Entre Paris et Oyo, en passant par Davos, Félix Tshisekedi a multiplié les escales diplomatiques avec, en toile de fond, une même urgence : la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Cette séquence internationale, dense et symbolique, traduit une volonté affichée du Chef de l’État de maintenir la question congolaise au cœur des agendas des partenaires régionaux et internationaux. Mais au-delà des rencontres et des communiqués officiels, une interrogation demeure : cette diplomatie active parviendra-t-elle à infléchir durablement le cours d’un conflit qui s’enlise ?
À Paris, l’échange avec Emmanuel Macron s’inscrivait dans une logique de continuité. La France, actrice influente sur la scène internationale, demeure un partenaire stratégique dont le soutien diplomatique peut peser dans les équilibres régionaux. À Oyo, chez Denis Sassou-Nguesso, la démarche revêtait une autre dimension : celle de la proximité géographique, historique et culturelle. Le Congo-Brazzaville, voisin immédiat, est un acteur clé dans la recherche de la stabilité régionale et un relais incontournable dans les dynamiques africaines de médiation.

Les discussions ont, sans surprise, porté sur le renforcement des relations bilatérales et sur l’évolution préoccupante de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC. Les engagements pris en faveur de consultations régulières témoignent d’une volonté de coordination et d’écoute mutuelle. Cependant, l’Est congolais ne souffre pas d’un déficit de réunions ni de déclarations d’intention. Il souffre d’un manque criant de résultats tangibles sur le terrain, là où les populations continuent de payer le prix fort de l’insécurité.
La diplomatie congolaise se trouve ainsi à la croisée des chemins. Multiplier les partenariats et entretenir les canaux de dialogue est indispensable. Mais cette stratégie ne peut produire ses effets que si elle s’accompagne d’une cohérence interne et d’une capacité à traduire les appuis extérieurs en actions concrètes: pression diplomatique accrue sur les soutiens des groupes armés, mise en œuvre effective des accords signés et renforcement réel des capacités nationales de défense et de gouvernance sécuritaire.
En définitive, les escales parisienne et « oyoise » de Félix Tshisekedi rappellent une évidence : la paix dans l’Est de la RDC ne se construira ni dans l’isolement ni dans l’improvisation. Elle exige une diplomatie soutenue, certes, mais surtout une vision claire, une constance dans l’action et une exigence de résultats.
À défaut, les voyages présidentiels risquent de n’être perçus que comme des symboles, là où les Congolais attendent des réponses durables à une crise qui n’a que trop duré.
KUEDIAS

