Le ministère du Portefeuille a publié, mardi 13 janvier, un communiqué virulent dénonçant les agissements de la société américaine PayServices Bank. Accusée de se prévaloir indûment d’une qualité bancaire, l’entreprise est au centre d’une mise en garde sévère de l’État congolais, qui affirme avoir déjoué une tentative de tromperie aux conséquences potentiellement lourdes.
L’État congolais monte au créneau pour dénoncer une pratique qu’il qualifie de frauduleuse. Dans un communiqué rendu public mardi, le ministère du Portefeuille a jeté un pavé dans la mare financière en mettant en cause la société américaine PayServices Bank, l’accusant d’avoir mené une « manœuvre dolosive fondée sur une fausse qualité bancaire ».
Selon les autorités de Kinshasa, PayServices Bank se serait présentée à des partenaires congolais en tant qu’établissement bancaire réglementé, cherchant ainsi à obtenir des accords ou à réaliser des transactions sur la base de ce statut prétendu. Une allégation que le gouvernement congolais a vivement contestée après vérifications. « Cette manœuvre dolosive a été déjouée par l’État congolais », affirme le ministère, sans toutefois préciser la nature exacte des projets ou des interlocuteurs visés par la société américaine.
Une alerte sur l’authenticité des intermédiaires financiers
Le cœur de l’accusation réside dans la « fausse qualité bancaire ». Le communiqué souligne que PayServices Bank ne disposerait pas des agréments nécessaires pour opérer en tant que banque auprès des autorités compétentes, notamment la Banque Centrale du Congo (BCC). Cette mise en garde vise à alerter les institutions publiques, les entreprises privées et le grand public congolais sur les risques de faire affaire avec cet intermédiaire sur la base de ce prétendu statut.
« L’État congolais, à travers le ministère du Portefeuille, réitère son engagement à protéger l’intégrité du secteur financier national et à prévenir toute forme de fraude ou de manipulation pouvant porter atteinte aux intérêts économiques du pays », peut-on lire dans le document. Cette prise de position ferme s’inscrit dans un contexte où la RDC cherche à renforcer la transparence et la sécurité de son environnement économique, crucial pour attirer les investissements étrangers légitimes.
Qui est PayServices Bank ?
Les informations disponibles sur PayServices Bank restent parcellaires. La société, basée aux États-Unis, n’apparaît pas comme une banque de dépôt réglementée de premier plan dans les registres américains les plus connus (comme la FDIC). Elle semble plutôt évoluer dans le secteur des services de paiement et de technologie financière. L’écart entre ses présentations supposées et sa réalité réglementaire est au centre du litige.
Les implications et les suites attendues
Cette dénonciation publique est une étape rare et significative. Elle suggère que des pourparlers ou des projets d’un certain niveau ont pu être engagés avant que Kinshasa ne découvre la supercherie présumée. Le gouvernement ne mentionne pas, pour l’instant, d’actions en justice formelles, mais son avertissement a valeur de signal fort adressé à la communauté économique.
Les observateurs y voient un message clair : la RDC renforce sa vigilance et sa gouvernance financière. Toute entité souhaitant opérer dans le pays doit se plier à une due diligence stricte et prouver la légitimité de ses statuts. Pour PayServices Bank, l’affaire pourrait sérieusement entacher sa réputation sur le continent africain si elle n’apporte pas de réponse convaincante aux accusations congolaises.
Dans l’attente d’une éventuelle réaction de la société mise en cause, le ministère du Portefeuille conclut son communiqué en invitant « tous les partenaires économiques de la RDC à la plus grande prudence et à vérifier scrupuleusement les références et agréments de leurs interlocuteurs ». L’affaire RDC contre PayServices Bank s’annonce comme un test de la capacité de Kinshasa à traquer les pratiques opaques dans la finance internationale.
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