
La réforme du petit commerce et du commerce de détail entre dans une phase décisive en République Démocratique du Congo. Après avoir sensibilisé les grands importateurs et les représentants des missions diplomatiques, le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, annonce le passage au contrôle et à l’application des sanctions contre les opérateurs en infraction. Objectif : mettre fin à la concurrence déloyale, protéger l’entrepreneuriat congolais et instaurer un marché intérieur mieux organisé, sans remettre en cause l’ouverture du pays aux investissements étrangers.
Le Gouvernement passe du dialogue à l’action. Autour du Décret n° 26/011 du 30 mars 2026 portant mesures d’exercice du petit commerce et du commerce de détail, Daniel Mukoko Samba intensifie les concertations avec les acteurs concernés, avec une ambition claire : faire respecter les règles du jeu économique et garantir une concurrence plus équitable sur le marché congolais.
Dans cette dynamique, le patron de l’Économie nationale a successivement échangé avec les grands importateurs, le lundi 5 octobre, puis avec les représentants de plusieurs missions diplomatiques, le lundi 12 octobre 2026, à Kinshasa. Ces rencontres visent à clarifier les objectifs de la réforme, à expliquer ses modalités d’application et à prévenir les incompréhensions susceptibles de freiner sa mise en œuvre.
Mettre fin à la concurrence déloyale
Au cœur de cette réforme se trouve une volonté de mieux distinguer les activités de gros de celles du commerce de détail. Pour Daniel Mukoko Samba, il s’agit de réorganiser le marché intérieur afin que chaque catégorie d’opérateurs exerce ses activités dans le respect des règles qui lui sont applicables.
« L’organisation que nous recherchons repose sur une logique simple : la prospérité partagée. Il n’est pas normal qu’un grossiste importateur se retrouve aussi lui-même à vendre au détail dans le même quartier qu’un détaillant qui s’approvisionne auprès de lui. C’est de la concurrence déloyale », a-t-il déclaré.
Cette position traduit l’ambition du Gouvernement de créer un environnement commercial plus équilibré, dans lequel les petits commerçants congolais peuvent exercer leurs activités sans subir la concurrence directe d’acteurs opérant simultanément à plusieurs niveaux de la chaîne de distribution. L’enjeu est également économique et social : mieux répartir les opportunités commerciales, favoriser la création de valeur sur le territoire national et renforcer la place de l’entrepreneuriat congolais dans le tissu économique.
Le temps de la sensibilisation, bientôt celui des sanctions
Si le dialogue demeure un instrument privilégié pour accompagner les opérateurs, le Gouvernement entend désormais faire respecter les dispositions réglementaires. « Nous sommes arrivés à l’étape où nous allons contrôler et commencer à sanctionner, parce que notre objectif est de mieux organiser la création de la valeur économique », a averti le Vice-Premier Ministre.
Le message est sans équivoque : les opérateurs concernés sont appelés à prendre les mesures nécessaires pour se conformer à la réglementation. Selon leur situation, ils devront adapter leurs activités, réorganiser leurs structures commerciales ou envisager de nouveaux modèles économiques compatibles avec les règles en vigueur.
Cette évolution marque un tournant dans la mise en œuvre de la réforme. Après les concertations destinées à expliquer le dispositif, l’administration économique entend passer à la vérification de son application effective et, le cas échéant, aux sanctions prévues par les textes.

Rassurer les investisseurs étrangers
Le renforcement de la réglementation ne signifie toutefois pas la fermeture du marché congolais aux investisseurs étrangers. Daniel Mukoko Samba a tenu à réaffirmer que la RDC demeure une économie ouverte aux investissements et aux échanges commerciaux.
La réforme entend plutôt établir un cadre plus lisible, dans lequel les droits et les obligations des différentes catégories d’opérateurs sont clairement définis. C’est dans cette perspective que les représentants des missions diplomatiques ont été associés aux échanges du 12 octobre. Plusieurs pays étaient représentés, notamment la Chine, le Bénin, la Guinée, le Mali, le Nigeria et le Sénégal.
Le Gouvernement cherche ainsi à expliquer les objectifs de la réglementation à ses partenaires internationaux et à prévenir toute interprétation selon laquelle celle-ci remettrait en cause le principe de l’ouverture économique.
Un marché mieux organisé pour une prospérité partagée
La concertation du 5 octobre avec les grands importateurs avait notamment réuni des opérateurs tels que Premium Food, GFCO Sarlu, Hyper Psaro et SOCIMEX. Celle du 12 octobre a élargi les échanges aux représentants diplomatiques, confirmant la volonté des autorités de poursuivre le dialogue avec les différentes parties prenantes.
À travers cette démarche, Daniel Mukoko Samba défend un modèle économique qui entend concilier la promotion de l’entrepreneuriat national, la concurrence loyale et l’attractivité de la RDC pour les capitaux étrangers.
Désormais, le défi sera de traduire cette ambition en résultats concrets : faire respecter les règles sans créer d’arbitraire, protéger les petits commerçants sans décourager l’investissement et organiser le marché intérieur au bénéfice de l’ensemble de l’économie congolaise. C’est à cette condition que la réforme pourra tenir sa promesse de prospérité partagée.
Econews


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