Bahati 1024x601 1

Le test de loyauté

Au sein de l’Union sacrée de la nation (USN), la question du changement de la Constitution s’impose progressivement comme un marqueur politique majeur. Dans la majorité qui soutient le Président Félix Tshisekedi, le débat ne se limite plus à une réflexion juridique ou institutionnelle : il devient un véritable indicateur d’alignement politique.

À l’origine de la controverse, l’initiative du Sénateur Modeste Bahati Lukwebo, qui avait publiquement évoqué l’idée d’ouvrir la discussion autour de la révision constitutionnelle. La réaction au sein de la majorité n’a pas tardé. L’épisode a provoqué des remous politiques et suscité des mises au point fermes, révélant la sensibilité extrême de ce dossier dans l’architecture actuelle du pouvoir.

Au cœur du débat se trouve l’Article 220 de la Constitution de la République Démocratique du Congo, considéré comme un verrou institutionnel. Ce dispositif interdit notamment toute révision touchant au nombre et à la durée des mandats présidentiels.

Pour certains acteurs de la majorité, ce verrou constitutionnel constitue un obstacle politique majeur pour l’avenir du Chef de l’État. Pour d’autres, il représente un pilier fondamental de l’équilibre institutionnel issu de la Constitution de 2006.

Dans ce contexte, la discussion sur une éventuelle révision de la Loi fondamentale dépasse désormais le simple cadre académique ou parlementaire. Elle s’installe au cœur des rapports de force politiques. Au sein de la majorité présidentielle, le soutien à cette perspective semble progressivement devenir un critère de fidélité politique.

Ce glissement du débat constitutionnel vers un instrument de positionnement politique traduit l’intensification des enjeux autour de l’avenir institutionnel du pays. Entre défense de l’ordre constitutionnel actuel et aspirations à une reconfiguration du cadre politique, la majorité au pouvoir se retrouve face à une équation délicate.

Ainsi, la question du changement de la Constitution ne se limite plus à un débat juridique. Elle révèle désormais les lignes de fracture, les ambitions et les calculs qui traversent la scène politique congolaise à l’approche des prochaines échéances.

Econews

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *