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Projet stratégique de salubrité publique : monétisation des déchets de la ville-province de Kinshasa (Par Didier Bokungu N.)

Asphyxiée par l’insalubrité et submergée chaque jour par des milliers de tonnes de déchets non collectés, Kinshasa fait face à une crise environnementale, sanitaire et urbaine sans précédent. Dans une étude fouillée et pragmatique, le think tank CONGOPOWER BRAINSTORM-USA propose une rupture radicale : transformer les déchets, notamment plastiques, en une véritable ressource économique et énergétique. À travers la monétisation des déchets, la capitale congolaise pourrait non seulement se débarrasser durablement de l’insalubrité chronique, mais aussi créer une économie circulaire industrielle, génératrice d’emplois, de revenus et d’électricité verte, ouvrant ainsi la voie à une métropole plus propre, plus productive et résolument tournée vers l’avenir. Tribune.

I. Contexte général

La Ville de Kinshasa, Capitale  de la  République  Démocratique du  Congo, est peuplée  de  plus  de 17 millions  d’habitants  selon de nombreuses  estimations  internationales.

Kinshasa  a  un niveau  d’infrastructures   pauvre,  équivalent  à  une  ville  de  moins  d’un  million  d’habitants,  ce  qui  entraine  une  congestion  de  circulation  et  une  insalubrité  publique insupportable.

Autrefois  appelée  Kin-la belle,  Kinshasa,  qui  figure  parmi les  mégapoles  du  monde  (  Ville  de  plus  de  10 millions  d’habitants), fait  partie aujourd’hui  de la  liste  des  25 villes  les  plus  sales  du  monde.

La  Ville  est  confrontée  à  une  accumulation  importante  de  déchets  non collectés   dans  les  rues, les  marchés  et  les  rivières,  notamment  des déchets  plastiques, ce qui  entraîne une  pollution  des  sols  et  de  l’eau, ainsi  que  des  problèmes  sanitaires.

Le  système  de  collecte  et  de  recyclage  est  souvent  décrit  comme  quasi  inexistant   tenant  compte  du   gigantisme  de  la  Ville,  poussant  les  habitants  à  brûler  les  déchets, en  les  enfouir  en  désordre  dans  les  sols   ou  à les jeter  dans  les  caniveaux  ouverts  et  dans  des  cours  d’eaux  environnants,  ce  qui  génère une  forte  pollution   de  l’air,  et  des  inondations,  à   chaque  pluie,  les  rivières  étant  obstruées  par  des  déchets  plastiques.

La  République  Démocratique  du  Congo  ( RDC) ne  publie  pas  de  statistiques  environnementales,  mais  selon   certaines  estimations, la  mégapole  de  Kinshasa  produit  entre  7.500  et  10.000  tonnes  de  déchets  par  jour,  une  quantité  qui  dépasse  largement  les  capacités  de  gestion  actuelles.  Le  manque  criant  de  structures  de  valorisation    (centres  de  compostage  ou  recyclage)   et  de  sensibilisation  de  la  population  aggrave  la  situation.

Des  initiatives  locales  et  des  ONG  tentent   de mettre  en place  des  solutions  de  tri,  de  compostage  et  de  recyclage   (  par  exemple,  la  fabrication des pavés  écologiques  ou  des  poubelles  à  partir  de  plastiques  recyclés), mais  ces  efforts  restent  limités  face  à  l’ampleur  du  problème.

La  gravité de  la  problématique  d’insalubrité  publique  dans  la  Ville  de Kinshasa  dépasse  aujourd’hui  les  capacités  administratives  du  Gouvernement  Provincial  de  la  Ville-Province  de  Kinshasa.

Elle  doit  être  prise  en charge  par  le  Gouvernement  de  la  République  Démocratique  du  Congo,  le  Management  administratif  de la Ville de  Kinshasa et  ses  services  attitrés, venant  en  collaboration.

Notre ‘’Think Tank’’ ,  qui  produit  cette  étude,  à  l’attention  des  gouvernants  de  la  RDC,   se  voudrait   pragmatique  pour  résoudre  ce  problème.  La  chicote,  les  sanctions  administratives  et  les  amendes  n’y  feront  rien.  La  roue  est  déjà   créée, utilisons la.

La  solution  à  l’insalubrité   publique   de  la   Ville   de  Kinshasa   passe  par  la  monétisation  des  déchets.  Ce  que  la  population   considère  comme  déchet,  devra  être  vu  comme  une  marchandise  à  vendre.

Sous  cet  angle, le  déchet  devient  une  matière  première  au  même  titre  que  le  pétrole, le  charbon, etc….

De ce  qui  précède, les  déchets  feront  l’objet  d’un traitement  particulier  de  la  part  de la  population.

Le  Gouvernement  de  la  RDC  devrait  mettre  en place  des  structures  pour  industrialiser  cette  filière.  Traiter  les  déchets  et  les  transformer  en  électricité,  pour  les  déchets  organiques.

Pour  les  déchets  plastiques  PET,  créer  une  filière  de  transformation  en  textiles  (  fabrication  du  tissu  polyester  )   et  des  pavés.

Ces  activités   vont  créer  une  double  opportunité  pour  Kinshasa : Résoudre  durablement   l’insalubrité  publique  et  créer  une  économie  circulaire  génératrice  de  revenus  et  d’emplois.

II. Monétiser les déchets : transformer le problème  en opportunité

  1. Argument : Le déchet a  une  valeur  marchande

-Le plastique, le verre, le  métal, les  bio-déchets  sont  des  matières  premières  secondaires.

-Si  le citoyen lambda  perçoit  les  déchets  comme  une  source  de  revenus, il  adoptera  un  comportement  responsable.

-Système  incitatif : paiement  au  kilo  ou  bons  de  consommation  en  échange  de  déchets  triés.

  1. Exemples inspirants

Les  Catadores du  Brésil  (ramasseurs  de  déchets)

-Le Brésil  a  institutionnalisé  les  coopératives de  tri  (Catadores),  qui  reçoivent  un  revenu  stable.

-Chiffres  clés :  Plus  d’un million  de  personnes  vivent  du  recyclage  des  déchets.

La  Ville  de  Sao  Paulo   a  mis  en place  une  politique  d’achat  public  de  matériaux  recyclés.

Lagos/ Nigeria (Waste to Wealth)

-Programme  de  valorisation  des   déchets  à  Lagos,  où les  déchets  plastiques  sont  échangés  contre  de  l’argent  mobile.

-Plateformes  comme  Wecyclers  utilsent  des  tricycles  pour  collecter  les  déchets  recyclables  des  ménages  et  les  achètent.

III. Traiter  et  transformer  les  déchets  en  énergie

  1. Argument : Les déchets sont  une  ressource  énergétique.

-Les  déchets  organiques  peuvent  produire  du  biogaz.

-Les  déchets  solides  non  recyclables  peuvent  être  brûlés  dans  des  incinérateurs  modernes   pour  produire  de  l’électricité.

  1. Technologies disponibles

-Méthanisation  des  déchets  organiques : digestion  anaérobie  pour  produire  du  biogaz.

-Incinération  contrôlée :  avec  la  technique  de  récupération  de  chaleur  pour  produire  de  l’électricité  (  Waste-to-Energy  ou  WtE).

-Gazéification  ou  pyrolyse  pour  les  plastiques  et  déchets  industriels.

IV. Quelques exemples chiffrés  de  transformation  de  déchets  en énergie

  1. Ethiopie – Reppie Waste-to-Energy Plant  ( Addis-Abeba)

-Première  central  de  ce  genre  en  Afrique.

-Capacité : Traitement  de 1.400 tonnes  de  déchets  par  jour.

-Production : 25 MW  d’électricité, suffisante  pour  30%  des  besoins  d’électricité  d’Addis-Abeba.

-Réduction  de  80%  des  déchets  mis  en décharge.

-Les  recettes  de  la  vente  de  l’électricité   permettent  de  financer  le  système  en  créant  une  économie  circulaire.

  1. Suède – Modèle d’économie circulaire

-99 % des déchets  sont  recyclés  ou  valorisés.

-Le pays  importe  même  des  déchets  pour  alimenter  ses  incinérateurs  (  près  de  2  millions  de  tonnes  par  an-  Une  partie  de  ces  importations  viennent  du  Royaume –Uni ).

-Environ  15 %  de  l’électricité  et 25%  du  chauffage  des  villes  suédoises  proviennent  des  déchets.

  1. Inde – Ghazipur WtE plant (New Delhi)

-Traite  près  de  1300  tonnes  de  déchets  par  jour.

-Produit  12 MW  d’électricité.

-Réduction  de  l’enfouissement,  tout  en approvisionnant  le  réseau  en énergie.

V. Effets positifs attendus  pour  la  Ville  de Kinshasa

La  valorisation  monétaire  des  déchets  aura  des  impacts  très  importants  sur  les  plans  économique, environnemental, énergétique, social  et  fiscal.

Sur  un plan économique, il y aura  création  de  milliers  d’emplois  directs  (collecte, tri, traitement, transport, maintenance).

Sur  un plan environnemental, il  y  aura  réduction  de  l’insalubrité  publique, des  maladies  hydriques, des  émissions  de  méthane.

Sur  un  plan énergétique,  il  y aura  une  production  potentielle  de  dizaines  de  MW  d’électricité  verte.

Sur  un plan  social,  la  monétisation  des  déchets  va  changer  la  perception  de  la  population  sur  ces  derniers.  Cela  va  entrainer une  sensibilisation,  du  civisme  environnemental  et  une  responsabilité  collective  de  gestion  des  problèmes  de  salubrité  car devenue  une  source  potentielle  des  revenus.

Sur  un plan fiscal,  il  y aura  de  nouvelles  recettes  à  travers  une  régulation  du  marché  des  déchets,  des  redevances   écologiques  et  des  montages  des  partenariats  public-privé.

  1. Proposition de modèle  économique  et  financier  pour  la  valorisation   monétaire  des  déchets  de  la  Ville  de  Kinshasa

Le  modèle  économique  et  financier  de  la   monétisation  des  déchets  de  la  Ville  de  Kinshasa  aura  deux  composantes  importantes  (  filières  importantes ) :  La   première  porte  sur  le  traitement  des  déchets  et  leur  transformation  en énergie  électrique  qui  sera  réinjectée  sur  le  réseau  SNEL  et  la  deuxième  composante  porte  sur  la  transformation  des  déchets  plastiques  en  tissus  polyester  et  matériaux  de  construction (  les  pavés  routiers  et  d’espaces publics).

VI.1. Transformation   des  déchets  plastiques  en énergie  électrique

  1. Chaîne de valeur

-Collecte  incitative : Les  ménages  vendent  leurs  déchets  aux  coopératives  de  tri.

-Tri industriel : Séparation  des  matières  recyclables (plastique, métal, verre).

-Transformation : Les déchets  organiques  en biogaz/compost  et  les  déchets  plastiques  et  résidus  non recyclables  en  énergie   via  incinérateurs  modernes.

  1. Potentiel financier pour  Kinshasa. Valorisation énergétique

-1 tonne  de  déchets  peut  produire  entre  500  et  700 Kwh  d’électricité.

-Avec  5000 tonnes par  jour ,  la  Centrale  de  transformation   peut  produire  entre 2.500.000 KWh  et  3.500.000 Kwh  par jour.

  1. Revenus du recyclage :

-Plastiques : 200 à  300 USD la  tonne.

-Métaux : 500  à  700 USD la  tonne.

VI.2. Transformation  des  déchets  plastiques PET  en  tissus  polyester

Une  très  grande  partie  de  la  pollution  de  la  Ville  de  Kinshasa  vient   des  matière  plastiques  non  recyclées .

Cette  pollution  est  d’autant  plus  grande  que  cette  matière  n’est  pas recyclée  de  façon industrielle.  La matière  plastique  n’est  pas  biodégradable  avant  1000  ans  soit  10  siècles.  Si sa  pollution  n’est  pas  traitée  de manière  responsable,  Kinshasa  sera  toujours  inondée  après  la  moindre  pluie   car  ces  produits  obstruent  les  caniveaux,  les  rivières  et  empêchent  l’écoulement  ( drainage)  des  eaux  pluviales.

  1. Objectif stratégique

Transformer  le  fléau  des  déchets  plastiques,  notamment  les  bouteilles  en plastique  PET  ( fabriquées  en polyéthylène   téréphtalate) obstruant  les  caniveaux  de  Kinshasa, en matière  première  textile  pour  produire  du  fil  polyester  recyclé  utilisable  dans  le  textile, l’ameublement  ou  même   les  équipements  militaires  et  médicaux.

Pour  plus  de  précision,  le  PET, polyéthylène  téréphtalate, un  plastique  léger, résistant  et  transparent,  est  utilisé  pour  les  bouteilles  d’eau,  les sodas  et  divers  emballages  alimentaires.

Une  bouteille PET  est  marquée  par  le  Chiffre  ‘’ 1’’  dans  un triangle  de  recyclage  à  son fond.

  1. Situation actuelle des  plastiques  à  Kinshasa

-Environ  400  à  600  tonnes  de  déchets  plastiques  sont    générées  par  jour  à   Kinshasa   ( estimations  ONG locales  et  UN-Habitat).

-Les  bouteilles  en  plastiques  ( eau, soda)  représentent  la  majorité  des  plastiques  visibles  dans  les  rues  et  cours  d’eau.

-Ces  déchets  obstruent  les  canalisations, causant  inondations,  insalubrité  et  maladies  hydriques.

  1. Technologie de transformation  des  matières  plastiques (bouteilles PET)  en Tissu  polyester. Etapes techniques du  recyclage  textile  du  PET

Collecte  et  tri  des  bouteilles  en  plastique  PET.

-Broyage  en paillettes  (flakes)  après   lavage.

-Extrusion  des  paillettes  fondues  en filaments  continus  (tissus  de  polyester).

-Filature  et  tissage  ou  tricotage  pour  fabrication  de  tissus.

Produits finaux

-Tissus  synthétiques (habillement, sacs, rideaux, tentes).

-Fils  de  couture ou  de  broderie.

-Tapis, moquettes, isolants.

-Gilets, uniformes, toiles  agricoles.

Exemples internationaux concrets

-Inde : les projets  Polyester  from waste  où  des  coopératives  recyclent  une  tonne  de  PET  par  jour  pour  produire  800  kg de fil  polyester.

-Ethiopie : PPP  Textile-plastique  (  Transformation  de  déchets  en matériaux  pour  l’industrie  textile  locale).

-Chine : Fibres  pour  uniformes  militaires (  Recyclage  PET  à  l’échelle  industrielle  pour  le  secteur textile  et  de  défense.

  1. Modèle économique local  pour  Kinshasa

Composantes  clés. Coopératives de collecte  et  tri

-Achat  des  bouteilles  aux citoyens  (0,1 USD   à  0,25  USD  le  kilogramme).

-Système  incitatif : argent  mobile, bons, crédits  carbone.

Mini-Usines de recyclage  plastique/textile

-Capacité : 2 à 5 tonnes  par  jour.

-Investissement  initial : 250.000  à  500.000  USD  par  ubité.

-Localisation : périphérie  de  Kinshasa (  Maluku,  Kimbanseke, Lutendele, Ngundiabaka).

Partenariats industriels

-Montage  des  PPP  avec  des  usines  textiles  locales  ou  régionales.

-Possibilité  d’export  vers  les  pays  voisins.

Soutien public et  maillage  du  projet

-Formation  des  jeunes  en métier  du  textile  recyclé.

-Exonérations  fiscales, zones  industrielles  spéciales.

  1. Impact estimatif sur  cinq  années.

– Indicateur 1 : Plastiques  recyclés ;

– Valeur (Quantité  estimée) : 100.000 tonnes.

– Indicateur 2 : Bouteilles collectées  (PET)

-Valeur  (Quantité  estimée) : 5 milliards.

– Indicateur 3 : Fils   polyester  produits.

– Valeur  (Quantité  estimée) : 70.000 tonnes.

– Indicateur 4 : Emplois  créés.

– Valeur  (Quantité) : 15.000.

-Indicateur 4 : Economie  générée.

-Valeur  (Montant  estimé) : 150 Millions  USD.

Indicateur 5 : Réduction inondation  et  obstructions.

-Valeur : 60 %.

  1. Avantages stratégiques

-Environnement : réduction  de  la  pollution  urbaine, assainissement des caniveaux   et  des  rivières  traversant  la  Ville  de  Kinshasa.

-Mise  en place  de  l’économie  circulaire : création   de  valeur  à   partir  des  déchets.

-Insertion   sociale : emploi  pour  les  jeunes, femmes, ex-combattants.

-Promotion  de  l’industrie  textile  locale :  Relance  du  Made in DR Congo  (  Uniformes,  vêtements   militaires, gilets  de  sauvetage, tissus  divers).

  1. Etapes pratiques de   mise  en œuvre

Ce  projet  de  salubrité  publique  peut  être  mise  en œuvre  dans  un délai  de  24 mois  depuis   l’étude  de  faisabilité,  la  création  de  coopératives  et  de  stations  de  tri,  installation  des  premières  unités  de  recyclage  textile jusqu’à   l’intégration  au  tissu  industriel   textile  local   ( PPP).

La  République  Démocratique  du  Congo  ( RDC)  pourrait  optimiser   ce  projet  de  salubrité  publique  de  la  Ville  de  Kinshasa   en  proposant  une  dimension  régionale  stratégique,  en  associant   la  Ville  de  Brazzaville  dans  cette  monétisation  des  déchets.

En effet, la  dimension  régionale  stratégique  va  générer   des  économies  d’échelle, des  effets  de  synergie,  et  un poids  politique  accru  pour  mobiliser  des  financements  internationaux.

VII. Traitement conjoint  des  déchets  Kinshasa-Brazzaville

  1. Contexte

Le  traitement   conjoint   des  déchets  des Villes  de  Kinshasa  et  de  Brazzaville  est  très  important, à  plus  d’un titre.

Ces  deux villes  sont  les  deux  capitales  les  plus  proches  du  monde et  font  face  à  des  défis  communs :

-Accumulation  massive  de  déchets  solides  urbains.

-Pollution  croisée  du  Fleuve  Congo,  en aval,  due  aux  rejets  non traités.

Cette pollution  empêche  le  bon fonctionnement  du  Barrage  d’Inga  et  le  bief  maritime  du  Fleuve  Congo  (  qui  se  trouvent  sur  le  territoire de  la  République  Démocratique  du  Congo),  en plastiques  PET.

-Systèmes  de  collecte  et  de  traitement  déficients.

  1. Proposition

-Etablir  un  partenariat  interurbain  écologique  formel  entre  Kinshasa  et  Brazzaville, parrainé  par  les  deux Gouvernements   pour  prendre, à  bras le corps, ce  dossier  de  pollution  des  déchets  organiques  et  des  matières  plastiques.

-Mutualiser  certaines  infrastructures  de  traitement  des  déchets.

-Co-développer  des  centrales  de  valorisation  énergétique  à  proximité  du  Fleuve  Congo.

-Mettre  en place  un cadre  fiscal  incitatif  et  bilatéral  pour  les  investisseurs ( Zonage industriel  vert  binational).

  1. Avantages stratégiques pour  la  RDC

-A  l’instar  de  la  Suède, en  Europe,  qui  traite  les  déchets  de  plusieurs  pays  européens, ce  partenariat  va  créer  des  économies  d’échelle en partageant  des  coûts  d’investissement  par  la  hausse  du  volume  traité  des  déchets.  Ce  qui  engendre  une  meilleure  rentabilité et  une  optimisation  des  activités  de  cette  filière.

-Ce Projet  va  aussi   engendrer  une  réduction  des  pollutions  croisées  du  Fleuve  Congo,  de  ce  fait, il y aura  un  assainissement  régional  coordonné.

-Sur  un plan  politique,  ce  projet  va  engendrer  une  intégration  sous-régionale   écologique  CEEAC.

-Sur  un  plan  énergétique,  la  capacité  combinée  de  la  production  électrique  en utilisant  les  incinérateurs  va  augmenter.

-Sur un plan  logistique,  l’on pourrait  mettre en  place  des  barges  de  transport  des  déchets  ( Comme  pour  la  Ville  de  New York)  pour  alimenter  les  usines  de  traitement  à  Kinshasa.  Cela  permettra  l’érection  d’un  port  sec  vert  transfrontalier  pour  les  matériaux  recyclés  et  les  flux  énergétiques.

  1. Résultats attendus

-Atteindre  un  objectif  de  75%  des  déchets  recyclés  dans  les  deux villes.

-100 à 150  MW  d’électricité  produite  au  bénéfice  des  réseaux  locaux.

-Création  de  plus  de 60.000  emplois  directs  dans  l’économie  circulaire  régionale  dans  le  traitement  des  déchets.

-Réduction  estimée  à  plus 60%   de  la  pollution directe  du  Fleuve  Congo  dans  la  Mégalopole  Kinshasa-Brazzaville   et  en  aval  (  Kongo-Central, Embouchure).

N.B. :  A  défaut  de  mettre  sur  pied  une  coopération  écologique  régionale  dans  le  traitement  des  déchets  des  deux  capitales,  Kinshasa  pourrait   proposer  à  Brazzaville   le  traitement  de  ses  déchets  urbains, moyennant  rémunération.

VIII.  Gouvernance  du  nouveau  modèle  économique  de gestion  des  déchets  de  la  Ville  de  Kinshasa

En  principe, la  gestion  des  déchets  est  l’affaire  des  municipalités.

La  Ville  de  Kinshasa  n’est  pas  en reste.  Toutefois, elle  a  fait  preuve  d’incapacité  pour  gérer  efficacement  cette  filière.

Etant  donné  que  cette  dernière  tendrait  vers  un  cran  de plus  (sophistication  des  activités  et  industrialisation )  en vue  de  créer  une  économie  circulaire, il  serait  bon  pour  le  Gouvernement  central  de  la  RDC  de  prendre  désormais, à  titre  exceptionnel,  l’organisation, la  planification  et  la  gestion  de  l’économie  circulaire  du  nouveau  modèle  économique  par  la  création  d’une  Agence  Métropolitaine  de  Management  des  Déchets ( AMMD, par  exemple).

Pour  autant, les  structures  attitrées  de  la  Ville  de  Kinshasa, les  ONG  environnementales, les entreprises privées  et  le  Service  National   seront  associés  étroitement  pour  faire  fonctionner  cette  filière, chacun  jouant  sa  partition,  mais bien  coordonnée.

En effet, même  dans  les  pays  hautement  avancés  dans  cette  filière, avec  expertise  avérée,  la  gestion  des  déchets  implique  plusieurs  acteurs  dont  les  municipalités,  les  entreprises  privées et  de  nombreuses  associations  mais  la  coordination  et  la  réglementation  environnementale  générale, y  compris  l’implémentation  des normes, sont  toujours  assurées  par  une  agence  gouvernementale.

CONCLUSION

Cette  étude  pose  les  jalons  pour  résoudre, de  façon  durable, pragmatique,  professionnelle  et   industrielle,  les  problèmes  d’insalubrité  publique  de  la   Ville  de  Kinshasa.

Cette  dernière ( Mégalopole  de  plus  de  17 millions  d’habitants) produit  plusieurs  milliers  de  tonnes  de  déchets  par  jour. Dans ce  contexte,  le  traitement  de  ces  derniers  doit  dépasser le  stade  rudimentaire  pour  atteindre  un  niveau  industriel. Pour atteindre  cet objectif, nous  avons prôné  un  changement  de  perception  des  déchets  de  la  part  de la population.

A ce  sujet, ces derniers  devraient  être  désormais  considérés   comme  des intrants   ayant  une  valeur  marchande.  Dans  cette  optique, les  populations  urbaines  les  associeraient  à  l’argent  ou  à  une  ressource  financière  potentielle.

Dans  une  première  manche, les  déchets  seraient   traités  et  transformés  en  énergie  électrique  qui serait  réinjectée  dans  le  réseau  SNEL.  Le  paiement, en retour  devrait  financer  leur  traitement, dans  une  forme  d’économie  circulaire, en  continue  et  en financement  autonomisé.

Dans  une  deuxième  manche,  les  déchets  plastiques  PET  seraient  également  traités  et  transformés  en  tissus  polyester  entrant  dans  la fabrication  des  vêtements  ordinaires, des  tenues  militaires,  d’uniformes  de  service  et  d’autres produits.

Cette filière  est  créatrice  de  nombreux  emplois, tout  en assurant  la  salubrité  des  espaces  publics.

Fait  à   Raleigh  (North  Carolina, USA), le  20  novembre  2025.

Didier  BOKUNGU  NDJOLI BASELE

Directeur  Exécutif de CONGOPOWER  BRAINSTORM –USA, NPC.

Consultant   stratégique, Economiste, Pilote privé, Expert  en Transports  Aériens,  en  Intelligence  et  Guerre  économique.

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