Dans le cadre de la lutte contre la fraude pétrolière, la République Démocratique du Congo a renforcé son dispositif de contrôle grâce au marquage moléculaire des carburants. Mis en œuvre par l’entreprise congolaise MAMO RDC SARL, en partenariat avec la société américaine Authentix Inc., ce système de traçabilité a permis à l’État congolais de récupérer plus de 66 millions de dollars américains au titre des Pertes et Manques à Gagner (PMAG). Cette technologie, qui contribue à sécuriser les recettes publiques, a également accompagné une hausse spectaculaire des recettes pétrolières, estimée à près de 1.700 % en 2025, grâce à un meilleur contrôle et à la suspension de certaines exonérations. Le programme, désormais déployé sur l’ensemble du territoire, participe à l’assainissement du secteur et à la modernisation de la gouvernance énergétique en RDC. Décryptage.
Dans la lutte contre la fraude et la contrebande des produits pétroliers, la République démocratique du Congo s’appuie sur un outil technologique de traçabilité : le marquage moléculaire des carburants. Mis en œuvre avec l’appui de l’entreprise congolaise MAMO RDC SARL, ce système contribue à sécuriser les recettes de l’État et à renforcer la transparence dans un secteur longtemps fragilisé par les pratiques illicites.
Selon les autorités financières, la réforme de la fiscalité pétrolière engagée par le gouvernement en 2025 a permis une hausse spectaculaire des recettes pétrolières, atteignant près de 1.700 % d’augmentation. Cette performance est notamment attribuée au renforcement des contrôles, à la suspension de certaines exonérations à l’importation des produits pétroliers et à l’amélioration des mécanismes de traçabilité.
Un outil technologique au service de la traçabilité
Le marquage moléculaire consiste à introduire dans les carburants des marqueurs chimiques invisibles, permettant d’identifier l’origine et la destination de chaque produit pétrolier tout au long de la chaîne d’approvisionnement.
Ce système permet aux autorités de : identifier l’origine des carburants ; détecter les produits frauduleux ou de contrebande ; contrôler la qualité des carburants sur le marché ; sécuriser la perception des taxes et droits d’accise
Grâce à cette technologie, les services de contrôle peuvent effectuer des analyses rapides sur le terrain et retracer la provenance des produits suspects.
MAMO, partenaire technique du programme
La mise en œuvre du programme de marquage moléculaire en RDC repose sur un partenariat entre le gouvernement et MAMO RDC SARL, une entreprise congolaise spécialisée dans les solutions de traçabilité pétrolière.
Basée dans la commune de Ngaliema à Kinshasa, l’entreprise dispose également de représentations opérationnelles dans les zones Sud et Est du pays.
Dans ce cadre, MAMO travaille en collaboration avec la société américaine Authentix Inc., spécialisée dans les technologies de marquage et d’authentification des produits énergétiques.
Le programme, initialement déployé dans la zone Ouest, a progressivement été étendu à d’autres régions stratégiques du pays afin de renforcer la lutte contre la fraude pétrolière sur l’ensemble du territoire.
Plus de 66 millions USD récupérés pour l’État
Les résultats enregistrés depuis la mise en place du programme sont significatifs. Selon les données disponibles, les opérations de traçabilité ont permis à l’État congolais de récupérer plus de 66 millions de dollars américains au titre des Pertes et Manques à Gagner (PMAG) dans le secteur pétrolier.
Dans le détail, l’Etat a récolté 22 millions USD concernent la zone Ouest ainsi que 44 millions USD proviennent des zones Sud, Est et Nord
Ces montants résultent principalement des opérations de contrôle et de régularisation liées à la détection des carburants frauduleux ou non déclarés.
Pour les autorités, ces résultats illustrent l’importance des outils de traçabilité dans la sécurisation des recettes publiques.

Une contribution à l’assainissement du secteur pétrolier
Au-delà de la mobilisation des recettes, le marquage moléculaire contribue également à assainir le secteur pétrolier, longtemps affecté par la contrebande transfrontalière et les pratiques frauduleuses.
En identifiant précisément les produits circulant sur le marché, le système permet, entre autres, de : lutter contre le détournement de carburants subventionnés ; réduire l’évasion fiscale dans le secteur pétrolier ; améliorer le contrôle de la distribution des carburants ; et garantir la conformité des produits mis en vente
Dans un contexte où plusieurs pays africains ont déjà adopté ce type de dispositif, la RDC rejoint ainsi les États qui misent sur la technologie et la traçabilité pour renforcer la gouvernance du secteur énergétique.

Un programme stratégique pour l’économie nationale
Pour le gouvernement, la mise en place du marquage moléculaire s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la transparence, améliorer la mobilisation des recettes fiscales et sécuriser les subventions accordées au secteur énergétique.
Au-delà de son impact fiscal, le programme contribue également à la création d’emplois. MAMO RDC SARL génère aujourd’hui plus de 158 emplois directs, sans compter les nombreux emplois indirects et les prestataires impliqués dans les opérations de contrôle et de suivi.
À mesure que le programme se déploie à l’échelle nationale, les autorités espèrent réduire durablement les pertes fiscales liées à la fraude pétrolière et consolider la rigueur dans la gestion du secteur des hydrocarbures.
Dans cette dynamique, le marquage moléculaire s’impose progressivement comme un levier stratégique pour la modernisation et la sécurisation des recettes pétrolières en République Démocratique du Congo.
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