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Respect strict des Accords du 4 décembre : Washington durcit le ton autant sur Kigali que Kinshasa

Les États-Unis durcissent le ton sur la crise sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Lors de sa conférence de presse de fin d’année, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a affirmé que Washington disposait désormais de moyens concrets pour exercer des pressions sur la RDC et le Rwanda, en raison d’engagements formellement signés mais non respectés par les deux parties.

«Dans le cas de la RDC et du Rwanda, nous avons des engagements signés de deux côtés. Ils ne sont pas respectés, mais au moins ils existent. Cela nous permet de demander des comptes et de pousser au respect de ce qui a déjà été accepté», a déclaré le chef de la diplomatie américaine, défendant une approche conforme à la doctrine diplomatique dite America First.

Marco Rubio a également révélé que l’administration américaine a saisi des élus républicains et démocrates du Congrès afin qu’ils mènent, eux aussi, des discussions avec les dirigeants concernés. Une implication transversale qui, selon lui, traduit l’importance stratégique du dossier congolais pour Washington.

Cette prise de position s’inscrit dans la continuité de l’attitude américaine au Conseil de sécurité des Nations unies, lors du renouvellement du mandat de la Monusco le 19 décembre.

À cette occasion, la représentante américaine pour les affaires politiques, Jennifer Locetta, avait jugé insuffisantes les annonces du M23 concernant son retrait d’Uvira.

«Le M23 doit immédiatement se retirer à au moins 75 kilomètres d’Uvira et se conformer à l’ensemble de ses obligations prévues par l’accord-cadre», avait-elle déclaré, condamnant l’avancée du groupe armé dans la région et dénonçant le soutien du Rwanda, jugé contraire aux accords de Washington.

Mme Locetta a par ailleurs réaffirmé l’attachement des États-Unis aux accords de Washington ainsi qu’au processus de Doha, appelant les parties à un respect strict de leurs engagements. Elle a souligné que la Monusco, dans le cadre de son mandat récemment renouvelé, pourrait jouer un rôle clé dans l’appui à la mise en œuvre effective de ces accords.

À Washington, le message est désormais clair : les textes existent, les engagements sont connus, et les États-Unis entendent s’en servir comme levier pour tenter d’imposer un changement de dynamique sur le terrain congolais.

Econews