L’illusion de la victoire

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Alors que les discours officiels à Kinshasa tendent parfois à teinter la situation d’un optimisme prématuré, la réalité du terrain offre un rappel brutal : la bataille contre le virus Ebola est loin d’être gagnée. 

Plus que l’épidémie s’enracine profondément dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC), la diplomatie sanitaire internationale s’accélère.

À l’initiative de Washington, une réunion d’urgence consacrée à la riposte contre le virus se tiendra ce 23 septembre à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies et dans le sillage du G20.

Diagnostiquée depuis mai dernier, l’épidémie progresse à un rythme alarmant. La tenue de cette rencontre au plus haut niveau, saluée par Africa CDC et marquée par la présence de son Directeur général, le Dr Jean Kaseya, aux côtés des autorités congolaises et ougandaises, témoigne de la gravité de l’heure.

Si l’Ouganda a pu déclarer la fin de son épidémie le 27 août dernier et que quelques progrès encourageants sont observés dans certaines zones de l’Ituri, ces avancées ne doivent en aucun cas servir de prétexte à l’autosatisfaction.

Comme le souligne fort justement Africa CDC, la transmission du virus reste active et la situation globale demeure hautement préoccupante. Crier victoire trop tôt ou relâcher la vigilance serait une erreur stratégique tragique. Face à un ennemi aussi imprévisible qu’Ebola, l’apaisement discursif ne saurait remplacer la rigueur de la riposte opérationnelle.

Ce rendez-vous de New York remet également au centre du débat la question cruciale de la gestion des ressources. L’appel du Dr Jean Kaseya en faveur d’une traçabilité totale des financements — « du donateur jusqu’aux résultats sur le terrain » — met le doigt sur une exigence fondamentale : la transparence.

Pour que la riposte soit efficace, il est impératif que chaque dollar engagé se traduise par des actions concrètes auprès des populations vulnérables et du personnel soignant.

L’heure n’est donc pas aux assurances lénifiantes, mais à l’intensification des efforts, à la responsabilité budgétaire et à une solidarité internationale sans faille.

Le combat continue, et la prudence doit rester le seul mot d’ordre.

Econews

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