À peine signé sous les auspices des États-Unis, l’Accord du 27 juin entre la RDC et le Rwanda est déjà mis à mal par Paul Kagame. Dans un mépris affiché pour la diplomatie, le président rwandais a laissé entendre qu’il ne se sentait aucunement lié par ce texte, réduisant les efforts de médiation américains à un simple « torchon». Entre menaces voilées et justification habituelle de «la sécurité du Rwanda», Kagame renvoie la région à la case départ, défiant ouvertement Washington. Une provocation qui soulève une question cruciale : la communauté internationale laissera-t-elle une fois de plus l’homme fort de Kigali piétiner impunément les espoirs de paix ? Le retour des flammes n’est pas exclu.
A peine l’encre de l’Accord du 27 juin séchée, Paul Kagame en a déjà tordu l’esprit et les engagements. Dans une provocation à peine voilée, le président rwandais a laissé entendre que le texte signé sous l’égide des États-Unis ne valait guère plus qu’un «torchon » à ses yeux. Par ses déclarations, il a non seulement ridiculisé le processus diplomatique mené par Washington, mais il a aussi confirmé ce que beaucoup redoutaient : pour Kigali, la sécurité du Rwanda justifiera toujours l’ingérence en RDC, quitte à piétiner les accords internationaux.
UN MEPRIS CALCULE POUR LES ENGAGEMENTS PRIS
Lors de sa conférence de presse, vendredi à Kigali, Paul Kagame a feint de soutenir l’accord, tout en en sapant les fondements. Son argument ? Que le Rwanda se réserverait le droit de réagir militairement si la RDC ne «neutralisait » pas les FDLR – un prétexte usé jusqu’à la corde pour justifier l’agression permanente contre son voisin. Pire, il a osé suggérer que l’échec éventuel de l’accord ne serait pas de son fait, mais celui de Kinshasa. Une rhétorique habile, mais qui trahit une réalité : Kagame n’a jamais eu l’intention de renoncer à son emprise sur l’Est congolais.
En agissant ainsi, il nargue ouvertement l’administration Trump, qui avait pourtant cru, en réunissant les deux parties dans le Bureau ovale, donner un gage de sérieux à cet accord. Mais Kagame, habitué à jouer en solo, semble convaincu que ni les États-Unis ni la communauté internationale n’oseront le sanctionner pour ses violations répétées.
LA RDC, OTAGE D’UN JEU DE DUPES
Pour la RDC, cette mascarade confirme une triste évidence : tant que Kagame estimera que l’exploitation des richesses congolaises vaut mieux que la paix, aucun accord ne tiendra. Kinshasa se retrouve une fois de plus piégée entre des promesses internationales et la réalité d’un voisin prédateur.
Pire, cette volte-face rwandaise risque de dynamiter les pourparlers prévus à Doha avec le M23, mouvement armé soutenu par Kigali. Comment croire à une démobilisation des rebelles si leur parrain affiche un tel mépris pour la diplomatie ?
QUE RESTE-T-IL DE L’ACCORD DE WASHINGTON ?
La balle est désormais dans le camp des États-Unis et de la communauté internationale. Accepteront-ils que Kagame tourne en dérision un accord parrainé par Washington ? Ou imposeront-ils enfin des conséquences claires à ses manœuvres ? Sans pression réelle – sanctions ciblées, gel d’aides, isolement diplomatique –, le Rwanda continuera à jouer avec le feu, condamnant l’Est de la RDC à une instabilité sans fin.
L’accord du 27 juin 2025 n’est peut-être pas encore mort, mais Kagame vient d’en percer les pneus. À moins d’un sursaut ferme de la communauté internationale, la région des Grands Lacs risque de replonger dans le cycle infernal de la guerre. Et cette fois, il ne suffira plus de signer des papiers pour en sortir.
Econews

