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«Renforcer la discipline budgétaire» : le Gouvernement joue la carte de la transparence pour rassurer le FMI

En pleine troisième revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit, le gouvernement de la République Démocratique du Congo multiplie les gages de rigueur à l’endroit du Fonds monétaire international. En mission à Kinshasa, du 25 février au 4 mars 2026, les experts de l’institution de Bretton Woods ont échangent avec la Troïka politique, conduite par le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde. Objectif affiché : consolider les réformes engagées, respecter les engagements pris et renforcer la discipline budgétaire, alors que le FMI salue déjà des avancées notables dans la modernisation de la gestion publique.

La grand-messe de la rigu-eur budgétaire a repris ses quartiers à Kinshasa. Depuis mardi, une délégation du FMI planche sur les comptes et les réformes de la République démocratique du Congo dans le cadre de la troisième évaluation du programme conclu entre les deux parties au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). Une mission cruciale pour le pays, dont le financement extérieur dépend en grande partie du satisfecit des institutions de Bretton Woods.

Au cœur des discussions qui se sont tenues mercredi : l’état d’avancement des réformes structurelles et la consolidation des données techniques nécessaires à l’évaluation.

Côté congolais, c’est la Troïka politique, conduite par le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, qui a mené les échanges avec les délégués du Fonds.

Dès l’ouverture des travaux, le ton était donné. Le Ministre des Finances s’est voulu rassurant et offensif, réitérant la détermination de l’Exécutif à «poursuivre les réformes engagées» et à «respecter ses obligations». Une déclaration ferme, placée sous l’impulsion directe du Président de la République, Félix Tshisekedi.

«Nous sommes engagés à respecter nos obligations vis-à-vis des institutions de Bretton Woods et à renforcer la discipline budgétaire», a martelé le ministre, tout en exprimant, au nom du Chef de l’État, sa «reconnaissance au FMI pour son accompagnement constant».

UN SATISFECIT SUR UNE REFORME CLE

Si les regards sont braqués sur les équilibres macroéconomiques et la gestion des finances publiques, les experts du FMI ont déjà noté une avancée significative. Selon des sources proches des négociations, l’institution a félicité le gouvernement congolais pour la mise en œuvre effective de la réforme relative à la déconcentration de l’ordonnancement.

Cette mesure, hautement technique mais politique, est considérée comme un pas majeur vers la modernisation de la gestion publique et un gage de transparence dans l’exécution du budget. Elle devrait permettre une plus grande fluidité et un meilleur contrôle des dépenses, loin des circuits centralisés souvent source d’opacité.

Alors que la mission du FMI doit se poursuivre jusqu’au 4 mars, les prochains jours seront décisifs. Ils permettront de déterminer si les «signaux rassurants» envoyés par Kinshasa se traduiront en chiffres et en résultats tangibles, ouvrant ainsi la voie au décaissement de nouvelles tranches de crédits indispensables à l’économie congolaise.

Hugo Tamusa

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