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Nativité 2025 et Nouvelle Année 2026 : le Rév. Dr A.G. Bokundoa appelle à la refondation spirituelle et nationale du Congo

À travers sa lettre pastorale publiée à l’occasion des festivités de la Nativité de Jésus-Christ 2025 et de la Nouvelle Année 2026, le Rév. Dr André-Gédéon Bokundoa-Bo-Likabe, président national de l’Église du Christ au Congo, propose une lecture à la fois spirituelle et citoyenne de la crise profonde que traverse la République Démocratique du Congo. S’appuyant sur la prophétie d’Ésaïe, il établit un parallèle entre le peuple biblique plongé dans les ténèbres et la situation actuelle du pays, marquée par les violences, les divisions et la perte d’espérance collective. Face aux limites des solutions humaines, il présente l’amour incarné de Dieu comme la réponse centrale aux défis nationaux, en insistant sur trois axes majeurs : la réconciliation de l’homme avec Dieu, la restauration de la fraternité entre les Congolais et l’amour de la Patrie comme fondement du vivre-ensemble, de la paix et du développement durable.

Lettre Pastorale du Rév. Dr. André-Gédéon BOKUNDOA-BO-LIKABE, Président National de l’Eglise du Christ au Congo pour les festivités de la Nativité de Jésus-Christ 2025 et de la Nouvelle année 2026

Thème : « Un Enfant nous est né et un Fils nous est donné pour incarner l’amour de Dieu dans nos cœurs ». Esaïe 9,6.

Bien-aimé (e)s dans le Seigneur et Chers compatriotes,

Que la grâce et la paix vous soient accordées de la part de Dieu le Père et de Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur !

La promesse de la naissance de Jésus-Christ que nous commémorons en ce jour est la réponse de la miséricorde et de la compassion de Dieu envers son peuple qui vivait dans l’angoisse et l’opprobre, un peuple qui marchait dans les ténèbres et habitait le pays de l’ombre de la mort. Un peuple caractérisé par le joug qui pesait sur lui, le bâton qui frappait son dos et la verge qui l’opprimait. L’amour de Dieu a mis fin à cette situation calamiteuse où les ténèbres ont été changées en lumière, l’opprobre en gloire et l’oppression en liberté, redonnant ainsi une espérance pour l’avenir.

Il se dégage une similitude frappante entre la description d’Esaïe et la situation de crise que traverse notre pays. Aujourd’hui, notre société est confrontée à une crise multiforme qui secoue le mythe fondateur de notre Nation, supprime la vie des milliers des compatriotes, trouble les esprits des fils et filles du Pays, attise la haine et les divisions parmi nos communautés, dépouille la souveraineté du peuple, plonge la population dans un désespoir et jette la confusion sur notre devenir commun.

Bien-aimé (e)s dans le Seigneur et Chers compatriotes,

Et en ces temps où toutes les solutions humaines à la présente crise montrent leurs limites, la nativité de Jésus-Christ qui nous révèle le mystère de l’incarnation de l’amour du Père Céleste s’impose aussi comme la seule et l’unique réponse divine aux défis de notre société en crise susceptible d’apporter une paix durable et un vivre-ensemble harmonieux dans un monde juste.

L’amour de Dieu pour l’humanité reste la seule voie de solution pour sauver l’âme de notre Nation et rebâtir solidement le mythe fondateur de notre existence en tant que Peuple. Et cet amour nous enseigne trois dimensions fondamentales :

Premièrement, la dimension verticale de l’amour divin. Car, Dieu nous a aimés le premier et « s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme. » La finalité de cet amour est de nous enseigner le prix à payer pour une paix durable et un vivre-ensemble durable. (Ph 2, 6).

Paul nous dit : « Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n’imputant point aux hommes leurs offenses… » (2 Co 5, 19).

Le Seigneur a pu restaurer, grâce à son humilité et à son esprit de serviteur, un véritable dialogue spirituel rompu avec l’homme depuis le jardin d’Eden (Gn. 3, 9) aux fins d’apporter à tous les hommes la vraie solution conformément à leurs réalités propres.

La réponse de l’homme à cet amour de Dieu consiste à l’aimer en retour et chercher à se réconcilier avec lui (2 Co 5, 20). Et un homme réconcilié avec Dieu devient un artisan ou un porteur de l’amour de Dieu. Il ne vit plus sous la colère de Dieu, mais devient le canal des bontés divines.

Deuxièmement, la dimension horizontale de l’amour divin dans les cœurs des hommes. Il est écrit : « Si quelqu’un dit : j’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur, car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? Et nous avons de lui ce commandement : Que celui qui aime Dieu, aime aussi son frère ». (1 Jn 4, 19-21).

Grâce à l’amour du prochain, le Seigneur a pu restaurer, dans les cœurs des hommes, un véritable dialogue social rompu depuis la première scène de crime dans la Bible entre Caïn et Abel. (Gn 4, 1-9).

Le vécu spirituel en RDC montre un grand amour envers Dieu et une froideur, voire de la haine envers les prochains. L’amour de Dieu nous oblige d’aimer nos semblables. L’Apôtre Jean dit à propos : « Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres (1 Jn 4, 11).

Troisièmement, la dimension transcendantale de l’amour divin. Car, Dieu nous apprend à aimer la Patrie au-delà de nos intérêts personnels, en faisant d’elle le principal sujet de notre fierté ou notre joie, en devenant artisans de paix, du vivre-ensemble et du développement (Mt 5, 44 et Jg 6,1-10).

L’amour de la Nation doit nous pousser à la protection de l’intégrité du territoire national, à assurer la grandeur du pays et veiller à une cohabitation pacifique  autour des idéaux tels que la justice, la paix, le travail, l’unité, le progrès, la liberté, la fraternité, la solidarité, la démocratie, le civisme, l’intégrité et le respect des droits fondamentaux.

Bien-aimés dans le Seigneur, chers compatriotes,

La naissance de Jésus-Christ sur la terre est un appel à une réconciliation avec le Créateur et avec nos semblables.

Je suis persuadé que la division, fruit de la haine, ne peut  permettre l’établissement d’une société fondée sur l’amour. Voilà pourquoi les fils et filles de la République Démocratique du Congo doivent accepter de s’asseoir ensemble, en mettant leur égo de côté, pour se parler, se pardonner et s’engager résolument dans la mise en œuvre du vivre-ensemble.

J’adresse constamment mes prières au Seigneur pour le retour d’un amour sans hypocrisie dans les cœurs des fils et filles du pays. Aussi, je porte mes compatriotes de l’Est et ceux de l’ex Grand Bandundu qui sont les plus exposés aux affres des conflits armés. Nous présentons nos sincères condoléances aux familles éplorées.

Nous invitons tous les Congolais à commémorer la nativité de notre Seigneur et à fêter la nouvelle année 2026 dans la méditation mais sans perdre espoir.

Au nom de l’Eglise du Christ au Congo et au mien propre, je souhaite à tous et à toutes, de joyeuses fêtes de nativité de notre Seigneur Jésus-Christ et de la nouvelle année 2026.

Puisse l’Eternel bénir la République Démocratique du Congo et son Peuple. Je vous remercie.

Rév. Dr André-Gédéon BOKUNDOA-BO-LIKABE.