À la Primature, la Première Ministre, Judith Suminwa, a pris les devants pour couper court aux rumeurs et rassurer les agents publics. Réuni lundi en urgence autour d’elle, le Comité de conjoncture économique, avec notamment le VPM du Budget, Adolphe Muzito, le Ministre des Finances, Doudou Fwamba, et le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), André Wameso, a fait le point sur la paie de janvier 2026. À l’issue de la rencontre, le Ministre des Finances s’est voulu catégorique : « Dans 72 heures (Ndlr : à compter du lundi), nous allons clôturer les opérations de paie ». Un message ferme destiné à apaiser les fonctionnaires de l’Etat et à déjouer toute tentative de manipulation, alors que le Gouvernement réaffirme sa détermination à honorer ses engagements et à préserver la stabilité macroéconomique.
La Première Ministre, Judith Suminwa, a convoqué ce lundi une réunion d’urgence du Comité de conjoncture économique à la Primature. L’objectif : faire un état des lieux précis des opérations de paie des agents et fonctionnaires de l’État et couper court aux rumeurs grandissantes concernant d’éventuels retards de salaire.
Face à l’inquiétude montante dans l’administration publique, la Cheffe du Gouvernement a réuni les principaux acteurs de la chaîne de la dépense nationale. Autour de la table, on notait la présence du Vice-Premier Ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, du Ministre des Finances, Doudou Fwamba, ainsi que du Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, André Wameso.
À l’issue de cette rencontre, c’est un message de fermeté et de réassurance qu’a souhaité délivrer le Ministre des Finances face à la presse. Doudou Fwamba a tenu à rassurer les fonctionnaires quant au calendrier en vigueur : « Dans 72 heures, nous allons clôturer les opérations de paie du mois de janvier. »
Cette annonce vise à apaiser les esprits au sein de la fonction publique, mais aussi à déstabiliser ce que le gouvernement qualifie de pêcheurs en eaux troubles. Selon le ministre, des individus mal intentionnés tenteraient délibérément de semer la panique dans l’opinion en soufflant sur les braises d’une éventuelle crise salariale.
À l’issue de la rencontre, le Ministre des Finances, Doudou Fwamba, est revenu sur les points essentiels abordés sous la direction de la Cheffe du Gouvernement : « Il ressort des échanges que nous avons eus à la Primature, sous le leadership éclairé de Son Excellence Madame la Première Ministre, que la situation est sous contrôle et que le Gouvernement dispose des moyens nécessaires pour faire face à ses obligations. »
L’argentier national a expliqué l’évolution générale du paiement des salaires, débuté avant le 28 janvier. « Tous les fonctionnaires de l’État savent qu’au premier trimestre de l’année, il existe un glissement dans les opérations de paie. En effet, au mois de janvier, de nouvelles mécanisations et des mises à jour doivent être opérées. Ces ajustements, couplés aux contraintes d’ordre sécuritaire, ont imposé à l’État d’adopter une stratégie de paiement progressif des salaires », a-t-il précisé.
Selon le Ministre Fwamba, contrairement aux rumeurs, le Gouvernement a payé avant le 28 janvier 2026 les rémunérations des personnels prioritaires relevant des services à mise à jour mensuelle. Il s’agit notamment des éléments des Forces Armées, de la Police Nationale Congolaise, ainsi que des membres de la DINACOPE (enseignants) pour la ville-province de Kinshasa.
Clôture de la paie d’ici 3 jours
Le Ministre a confirmé que pour les autres catégories d’agents publics, le processus s’est poursuivi au-delà du 28 janvier en raison de ce glissement technique. « Les médecins ont été payés la semaine passée. Je pense que dans les 72 heures, nous allons clôturer les opérations de paie du mois passé », a-t-il affirmé.
A l’en croire, la population congolaise et les fonctionnaires peuvent être rassurés : il n’y a aucun problème structurel. Le Gouvernement tiendra compte de ces paramètres pour la suite des opérations.
Dans cette même dynamique, durant l’année 2025, l’Exécutif central a aussi déboursé environ 59 millions de dollars pour compléter le PDL-145 Territoires. Un programme de développement important pour le bien-être du peuple.
«Pour cette année 2026, la Loi de finances a prévu des fonds qui seront alloués de manière pragmatique au programme PDL-145 Territoires. Il n’y a aucune inquiétude à avoir sur l’exécution de ce programme prioritaire pour le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, sous la coordination de la Première Ministre », a déclaré le Ministre des Finances.
Pour relever ces défis, la Cheffe du Gouvernement a recommandé une meilleure coordination entre le Gouvernement et la Banque Centrale du Congo, ainsi qu’au niveau des services opérationnels (DGDA, division des Mines) en vue d’accélérer l’exportation du cobalt. Elle a également appelé à des ajustements optimisés dans la régulation budgétaire entre les ministères des Finances et du Budget.
«La situation est sous contrôle »
Interpellé sur d’éventuels dysfonctionnements, Doudou Fwamba n’a pas mâché ses mots, appelant à la raison et à la patience. « Les opérations administratives et techniques sont en cours pour assurer une paie effective dans les meilleurs délais », a-t-il précisé, avant d’ajouter, catégorique : « La situation est sous contrôle et le Gouvernement dispose des moyens nécessaires pour faire face à ses obligations. »
Une déclaration qui se veut un signal fort adressé autant aux agents de l’État qu’aux observateurs économiques.
Le Gouvernement invite les Congolais à la vigilance face aux agitateurs, alors que la partie Est du pays est toujours en proie à l’insécurité. « La population doit se fier aux sources officielles et ne pas se laisser abuser par les manipulateurs qui tentent d’agiter le pays dans ce contexte sécuritaire délicat », a conclu Doudou Fwamba.
Par cette communication musclée et ce pilotage en urgence du dossier sensible de la solde, le gouvernement Suminwa entend réaffirmer sa détermination à protéger le pouvoir d’achat des Congolais et à maintenir la stabilité macro-économique du pays, malgré un contexte marqué par de fortes tensions sécuritaires à l’Est et des défis budgétaires persistants.
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