jeu de Trump

Le slogan était prévisible, la méthode l’est tout autant : « Make America Great Again » passe désormais par les sous-sols de l’Afrique. 

En convoquant la RDC, le Kenya et la Guinée à Washington, le 4 février prochain, Donald Trump ne se contente pas de diplomatie classique; il dessine une nouvelle carte de la souveraineté technologique américaine, avec une obsession claire : briser l’hégémonie chinoise sur les minerais critiques.

Le constat est pragmatique, presque brutal. Pour construire des avions de combat, des missiles, des smartphones ou des véhicules électriques, l’Oncle Sam a besoin de cobalt, de lithium et de coltan. En sécurisant l’accès aux gisements congolais, guinéens et ké-nyans, l’administration Trump traite les ressources minières comme des actifs de sécurité nationale. L’accord du 4 décembre 2025 avec Kinshasa n’était que le premier acte. Ce sommet de février marque l’offensive générale.

En invitant le Président Félix Tshisekedi, le Ministre Louis Watum Kabamba et les dirigeants de la Gécamines, Washington envoie un message limpide : les États-Unis ne veulent plus être de simples clients, ils veulent être les partenaires structurants de la chaîne d’approvisionnement.

L’approche de Trump repose sur un pari audacieux, résumé par sa formule choc  : « Tout le monde va gagner beaucoup d’argent ».

Pourtant, une ombre plane sur ce tableau idyllique. Si l’accord de décembre 2025 prévoyait une coopération économique entre la RDC et le Rwanda pour tracer les minerais, la réalité du terrain reste fragile. Trump mise sur le pragmatisme commercial pour éteindre les incendies diplomatiques : si le profit est au rendez-vous, les armes se tairont-elles ? C’est le pari de la « diplomatie du portefeuille ».

Le timing du sommet, coïncidant avec le « National Prayer Breakfast », souligne l’influence des réseaux conservateurs et chrétiens dans cette nouvelle ère diplomatique.

Félix Tshisekedi semble avoir compris les codes de cette nouvelle administration en se rendant en personne à Washington. Cependant, pour Kinshasa, l’enjeu dépasse la simple photo de famille.

En soumettant une liste d’actifs publics (manganèse, cuivre, or…), la RDC joue gros. Elle espère transformer ses richesses géologiques en levier de développement et de sécurité, tout en évitant d’être broyée dans l’étau de la rivalité USA-Chine.

KUEDIAS

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